D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

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Celui qui honore les saints, honore Jésus-Christ lui-même et celui qui les méprise, méprise Jésus-Christ

Saint Ambroise
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Saint Blaise

Saint Blaise

L’histoire de saint Blaise nous apprend qu’il parut dès son enfance d’un bon naturel, qu’il fut modeste en sa jeunesse : arrivé à l’âge mûr, il s’appliqua particulièrement à la médecine, et fut toujours pénétré de la crainte de Dieu ; de sorte qu’ayant gagné par ses vertus l’affection de tout le peuple, il fut élu évêque de la ville de Sébaste, qui est en la province d’Arménie.

Depuis, par un mouvement de l’esprit de Dieu, il se retira sur une montagne nommée Argée, où il vécut quelque temps dans une caverne vers laquelle les bêtes sauvages des environs venaient tous les jours pour lui faire hon­neur et recevoir avec sa bénédiction la guérison de leurs maux. S’il arrivait qu’il fît sa prière, elles ne l’interrompaient pas, mais elles attendaient qu’il eût achevé, et ne s’en retournaient point sans avoir en quelque façon reçue leur congé, pour faire voir combien Dieu favorise ses serviteurs et quelle est l’obéissance qui est due à sa majesté par toutes les créatures. Ainsi, ce saint prélat trouvait des délices dans le creux de la terre, de la soumission parmi les bêtes, de la sûreté au milieu des monstres, de l’abondance dans les déserts et du plaisir en la solitude : ce qui nous donne sujet de le consi­dérer comme un second Adam au paradis terrestre, ou plutôt comme une excellente copie de Jésus-Christ, dont il est écrit dans l’Évangile que, pen­dant les quarante jours de son jeûne et de sa solitude, il vivait parmi les bêtes

Persécution sous Licinius

Agricola, gouverneur de la Cappadoce et de la petite Arménie, sous l’empereur Licinius, étant venu à Sébaste, commença à y persécuter les fidèles, selon les ordres de son maître, qui déchirait les ouailles de Jésus-Christ comme un loup cruel et affamé, tandis que les loups véritables bai­saient les pieds de Blaise, leur pasteur. Ce cruel juge crut que, ne devant point faire quartier aux chrétiens enfermés dans les prisons, il était expédient de les faire mourir tout d’un coup en les exposant aux bêtes sau­vages. Pour cet effet, il envoya ses gens dans les forêts prendre des lions et d’autres bêtes farouches ; mais il arriva qu’environnant le mont Argée, ils poussèrent jusqu’à la caverne où était Blaise, et trouvèrent autour de lui un grand nombre de lions, de tigres, d’ours, de loups et d’autres animaux sem­blables, qui lui faisaient compagnie.

Saint Blaise est découvert et conduit au gouverneur

Surpris de cette aventure, ils entrèrent plus avant dans la caverne, et, trouvant le saint assis et ravi dans la médita­tion des grandeurs de la Divinité, ils en furent encore plus étonnés, et s’en retournèrent à la ville pour faire savoir au gouverneur ce qu’ils avaient vu. Ce récit l’engagea à envoyer des soldats vers cette montagne, pour chercher les chrétiens et amener tous ceux qu’ils pourraient rencontrer. Ils y allèrent et, ayant encore trouvé saint Blaise, qui priait et louait Notre-Seigneur, ils lui dirent que le gouverneur le demandait. Le saint répondit joyeusement : « Mes enfants, soyez les bienvenus ; il y a longtemps que je soupire après votre arrivée ; allons, au nom de Dieu ». Dès qu’il fut arrivé à la ville, Agri­cola le fit mettre en prison ; et, le jour suivant, il le fit venir en sa présence et lui dit : « Je suis ravi de vous voir, Blaise, cher ami des dieux immor­tels. – Dieu vous garde, ô gouverneur », répondit Blaise ; « mais ne donnez pas le nom de dieux à ces misérables esprits qui ne peuvent vous faire du bien ».

