La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Hagiographie

Le principal objet de la fête de l’Épiphanie est d’honorer la manifestation de Jésus-Christ aux Mages.

Suivant l’opinion commune, ces Mages étaient des rois de l’Orient, au nombre de trois, qui, avertis de la naissance du Sauveur par une étoile miraculeuse, se mirent aussitôt en chemin pour aller lui rendre leurs hommages.

Le nouvel astre leur servit de guide jusqu’à Jérusalem. Là, l’étoile les ayant abandonnés, ils déclarèrent hautement qu’ils venaient adorer le nouveau roi des Juifs, et ils s’informèrent du lieu de sa demeure.

Les docteurs consultés répondirent que celui dont ils parlaient devait naître à Bethléem. Ils s’y rendirent, trouvèrent l’enfant dans une crèche, l’adorèrent, et lui présentèrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Pour éviter ensuite la fureur d’Hérode que leur arrivée avait alarmé, ils s’en retournèrent dans leur pays par un autre chemin.

Cette solennité doit nous être d’autant plus chère, que les Mages étaient les prémices de la gentilité, qui, par un secret jugement de Dieu, devait bientôt être substituée aux enfants d’Abraham.

Aussi l’Épiphanie a-t-elle toujours été regardée comme une des principales fêtes de l’année ; et les pieux festins dont l’usage, quoique bien dégénéré de nos jours, s’est perpétué d’âge en âge, sont encore un témoignage sensible de la joie toute spirituelle qu’inspirait à nos pères le souvenir de leur vocation à la foi.

Le roi nous rend les cohéritiers de J. -C. : si nous vivons comme des enfants dignes d’avoir Dieu pour père, et la sainte Église pour mère ; si nous sommes dociles aux leçons et fidèles à imiter les vertus de notre divin Maître et modèle ; si, à la vue du ciel, nous savons mépriser la terre !

L'année liturgique de Dom Guéranger

Pour achever le tableau de cette fête, nous empruntons à l’année liturgique de Dom Guéranger les extraits suivants :

« La fête de l’Épiphanie est la suite du mystère de Noël ; mais elle se présente sur le cycle chrétien avec une grandeur qui lui est propre. Son nom, qui signifie manifestation, indique assez qu’elle est employée à honorer l’apparition d’un Dieu parmi les hommes.

Ce jour, en effet, fut consacré pendant plusieurs siècles à fêter la naissance du Sauveur, et lorsque, vers l’an 376, les décrets du Saint-Siège obligèrent toutes les Églises à célébrer désormais, avec Rome, le mystère de la Nativité au 25 décembre, le 6 janvier ne fut pas entièrement déshérité de son antique gloire. Le nom Épiphanie lui resta avec la glorieuse mémoire du baptême de Jésus-Christ, dont la tradition fixe l’anniversaire à ce jour.

L’Église grecque donne à cette fête le vénérable et mystérieux nom de Théophanie, si célèbre dans l’antiquité, pour signifier une apparition divine. On trouve ce nom dans Eusèbe, dans saint Grégoire de Nazianze, dans saint Isidore de Peluse ; il est le propre titre de la fête dans les livres liturgiques de l’Église melchite.

Les Orientaux appellent encore cette solennité les saintes lumières, à cause du baptême que l’on conférait autrefois en ce jour, en mémoire du baptême île Jésus-Christ dans le Jourdain. On sait que le baptême est appelé, dans les Pères, illumination, et ceux qui l’ont reçu, illuminés.

Enfin, nous nommons familièrement, en France, cette fête, la Fête des Rois, en souvenance des Mages dont la venue à Bethléem est particulièrement solennisée aujourd’hui.

L’Épiphanie partage, avec les fêtes de Noël, de Pâques, de l’Ascension et de la Pentecôte, l’honneur d’être qualifiée de jour très-saint, au Canon de la messe, et on la range parmi les fêtes cardinales, c’est-à-dire parmi les solennités sur lesquelles repose l’économie de l’Année chrétienne. Une série de six dimanches emprunte d’elle son nom, comme d’autres successions dominicales se présentent sous le titre de Dimanches après Pâques, Dimanches après la Pentecôte.

