La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Hagiographie

Saint Épiphane naquit en Palestine vers l’an 310, s’appliqua dès sa jeunesse à l’étude de l’Écriture sainte, et il passa ensuite en Égypte, où il se forma, sous d’excellents maitres, à la vie spirituelle. De retour dans sa patrie, il bâtit un monastère près du lieu de sa naissance, et sa retraite, lui fournissant le loisir de se perfectionner de plus en plus dans la science ecclésiastique, il devint l’oracle du pays. Sa réputation pénétrant même jusqu’aux contrées les plus éloignées, on l’élut évêque de Sala­mine en Chypre. Cette dignité n’apporta aucun changement dans sa manière de vivre ; mais elle lui donna lieu de montrer toute l’étendue de sa charité et toute la pureté de sa foi. Son horreur pour l’hérésie le rendit même quelquefois trop facile à en accueillir le soupçon ; mais ce fut toujours de sa part sans fiel comme sans opiniâtreté. Ses ouvrages sont d’une grande utilité pour la connaissance des erreurs qui ont troublé l’Église, et, s’il est tombé lui-même dans quelques méprises, on doit les attribuer à l’ardeur de son zèle et à la simplicité de son cœur. Il mourut en revenant de Constantinople, l’an 403. Sa maxime favorite était que «  si Dieu ne donne pas gratuitement le royaume des cieux, il ne tient pourtant qu’à, nous de l’acheter à peu de frais, en faisant tout par un principe de charité. »

Offrons-nous à Dieu sans restriction, afin que nous nous retrouvions en lui tout entiers. Les vraies, les solides richesses consistent à être dénué des biens terrestres pour l’amour de celui qui, par amour pour nous, a bien voulu souffrir la pauvreté. Nous devons faire ce sacrifice de nous-mêmes, à cause de notre propre intérêt, mais surtout en vue de la bonté divine.

Quels sont les écrits de saint Épiphane ?

1°) Le Panarium ou Livre des antidotes contre toutes les hérésies, qui parut en 371. Le Saint y expose et y réfute  toutes les hérésies qui avaient précédé la naissance de Jésus-Christ, et celles qui s’étaient élevées depuis la promulgation de l’Évangile, Il n’est pas toujours exact en par­lant de l’arianisme ; mais on sait combien il est difficile de découvrir la vérité dans des points où l’esprit de révolte avait tant d’intérêt à l’embrouiller. Saint Épiphane réfute les hérésies par l’Écriture et la tradition.

« On doit », dit-il, « admettre nécessairement la tradition ; on ne peut tout apprendre par l’Écriture : c’est pourquoi les Apôtres nous ont transmis quelques vérités par écrit, et d’autres par la voie de la tradition ».

C’est par la tradition qu’il justifie la pratique et qu’il prouve l’obligation de prier pour les morts. Il ajoute qu’il ne peut assez s’étonner comment Arius a l’audace d’abolir le jeûne du mercredi et du ven­dredi « qui s’observe par toute la terre et qui est appuyé sur l’autorité des Apôtres ».

Saint Épiphane compte quatre-vingts hérésies jusqu’à son temps, à partir de l’origine du monde ; vingt avant Jésus-Christ, et soixante après. L’idée qui lui sert de base, c’est que l’Église catholique est de l’éternité ou du commencement des siècles. Adam ne rut pas créé circoncis, il n’adora pas non plus d’idole ; mais, étant prophète, il connut Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Il n’était donc ni juif ni idolâtre, mais montrait dès lors le caractère du christianisme ; autant faut-il dire d’Abel, de Seth, d’Enos, d’Hénoch, de Mathusalem, de Noé, d’Héber, jusqu’à Abraham. Jus­qu’alors il n’y avait de principe d’action que la piété et l’impiété, la foi et l’incrédulité : la foi avec l’image du christianisme, l’incrédulité avec le caractère de l’impiété et du crime ; la foi sans aucune hérésie, sans aucune diversité de sentiments, sans aucune dénomination particulière, tous s’appelant hommes, ainsi que le premier ; la même foi que professe encore aujourd’hui la sainte et catholique Église de Dieu, laquelle existant dès l’origine, s’est révélée de nouveau dans la suite. Du premier homme au déluge, l’impiété s’est produite en crimes violents et barbares : première phase que saint Épiphane appelle barbarisme ; du déluge au temps d’Abraham, elle se produisit en mœurs sauvages et farouches, comme celles des Scythes : seconde phase, qu’il appelle scythisme, usant de cette distinction de saint Paul : En Jésus-Christ il n’y a ni Barbare, ni Scythe, ni Hel­lène, ni Juif. L’hellénisme ou l’idolâtrie commença vers le temps de Sarug, bisaïeul d’Abraham, et le judaïsme à la circoncision de ce patriarche. Abraham fut d’abord appelé avec le caractère de l’Église catholique et apostolique, sans être circoncis. De l’hellénisme naquirent les hérésies ou systèmes de philosophie grecque ; de l’union de l’hellénisme et du judaïsme, l’hérésie des Samari­tains, avec ses diverses branches ; du judaïsme, les hérésies des Sadducéens, des Scribes, des Pha­risiens et autres ; du christianisme, il en était sorti jusqu’alors soixante, parmi lesquelles il compte et réfute ceux qui niaient la divinité du Saint-Esprit, et les Apollinaristes : prouvant, contre les premiers, que le Saint-Esprit est coéternel et consubstantiel au Père et au Fils, et qu’il procède de l’un et de l’autre ; et contre les seconds, que le Fils de Dieu, en s’incarnant, a pris réellement un corps et une âme semblable aux nôtres. Quant à la sainte Vierge, il y avait des hérétiques qui en niaient la perpétuelle virginité ; d’autres, au contraire, l’adoraient comme une divinité : il établit contre ceux-là qu’elle est demeurée toujours vierge, et contre ceux-ci, qu’il faut l’honorer, mais adorer Dieu seul. Il termine tout l’ouvrage par la pensée première : que l’Église catholique, formée avec Adam, annoncée dans les patriarches, accréditée en Abraham, révélée par Moïse, prophétisée par Isaïe, manifestée dans le Christ et unie à lui comme son unique épouse, existe à la fois et avant et après toutes les erreurs. 