Ce qu’il souffre

Le gouverneur, surpris d’une réponse si libre, méditait en lui-même comment il pourrait gagner ce prisonnier ; puis, se laissant emporter à la rage, il le fit frapper de coups de bâton l’espace de deux ou trois heures. Le saint demeura toujours joyeux et constant au milieu de ce supplice, et il ne dit que ces belles paroles : « 0 trompeur insensé des âmes ! Penses-tu me séparer de Dieu par tes tourments ? Non, non, le Seigneur est avec moi, et c’est lui-même qui me fortifie. C’est pourquoi fais de moi tout ce que tu voudras ». Agricola le fit ramener en prison, et, lorsqu’il y fut, une pieuse veuve lui apporta à manger, et, se jetant à ses pieds, le supplia d’accepter le peu qu’elle lui offrait. Le saint évêque agréa ses charités, et promit de lui procurer, à elle et à tous ceux qui lui appartenaient, du secours et de l’as­sistance dans toutes leurs nécessités.

Ses miracles

On amenait à ce bienheureux prisonnier les malades de tous ces quartiers-là parmi eux se trouva un jeune enfant qui, en mangeant du poisson, avait avalé une arête qui l’étranglait et le réduisait presque à l’extrémité. Sa mère le mit aux pieds du Saint, et lui demanda son secours avec beau­coup de larmes et de soupirs ; il pria Notre-Seigneur de lui donner la santé, et à tous ceux qui, étant travaillés d’un mal semblable, se recommande­raient à lui, et l’enfant fut guéri aussitôt. Depuis la mort du saint Martyr, plusieurs personnes incommodées du même mal ont été soulagées par son intercession. Que les hérétiques ne nous disent point que c’est une dévotion inventée depuis peu, car Aétius, ancien médecin de Grèce, parmi les remèdes qu’il enseigne pour ce mal, met particulièrement l’invocation à saint Blaise.

Nouveau supplice

À quelques jours de là, Agricola se fit amener son prisonnier une se­conde fois, et, le trouvant plus ferme et plus résolu qu’auparavant, il le fit attacher à un poteau, où on le fouetta avec une cruauté inouïe. Mais le saint martyr endurait les coups avec joie, et louait la bonté de son Dieu de la grâce qu’il lui faisait en lui donnant la force de souffrir quelque chose pour son amour. Après ce supplice, on le détacha de ce poteau pour le ramener en prison.

Courage de sept femmes chrétiennes

Sept femmes pieuses le suivirent, ramassant les gouttes de son sang qui coulait à terre ; elles s’en frottaient le visage comme d’un baume précieux avec un grand sentiment de piété. Elles furent arrêtées et menées au gouverneur, qui leur commanda de sacrifier aux dieux ou de se résoudre à mourir. Ces femmes prudentes lui répondirent qu’il n’avait qu’à envoyer ses dieux aux bords d’un lac qui était là auprès, et qu’elles iraient les laver, afin de leur offrir un sacrifice plus pur. Le juge, très-joyeux de cette ré­ponse, ordonna aussitôt que ses idoles y fussent portées ; mais ces géné­reuses servantes de Jésus-Christ prirent les dieux d’Agricola et les jetèrent au fond de l’eau ; il entra en une telle furie, qu’il fit préparer un grand feu avec du plomb fondu, et sept plaques de fer en forme de chemises : puis il leur dit de choisir, ou d’adorer les dieux, ou d’éprouver l’extrême chaleur du feu, et les effets du plomb fondu. Le tyran n’eut pas plus tôt proféré ces paroles, qu’une de ces saintes femmes, qui avait deux petits enfants, courut vers le feu, et ces deux innocents la prièrent, puisqu’elle voulait mourir, de ne pas les laisser en vie, de les aider à avoir la lumière céleste comme elle leur avait donné la lumière corporelle. Agricola fut bien étonné de ces pa­roles, et, tout outré de douleur, il s’écria :« Hélas! Faut-il que les femmes et les enfants se moquent ainsi de nous ? « Ensuite il fit attacher ces femmes à des poteaux, et commanda qu’on leur déchirât tout le corps avec des peignes de fer ; mais, ô puissance infinie du Dieu vivant ! Du lait au lieu de sang coulait de leurs plaies, pour confondre la cruauté du gouverneur, et, en même temps que leurs corps étaient déchirés avec ces peignes de fer, des esprits bienheureux descendaient du ciel pour les consoler, et, les gué­rissant de leurs plaies, ils leur disaient : « N’appréhendez point les tour­ments ; combattez, car vous vaincrez, et vous serez couronnées ». Après ce supplice, Agricola les fit jeter dans le feu ; mais elles en furent retirées par la main du Tout-Puissant, sans en, avoir été atteintes. Enfin, ce juge les condamna à avoir la tête tranchée ; ce qui fut exécuté sur-le-champ, tandis qu’elles rendaient grâces à Dieu pour ce bienfait, en disant toutes ensemble d’un même esprit et d’un même cœur : « Nous vous remercions, Seigneur, de la grâce que vous nous faites d’être sacrifiées sur cet autel comme des brebis innocentes ». Pour les petits enfants, ils criaient à leur mère qu’elle eût bon courage, que la couronne lui était préparée et qu’elle allait la rece­voir des mains de Dieu. 