Par suite de la convention faite, en 1801, entre Pie VII et les consuls de la République française, le légat Caprara procéda à une réduction de fêtes, et la piété des fidèles en vit, à regret, supprimer un grand nombre. Il y eut des solennités qui ne furent pas supprimées, mais dont la célébration fut remise au dimanche suivant. L’Épiphanie est de celles qui subiront ce sort ; et toutes les fois que le 6 janvier n’est pas un dimanche, nos Églises voient retarder jusqu’au dimanche suivant les pompes qui accompagnent un si grand jour dans tout l’univers catholique.

La piété des fidèles, au Moyen Âge, présentait au prêtre, pour qu’il les bénît en la fête de l’Épiphanie, de l’or, de l’encens et de la myrrhe, et l’on conservait, en l’honneur des trois Rois, ces signes touchants de leur dévotion envers le Fils de Marie, comme un gage de bénédiction pour les maisons et pour les familles. Cet usage s’est conservé encore en quelques diocèses d’Allemagne, et il n’a disparu du Rituel romain que dans l’édition de Paul V, qui crut devoir supprimer plusieurs bénédictions que la piété des fidèles ne réclamait plus que rarement.

Un autre usage a subsisté plus longtemps, inspiré aussi par la piété naïve des âges de foi. Pour honorer la royauté des Mages venus de l’Orient vers l’Enfant de Bethléem, on élisait au sort, dans chaque famille, un roi pour cette fête de l’Épiphanie. Dans un festin animé d’une joie pure, et qui rappelait celui des noces de Galilée, on rompait un gâteau, et l’une des parts servait à désigner le convive auquel était échue cette royauté d’un moment. Deux portions du gâteau étaient détachées pour être offertes à l’enfant Jésus et à Marie, en La personne des pauvres, qui se réjouissaient aussi en ce jour du triomphe du Roi humble et pauvre. Les joies de la famille se confondaient encore une fois avec celles de la religion ; les liens de la nature, de l’amitié, du voisinage se resserraient autour de cette table des Rois, et si la faiblesse humaine pouvait apparaître quelquefois dans l’abandon d’un festin, l’idée chrétienne n’était pas loin et veillait au fond des cœurs. 

Heureuses encore aujourd’hui les familles au sein desquelles la fête des Rois se célèbre avec une pensée chrétienne ! »

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Translation de leurs reliques

Ce qui est plus certain, c’est que leurs saintes reliques furent premièrement transportées de Perse à Constantinople par le zèle et la piété de l’impératrice sainte Hélène, et qu’elles y furent déposées avec magnificence dans l’auguste basilique de Sainte-Sophie. Depuis, elles ont été apportées à Milan, du temps de l’empereur Emmanuel, par l’évêque saint Eustorge, et elles sont restées, selon la supputation de Pierre Galésinius, l’espace de 670 ans, dans l’église dite Eustorgienne, où c’était la coutume de célébrer les saints mystères en la fête de l’Épiphanie, au milieu de la nuit et avec les mêmes cérémonies qu’à la fête de la Nativité de Notre- Seigneur. Enfin, l’an 1162, où l’empereur Frédéric Barberousse prit et saccagea la ville de Milan, ces précieux restes des corps des saints Mages furent transportés à Cologne en Allemagne, où ils sont gardés jusqu’à ce jour avec une extrême vénération.

En 1794, au moment où les armées françaises approchaient de la ville, le trésor de la cathédrale fut porté sur la rive droite du Rhin ; le chapitre émigra à Arnsberg, en Westphalie, et y mit la châsse en lieu sûr. D’Arnsberg, ce trésor fut porté en différents endroits, et enfin à Francfort-sur- le-Mein. C’est là que les chanoines prirent le parti de vendre la châsse pour se procurer des moyens d’existence. Le bruit de cette spoliation, déjà en partie exécutée, parvint aux oreilles d’un habitant de Francfort, qui, alarmé à cette nouvelle, chercha à détourner le sort funeste qui menaçait ce précieux monument.Molinari (c’est le nom de cet ami zélé des arts) se rendit auprès du Président français à Francfort, et obtint du premier Consul la permission de faire reporter à son ancienne place l’antique reliquaire de Cologne. Ce fut le 4 janvier 1804 que la châsse entra dans la ville et fut déposée dans la salle du chapitre, où elle resta jusqu’à ce qu’elle eût été convenablement réparée. Le transport avait notablement endommagé le monument : quelques-unes des statues étaient brisées, tordues ou détachées et perdues ; un grand nombre de pierres avaient été soustraites ; les décorations des couvercles manquaient presque entièrement. Un orfèvre nommé Guillaume Pollock, aidé de ses deux fils, s’occupa pendant plusieurs années de cette restauration, et réussit à mettre la châsse à peu près dans l’état où on la voit aujourd’hui.