Dans cet ouvrage, ainsi que dans son Anchorat, il dit que Pierre, le prince des Apôtres, malgré son reniement, est la pierre solide et immuable sur laquelle le Seigneur a bâti son Église dans tous les sens, et contre laquelle les portes de l’enfer, autrement les hérésies et les hérésiarques ne prévaudront point, C’est à lui que le Seigneur, en disant : Pais mes brebis, a confié la garde du troupeau qu’il gouverne comme il se doit par la vertu de son maitre.

Après avoir exposé la foi de l’Église, il ajoute sa discipline générale. Le fondement en est la virginité que gardaient un grand nombre de fidèles, puis la vie solitaire, ensuite la continence, après quoi la viduité, enfin un mariage honnête, surtout s’il est unique. La couronne de cet en­semble est le sacerdoce, qui se recrute le plus souvent parmi les vierges, ou du moins parmi les moines, ou, à leur défaut, parmi ceux qui s’abstiennent de leurs femmes, ou qui sont veufs après un seul mariage. Celui qui s’est remarié ne peut être reçu dans le sacerdoce, soit dans l’ordre d’évêque, de prêtre, de diacre ou de sous-diacre. Les assemblées ordonnées par les apôtres se tenaient généralement le dimanche, le mercredi et le vendredi ; ces deux derniers jours, on jeûnait jusqu’à None, excepté dans le temps pascal. Il n’était pas permis de jeûner les dimanches ni la fête de Noël, quelque jour qu’elle tombât. Excepté les dimanches, on jeûnait les quarante jours avant Pâques ; les six derniers, on ne prenait que du pain, du sel et de l’eau, et vers le soir. Les plus fervents en passaient plusieurs, ou même tous les six sans manger. On faisait nominative­ment mémoire des morts dans les prières et le sacrifice. Plusieurs avaient la dévotion particulière de s’abstenir de plus ou moins de choses permises d’ailleurs. L’Église défendait, en général, tout ce qui était mauvais, superstitieux, inhumain, et recommandait à tous l’hospitalité, l’aumône et toutes les œuvres de charité envers tout le monde. Telle est la substance du grand ouvrage de saint Épiphane. Il l’envoya, d’après leur prière, à des prêtres et des abbés de Syrie, avec une lettre qui en contient le sommaire et qu’on a mal à propos partagé en deux.

Le style du Panarium est peu poli, selon Godeau, Eloges des Ev. illustr. c. 37, p. 228 ; mais la doctrine qu’il contient est pure et excellente. On peut la comparer à ces diamants qui, sans être tailles, brillent par leur beauté naturelle. Nous avons de grandes obligations à saint Épiphane de nous avoir laissé l’histoire et la réfutation des anciennes hérésies. Il est vrai qu’on ne les connaît plus que de nom ; mais d’autres leur ont succédé, et leur succéderont jusqu’à la fin des siècles. L’esprit des hérétiques est toujours le même ; il traine toujours à sa suite l’orgueil, l’opiniâtreté et l’attachement à ses propres pensées.

2°) L’Anchorat, ainsi appelé parce qu’il est comme une espèce d’ancre qui doit fixer les es­prits dans la vraie foi, de peur qu’ils ne flottent et ne soient entrainés à tout vent de doctrine. Le saint docteur y établit et y donne des preuves abrégées des principaux articles de la foi catholique.

3°) L’Anacéphaléose, ou récapitulation abrégée du Panarium, et non de l’Anchorat, comme l’a cru Godescard, ainsi que beaucoup d’autres auteurs.