Table des matières

10 mai
Job
Dans la terre de Hus, le saint prophète Job, dont la patience a été admirable. Vers -1500.

Blaise marche sur l’eau

Le gouverneur entreprit encore d’ébranler le cœur de Blaise, son prison­nier ; mais ayant vu que tous ses efforts étaient inutiles, il le fit jeter dans le lac où ses idoles avaient été noyées. Le saint Martyr fit le signe de la croix et marcha sur les eaux sans enfoncer ; et, s’étant assis au milieu du lac, il convia les infidèles et les ministres de la Justice à entrer dans l’eau comme lui, s’ils croyaient avoir du secours de leurs dieux. Il y en entra, dit-on, soixante-huit, qui allèrent aussitôt au fond et se noyèrent, pendant qu’un esprit de lumière apparut au saint martyr, et lui dit : « 0 âme éclai­rée du Seigneur, ô pontife ami de Dieu, sortez de cette eau pour recevoir la couronne de la gloire immortelle ! » Aussitôt le saint Prélat s’approcha de la terre, si éclatant de lumière, qu’il remplit de terreur les païens et consola merveilleusement les fidèles. Agricola en étant confus, et voyant que toutes ces inventions étaient inutiles, lui fit trancher la tête. Le Saint, étant près de tendre le coq au bourreau, pria son souverain Seigneur en faveur de tous ceux dont il avait été assisté dans ses combats, et de ceux aussi qui, dans la suite imploraient son secours. Alors Notre Seigneur lui apparut, et lui dit d’une voix qui fut entendue de toute l’assistance : « J’ai ouï ton oraison, et je t’accorde ce que tu me demandes ».

Il a la tête tranchée

Après quoi il eut la tête tranchée sur une pierre, avec les deux enfants dont nous avons parlé, et qui avaient généreusement confessé Jésus-Christ. Telle fut la fin glorieuse de ce saint Pontife, qui mourut à Sébaste le 3 février, environ l’an 316, sous l’empe­reur Licinius, et non pas sous Dioclétien. Les opinions sont fort partagées là-dessus, mais nous suivons la plus vraisemblable, notre dessein n’étant pas de faire ici des critiques de chronologie.

On met dans la main de saint Blaise une carde ou peigne de fer, ou bien une bougie roulée ; un peigne de fer, parce qu’il endura, entre autres sup­plices, celui des ongles de fer, ce qui l’a fait choisir pour patron par les cardeurs de laine et même par les tailleurs de pierre, à cause d’un outil, appelé ripe, dont se servent ces derniers et qui ressemble à une carde ; – un cierge, parce qu’il aurait dit, en forme de testament, à la femme dont il guérit l’enfant dans sa prison : « Offrez tous les ans un cierge en mémoire de moi et vous vous en trouverez bien, ainsi que tous ceux qui vous imi­teront ». Dans certains pays, on fait bénir deux cierges le jour de la Chan­deleur, qui est la veille de la fête de saint Blaise. Ceux qui, à l’exemple de l’enfant guéri par lui, veulent être délivrés de leurs maux de gorge pour lesquels on l’invoque spécialement, s’approchent du prêtre qui tient à la main les deux cierges bénits la veille, les approche du cou des malades et prie sur eux en invoquant le Saint. C’est par assimilation des maladies qu’on lui recommande l’espèce porcine très-sujette à l’esquinancie.

Martyre de saint Blaise - di Nardo Mariotto
Martyre de saint Blaise – di Nardo Mariotto

Ajoutons qu’on a souvent peint saint Blaise avec l’enfant qu’il délivre de la strangulation ; avec le pourceau qu’il força un loup de rendre à une pauvre femme, dont il était toute la richesse ; en ermite entouré des bêtes féroces qui lui tenaient compagnie dans la caverne.

Dictionnaire d'anecdotes chrétiennes J.P. MIGNE, 1863.
Baptême

Baptême, sacrement qui efface en nous le péché originel et nous fait enfants de Dieu et de l’Église. Il efface aussi les péchés qu’on pourrait avoir commis avant de le recevoir, il remet toutes les peines temporelles dues au péché, en sorte que ceux qui meurent sans avoir commis aucune faute depuis leur baptême, vont immédiatement au ciel.

