La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Sainte Waudru

À Mons, en Hainault, la bienheureuse Vaudru, illustre par la sainteté de sa vie et par ses miracles. ✞ 686.

Sommaire

Hagiographie de sainte Waudru

Sainte Waltrude était sœur aînée de sainte Aldegonde, dont nous avons donné la vie le 30 janvier, et, comme elle, fille du comte Walbert et de la princesse Bertile.

Dès sa jeunesse, elle se montra si portée à la dévotion, qu’elle se séparait souvent de la société pour faire ses prières et pour assister aux divins offices : ce qui ne pouvait être que très-agréable à ses parents, personnes d’une piété rare. Lorsqu’elle fut en état d’être mariée, elle épousa, par obéissance, le comte Maldegaire, aussi appelé, Vincent, un des principaux seigneurs de la cour du roi Dagobert Ier. Elle en eut quatre enfants, dont trois ont été illustres pour leur sainteté, à savoir : saint Landry, que les uns font évêque de Metz, en Lorraine, et les autres de Meaux, en Brie ; et les saintes vierges Aldetrude et Madelberte, qui se firent religieuses à Maubeuge, sous la conduite de sainte Aldegonde, leur tante ; le quatrième, nommé Dentlin, mourut peu de temps après avoir reçu le baptême.

Ce progrès admirable de ses enfants dans toute sorte de vertus, montre, assez le soin qu’elle apporta à leur éducation. Mais elle ne les instruisait pas moins par son exemple que par ses paroles ; car elle était fort adonnée à la prière, fuyait le luxe, la bonne chère et tous les divertissements de la vie ; jeûnait souvent et donnait à tous moments, par son hospitalité et par ses aumônes abondantes, des marques de sa charité et de sa miséricorde envers les pauvres. Elle ne se contenta pas de s’adonner à ces exercices de la piété chrétienne : elle y engagea aussi son mari et le dégoûta si bien de tous les plaisirs et de toutes les grandeurs du monde, qu’ayant fait vœu avec elle d’une continence perpétuelle, il se retira enfin, par le conseil de saint Aubert, évêque de Cambrai, dans le monastère de Haumont, près de Maubeuge et prit le nom de Vincent. Il est honoré d’un culte public, le 14 juillet, sous le nom de Vincent de Soignies, ville qui possède encore aujourd’hui ses reliques (1872).

Sainte Waudru
Fête saint : 9 Avril
Sainte Vaudru
Présentation
Titre : Abbesse
Date : 628-686
Pape : Honoré Ier ; Jean V

Mais le démon, qui travaille perpétuellement à la perte des hommes, ne la laissa pas en repos. Tantôt il lui mettait devant les yeux, les délices et les honneurs qu'elle avait abandonnés, et dont elle pouvait encore jouir si elle voulait retourner dans le monde. D'autres fois, il lui représentait l'amour de son mari, l'affection de ses enfants, la douceur de la conversation de tant de personnes qu'elle avait autrefois fréquentées. D'autres fois, il lui faisait une peinture affreuse de la solitude afin de lui en donner du dégoût avec le désir de chercher compagnie hors de l'enceinte qu'elle s'était prescrite.

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le musée du chapitre de la collégiale Saint-Vincent à Soignies en (Belgique) Buste de Saint-Vincent sur socle à tête d'angelot, bois polychromé, fin XVIIème début XVIIIème siècle
le musée du chapitre de la collégiale Saint-Vincent à Soignies en (Belgique) Buste de Saint-Vincent sur socle à tête d'angelot, bois polychromé, fin XVIIème début XVIIIème siècle

Elle se retire du monde

Pour sa sainte femme dont nous parlons, elle fut encouragée d’abord par saint Géry, ancien évêque de Cambrai, qui lui apparut en songe ; puis par un ange envoyé du ciel pour la consoler dans une persécution que le démon suscita contre elle ; elle abandonna entièrement le monde, et, par le conseil de saint Guislin, qui était alors abbé de Celle-lès-Mons, elle fit bâtir une maison à l’écart, sur une montagne appelée depuis Châteaulieu, et où l’on voit à présent la grande ville de Mons, en Hainault. Mais comme elle trouva cette maison plus grande et plus magnifique qu’elle ne le désirait et qu’elle ne l’avait ordonné, parce qu’elle voulait observer les règles de la pauvreté évangélique, elle n’y voulut pas demeurer ; et, la nuit même où elle en sortit, le toit du bâtiment tomba à terre. C’est pourquoi celui à qui elle avait donné la charge de cet édifice en fit faire un autre moins somptueux et plus pauvre, avec un oratoire en l’honneur de saint Pierre et de saint Paul. Lorsqu’il fut achevé, elle reçut l’habit de religion et le voile sacré des mains de saint Aubert, évêque de Cambrai, dont nous avons déjà parlé, et se retira pour y vivre seule et solitaire, et ne s’y occuper que de la contemplation des vérités éternelles. 

Victorieuse du démon

Mais le démon, qui travaille perpétuellement à la perte des hommes, ne la laissa pas en repos. Tantôt il lui mettait devant les yeux, les délices et les honneurs qu’elle avait abandonnés, et dont elle pouvait encore jouir si elle voulait retourner dans le monde. D’autres fois, il lui représentait l’amour de son mari, l’affection de ses enfants, la douceur de la conversation de tant de personnes qu’elle avait autrefois fréquentées. D’autres fois, il lui faisait une peinture affreuse de la solitude afin de lui en donner du dégoût avec le désir de chercher compagnie hors de l’enceinte qu’elle s’était prescrite. Enfin, il lui apparut encore sous forme humaine et prit la hardiesse de la toucher de la main. Mais la Sainte sortit victorieuse et triomphante de toutes ces tentations, et par l’oraison, le jeûne, les larmes, les macérations du corps et le signe de la croix, elle défit si bien cet ennemi, qu’il se retira toujours d’elle avec honte et confusion.