4°) Le Traité des poids et des mesures. L’auteur y fait paraitre beaucoup d’érudition ; il y parle des poids, des mesures et des coutumes des Juifs, afin de faciliter aux fidèles l’intelligence de la Bible.

5°) Le Physiologue, ou recueil des propriétés des animaux, avec des réflexions mystiques et morales. Il n’y a que les réflexions que l’on puisse attribuer à saint Epiphane.

6°) Le Traité des pierres précieuses. Le saint docteur tâche d’y expliquer les qualités des douze pierres précieuses qui étaient sur le rational du grand prêtre des juifs.

7°) Deux Lettres adressées, l’une à Jean, évêque de Jérusalem, et l’autre à saint Jérôme. Dans la première, le Saint répond aux différentes plaintes que Jean faisait de lui. Il y dit qu’ayant vu dans l’église d’Anablate, au diocèse de Jérusalem, un voile qui pendait à la porte, et sur lequel était peinte une image de Jésus-Christ ou de quelque saint (il ne se souvenait plus de qui elle était), il déchira ce voile et en envoya un autre. On aurait tort de conclure de ce passage que saint Épiphane ne voulait point qu’on honorât les images, et que le culte qu’on leur rend est de nouvelle date ; le construire est attesté par les monuments les plus authentiques. Eusèbe parle des miracles opérés à la célèbre statue de la femme guérie par Jésus-Christ d’un flux de sang, et qui était à Panée en Palestine. On voit aussi par saint Grégoire de Nysse, par saint Prudence, par saint Paulin, par saint Ephrem, etc., qui vivaient dans le même temps, que l’usage des images était alors universellement reçu dans l’Église. Le Clerc en convient lui-même. La conduite de saint Épiphane prouve donc seulement qu’il avait découvert des abus, ou du moins qu’il craignait que les peintures dont il s’agit ne fussent une occasion de chute, soit pour les juifs, soit pour les païens nouvellement convertis. On sait qu’en pareille circonstance, il est quelquefois prudent de défendre en certains lieux une pratique de discipline.

Dans sa lettre à saint Jérôme, saint Épiphane lui donne avis de la condamnation d’Origène par Théophile d’Alexandrie. Il y a encore quelques œuvres de saint Épiphane douteuses ou suppo­sées. (Voir la Patrologie grecque de M. Migne ).

Nous avons remarqué plus haut que saint Épiphane avait négligé la politesse du style. Son but était de se mettre à la portée des moins intelligents. Au reste, ce défaut et les autres que l’on reprend dans ses écrits n’ont point empêché qu’on ne l’ait regardé comme un des principaux Docteurs de l’Église.

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Quels sont les attributs de saint Épiphane ?

On représente saint Épiphane faisant l’aumône, par allusion au fait suivant : Un escroc s’entendit avec un autre pour contrefaire le mort et obtenir du Saint de quoi faire face aux frais des funérailles. L’évêque accorda ce qu’on lui demandait, mais il arriva que le faux mort mourut réellement. Le survivant courut après saint Épiphane, et demanda la résurrection de son camarade. Le Saint répondit qu’ayant fait son devoir, il n’avait plus à intervenir. Dans ce cas, un cadavre est étendu aux pieds du pontife ; mais cela ne signifie pas qu’il lui rend les devoirs de la sépulture, comme l’ont dit quelques auteurs. – Son costume est le plus souvent celui des ermites.

« Il semble, dit le Père Cahier, qu’on doive le peindre les pieds nus ».

S’il est vrai, comme le rapporte Métaphraste, qu’ayant perdu une de ses sandales dans le baptistère, il résolut de ne plus se chausser. Saint Épiphane partage avec saint Barnabé le patronage de l’île de Chypre.

Oraison

Dieu tout-puissant et éternel, qui ne cessez d’instruire les enfants de votre Église, et de leur accorder les secours de votre grâce : donnez à vos fidèles, par l’intercession du bienheureux Épiphane qui vous leur avez accordé pour ministre du salut éternel, la connaissance des devoirs qu’ils ont à remplir et la force de les pratiquer. Par Jésus-Christ N.-S. Ainsi soit-il.

Saint Épiphane

Évêque de Salamine

Epiphane de Salamine

Présentation

Fête saint : 12 Mai

Temps de lecture : 3 min.

Date : 310-403
Pape : Saint Eusèbe ; Saint Innocent Ier
Empereur : Constantin

Sommaire

Pensée

Ne regardons jamais l’adversité ou la prospérité comme des choses réelles ou de quelque importance. Élevons-nous jusqu’au ciel, et pensons qu’il n’y a de mal que le péché, et de bien que la vertu qui nous unit à Dieu.

Pratique

Ne précipitez point votre jugement, et agissez avec une grande pureté d’intention.

Priez

Pour ceux qui sont victimes de jugements faux et téméraires.