Le 23 décembre 1807, la châsse fut publiquement exposée dans la salle du chapitre, et le 8 janvier 1808, elle fut bénite et rétablie dans la chapelle de marbre qui avait été affectée à cette destination dans le XVIIe siècle. Cependant, un nouveau désastre devait arriver à ce monument.

Un misérable, tenté par la cupidité, eut l’idée de s’emparer de ce trésor, et dans la nuit du 18 au 19 octobre 1810, il emporta plusieurs ornements en or et en argent et un grand nombre de pierreries. Grâce à l’activité de la police, le voleur et les objets enlevés furent bientôt découverts ; les choses les plus précieuses furent rendues au chapitre de la cathédrale, et le 6 juin 1822, la châsse, entièrement rétablie pour la seconde fois, était réintégrée dans le sanctuaire qui lui était consacré.

Il est facile de reconnaître les Rois Mages dans les différentes représentations que les arts ont données de leur adoration, quelles que soient les variétés du costume dont on les affuble, et la multiplicité des accessoires dont on les accompagne.

Les artistes ont rarement manqué de mettre, dans le ciel déployé comme une tente au-dessus de leurs têtes, l’étoile conductrice. La signification de cette étoile est on ne peut plus claire lorsque, dans cet astre, les peintres ont placé un enfant emmailloté qui semble, du haut du firmament, convier à son berceau les prémices des Gentils. Leur tète est tantôt coiffée du bonnet phrygien que fart gréco-romain attribuait aux races Assyriennes et Mèdes restées en dehors de la civilisation antique ; tantôt elle est entourée du turban oriental, tantôt enfin elle porte la couronne qui rappelle leur dignité de rois. Derrière eux on place un train de chameaux. Enfin, l’un de ces monarques revêt souvent le type nègre pour faire entendre que toutes les races humaines étaient appelées dans leur personne à la connaissance de l’Évangile.

Un Ménologe grec, du IXe siècle, les fait présenter par un ange au roi Jésus. Le Campo santo de Pise possède une fresque célèbre de l’adoration des Mages faite au XVe siècle par Benozzo Gozali. — Ciampini a publié une mosaïque de Ravenne, du VIe siècle, où quatre anges entourent le trône de la Vierge tenant l’enfant Jésus présenté à leurs adorations. Même sujet, dans plusieurs mosaïques et plusieurs bas-reliefs des tombeaux des catacombes.

Les Rois Mages, comme on le sait, sont spécialement honorés à Cologne. Leur culte est aussi en honneur à Lima, capitale du Pérou. On les invoque contre l’épilepsie. Enfin les scieurs de bois, à Malines, et les fabricants de cartes, en tous pays, les ont adoptés pour patrons.

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Oraison

O Dieu, qui en ce jour, guidant les Gentils par une étoile, les amenez à la connaissance de votre Fils unique, faites que, vous connaissant déjà par les lumières de la foi, nous parvenions un jour au bonheur de vous contempler dans tout l’éclat de votre divine majesté. Par N. -S. J. -C. Ainsi soit-il. 

Fête de l’Épiphanie : Célébration de la Manifestation Divine

Honorer la manifestation de Jésus-Christ aux Mages.

Épiphanie de Notre-Seigneur

Présentation

Fête saint : 06 Janvier

Temps de lecture : 6 min.

Date : An I
Empereur : César Auguste

Sommaire

Pensée

Pour peu que nous soyons reconnaissants envers Dieu du don de la foi et de la grâce du saint baptême, nous devons désirer pour nous, et chercher à propager parmi les autres, une connaissance plus parfaite et un amour plus généreux de N. -S. J. -C.

Pratique

Ne nous décourageons pas à la vue de notre faiblesse ; mettons notre confiance dans les mérites du Sauveur, qui nous fortifiera par sa grâce.

Priez

Pour la conversion des nations infidèles.