Avant le baptême nous ne sommes, par la tache de notre origine, que des enfants de malédiction. Ce sacrement nous fait enfants de l’Église en ce qu’il nous met au rang des fidèles et nous donne droit à tous ses biens spirituels.

Il est si nécessaire au salut que ceux qui meurent sans l’avoir reçu ne peuvent jamais entrer dans le royaume des cieux ; tel est l’enseignement de la foi. D’où il suit qu’on doit empêcher ce malheur avec tout le soin possible.

Le baptême peut être suppléé dans les enfants  par le martyre, et dans ceux qui ont l’usage de la raison, par le martyre ou par un acte de charité avec le vœu du baptême. Donc trois sortes de baptêmes, d’eau, de sang, de désir. En cas de nécessité toute personne peut baptiser.

Les hérétiques en général, admettent la nécessité de ce sacrement ; Dieu sans doute ne permet pas que soit fermée cette voie nécessaire du ciel.

Estime que saint Louis faisait de la grâce du baptême

Saint Louis, roi de France, attachait tant de prix à la grâce de son baptême, qu’il signait souvent Louis de Poissy, parce qu’ayant eu le bonheur de recevoir ce sacrement à Poissy, il estimait le titre d’enfant de Dieu et de l’Église au-dessus du titre de roi.

Reliques de saint Blaise

Le corps de saint Blaise et ceux des deux petits innocents furent pris par une femme pieuse nom­mée Hélisée, qui les ensevelit eu ce même lieu, d’où plusieurs de ces saintes reliques ont été, à l’époque des croisades, apportées en diverses églises de France : comme le chef sacré de notre Saint en la ville de Montpellier ; d’autres ossements à Mende, en Gévaudan ; d’autres à Melun-sur­ Seine, au monastère de Saint-Pierre ; et à Paris, en l’église de Saint-Jean-en-Grève ; quelques-uns au célèbre prieuré de Variville, de l’Ordre de Fontevrault, au diocèse de Beauvais ; et d’autres enfin, fort notables, au couvent des Minimes de Grenoble, qui porta, pour ce sujet, le titre de Saint-Blaise. Ces reliques et les miracles qu’elles ont opérés ont rendu son culte très-populaire chez nous. En Orient, sa fête est d’obligation et se célèbre le 11 février.

Saint Blaise fait partie du groupe des quatorze saints dits secourables ; ou appelle ainsi ceux d’entre eux qui sont plus particulièrement célèbres pour l’efficacité de leur invocation. Ces quatorze Saints sont distribués deux à deux : saint Georges et saint Eustache ; saint Vit et saint Christophe ; saint Gilles et saint Cyriaque ; saint Erasme et saint Blaise ; saint Pantaléon et saint Acbace ; saint Denis de Paris et sainte Marguerite ; sainte Catherine et sainte Barbe.

Il y a des reliques du Saint à Corbie, à Forestmontiers, à Frettemolle, à Saint-Michel de Doullens, à Notre-Dame de Longpré, à Sainte-Austreberthe de Montreuil, à Saint-Riquier, etc.

L’église de saint-Pierre de Melun, nous écrit M. Lament, curé de celle ville, n’existe plus depuis un temps immémorial. Nous n’avons ici aucune relique, ni de saint Blaise, ni de saint Valentin. Mais je connais une petite ville de nos environs, qui s’appelle Chaumes, et dont l’église est sous le vocable de saint Pierre. Je crois qu’elle est en possession des reliques de saint Blaise.

À Metz, en l’église Saint-Eucaire, qui possède des reliques de saint Blaise, il se fait chaque année, le jour de la fête de ce Saint, une cérémonie très populaire. À cinq heures du matin com­mence l’office, et à la grand’messe, qui se chante à huit heures, on bénit une grande quantité de pains, qui se vendent à plus de dix lieues à la ronde, et qui se conservent d’une année à l’autre. Ces pains sont appelés pains de saint Blaise.

Bibliothèque-des-bulles-de-l'Immaculée-Conception-(Vatican)---saint-Athanase-au-Concile-d'Ephèse-451
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Mgr Paul Guérin, Camérier de sa sainteté Pie IX

Les Petits Bollandistes - Vies des Saints - Septième édition - Bloud et Barral - 1876 -