Son amour pour la pauvreté

Après ces victoires, Dieu la reconnaissant digne de porter la qualité de maîtresse dans la conduite spirituelle, suscita des saintes femmes et des jeunes filles qui vinrent se mettre sous sa direction. Ainsi, elle assembla en peu de temps une communauté de servantes de Dieu, avec lesquelles elle vécut dans une grande humilité, patience, douceur, charité et ferveur d’esprit. Sainte Aldegonde, sa sœur, qui, par ses bons avis, avait fait un autre établissement à Maubeuge, la visitait aussi fort souvent, pour en recevoir des instructions et lui rendre ses respects comme à sa mère ; mais comme la maison de Maubeuge était plus belle, plus riche et mieux fondfo que celle de Waltrude, elle lui voulut persuader de venir avec elle, et d’abandonner ce pauvre lieu où elle devait souffrir continuellement de grandes incommodités. Ce fut néanmoins inutilement : car notre Sainte, qui avait l’amour de la pauvreté fortement imprimé dans le cœur, lui répondit que

« Jésus-Christ n’ayant eu à sa naissance qu’une pauvre étable, et ayant passé toute sa vie dans une grande indigence des choses les plus nécessaires au grand soulagement du corps, il n’était pas raisonnable qu’une vile créature comme elle recherchât ses commodités ; qu’enfin elle espérait vivre aussi tranquillement dans sa petite solitude, que celles qui avaient de beaux monastères et de riches abbayes ».

Vincent, Waudru et leur quatre enfants
Vincent, Waudru et leur quatre enfants
Saint Christophe et saint François d'Assise entourant sainte Waudru et ses filles, bas-relief de la collégiale Sainte-Waudru de Mons
Saint Christophe et saint François d'Assise entourant sainte Waudru et ses filles, bas-relief de la collégiale Sainte-Waudru de Mons

Ses miracles

En effet, toute pauvre qu’elle était, elle ne laissait pas de trouver de quoi faire beaucoup de charités aux mendiants, aux malades et aux prisonniers ; et Dieu, pour seconder son zèle, a quelquefois multiplié l’argent entre les mains de celui qu’elle chargeait de la distribution de ses aumônes. Elle fit aussi d’autres miracles : car elle délivra un pauvre homme, qui l’invoqua dans sa misère, de la puissance d’un démon dont il était extrêmement maltraité, et elle le guérit ensuite d’une violente maladie qui le tourmentait. Et deux enfants, déjà moribonds, lui ayant été présentés par leurs mères, elle leur rendit la santé par ses prières, son attouchement sacré et l’impression du signe de la croix. Enfin, après une vie si sainte, Dieu l’appela au ciel pour lui en donner une éternelle ; ce qui arriva le 6 avril de l’an 686. Comme sa petite communauté a été environnée d’une grande ville qui porte le nom de Mons, sainte Waltrude en est devenue la patronne, et est honorée en cette qualité par tous ses habitants.

Culte et reliques

Le culte rendu à sainte Waltrude remonte à l’époque même de son bienheureux trépas. Il a été de tout temps célèbre, non-seulement à Mons où ses reliques sont conservées, mais encore dans tous les pays circonvoisins.

En 1349, le 7 octobre, les reliques de sainte Waltrude furent portées en procession dans les rues de Mons, pour implorer la miséricorde de Dieu contre la peste qui faisait d’affreux ravages. Une multitude d’habitants de la ville et des villages voisins accourut en cette circonstance pour rendre hommage à l’auguste patronne ;

« De sorte que véritablement », dit de Boussu, dans son histoire de Mons, « c’est à son culte que cette ville est redevable qu’elle soit la capitale de la province, et que les faveurs continuelles qu’en reçoivent les habitants méritent leurs respects et leurs vénérations ».

Dans le village de Castiaux, à une lieue environ de Mons, on montre encore une fontaine qui porte le nom de sainte Waltrude. De nombreuses guérisons s’y sont opérées de tout temps. Ce lieu est encore aujourd’hui en grande vénération. Les reliques de sainte Waltrude reposent toujours à Mons, dans une châsse très-riche et d’un merveilleux travail. Un reliquaire particulier renferme la tête qui a été séparée du corps. Chaque année, le lendemain de la Sainte-Trinité, on fait une procession, dans laquelle ces dépouilles précieuses sont portées sur un char, que traînent les plus beaux chevaux des brasseurs de la ville. L’église de Sainte-Waltrude, à Mons, est un des remarquables monuments religieux de la Belgique. Elle fut construite dans le quinzième siècle sur les dessins de Jean Dethuin, l’un des plus savants architectes de cette époque.

La châsse de sainte Waudru (1887), représentée au centre avec Aldetrude et Madelberte.
La châsse de sainte Waudru (1887), représentée au centre avec Aldetrude et Madelberte.

Iconographie

Dans les gravures et statues dont sainte Vaudru est l’objet :

1°) Saint Géry lui apparaît et lui présente une coupe, symbole du sacrifice dont le Seigneur lui demandait la consommation ;

2°) on la voit payant la rançon de quelques prisonniers. Cette œuvre de miséricorde, belle entre toutes, était particulièrement chère à notre Sainte ;

3°) portant une église en sa qualité de fondatrice ou de patronne de Mons ;

4°) en groupe avec ses deux filles – encore enfants – sainte Adeltrude et sainte Madelberte.