Cette vierge illustre était nièce (d’autres disent fille) de Pépin d’Héristal, tige de nos rois de la seconde dynastie, et de la bienheureuse Plectrude, qui l’éleva dans les plus purs sentiments de la vertu. Les soins que lui prodigua la pieuse princesse ne demeurèrent pas stériles : Noitburge fit paraître, dès ses jeunes ans, tant d’innocence, de pureté de cœur, de détachement des vanités et des plaisirs mondains, d’amour pour Jésus-Christ et de dévotion pour sa sainte Mère, qu’on put deviner la sainteté de sa vie future. Grande selon le monde, elle devint plus grande encore en foulant le monde aux pieds.
Lorsque sa tante chérie, le cœur brisé de la liaison de son mari avec la fameuse Alpaide, qui lui donna Charles-Martel, se retira dans la ville de Cologne, elle la suivit, et lui demeura unie, comme si elle eût été sa fille. Elle lui rendit tous les services d’une compagne fidèle, et lui prodigua toutes les consolations de la plus tendre des amies. Plectrude, dégoûtée du siècle, ayant fondé un couvent de filles nobles en celte ville, Noitburge y entra, pleine de joie de se consacrer au Seigneur. Elle vécut dans ce monastère, comme une personne entièrement morte au monde, et ne respirant plus que pour le ciel. L’oraison devint son occupation la plus douce ; jamais, elle ne perdait de vue la présence de Dieu ; elle édifiait toutes ses compagnes par une ferveur merveilleuse et une exactitude parfaite à tous ses devoirs ; elle ne pensait à son corps que pour l’affliger par des austérités extraordinaires.
Cependant, ses cousins, Drogon et Grimoald, fils de Pépin, qui lui portaient un vif attachement, essayèrent de l’arracher à ce saint asile, avant qu’elle s’y fût définitivement engagée. Ils formèrent le projet de la marier à un grand seigneur, afin de se créer par là une amitié nouvelle dans la noblesse, et servir ainsi les intérêts de leur famille. Mais Dieu, qui veillait à la garde de la pieuse et noble vierge, exauça les vœux de son cœur. Elle échappa aux pressantes sollicitations de ces deux parents, par la mort de chacun d’eux. Elle en fut vivement peinée, mais elle se réjouit fort de se voir délivrée de leurs instances, et de se trouver libre de se donner toute à Dieu.
La fidèle amante du Sauveur, se croyant dégagée à jamais de toute tentative du côté du monde, ne songea plus qu’à se livrer aux délices de l’amour divin ; mais elle avait compté sur une paix qui ne lui était point réservée. D’autres parents poursuivirent le projet de ses cousins ; se voyant pressée trop vivement, et ne sachant plus à qui recourir sur la terre, pour obtenir la liberté de disposer d’elle-même à son gré, elle s’adressa, dans l’ardeur de sa foi, à Jésus lui-même, le suppliant, avec beaucoup de larmes et de soupirs, de ne pas permettre qu’on pût l’arracher à lui, pour être livrée à un homme mortel, de lui enlever plutôt la vie, en la retirant de ce misérable monde.
Noitburge pria si bien, et fit passer tellement son cœur et sa foi dans sa prière, que son Époux céleste l’exauça. Peu de temps après elle tomba malade, et sa maladie n’eut point de guérison. Elle finit par rendre à son Bien-Aimé une âme pure et sans tache, pour être couronnée dans sa gloire. Les anges portèrent son âme au délicieux jardin de l’Époux des vierges, et le ciel permit que son corps devînt un instrument de miracles : il fut une source de vie et de santé pour ceux qui en approchaient. Comme on portait ses restes inanimés à l’église de Saint-Pierre, il s’y rencontra le cadavre d’un homme qu’on allait confier à la terre ; dès que ce corps eut approché de celui de Noitburge, il fut rendu à la vie. Toute la ville de Cologne fut édifiée de ce prodige. Il se fit tant d’autres miracles à son tombeau, que l’église où il se trouvait prit le nom de Sainte-NoitlJurge. Ses reliques se conservent aujourd’hui dans l’église de la Chartreuse de Cologne.
Excellents avis de saint Remi au roi Clovis, avis qui peuvent encore servir à bien d’autres ! « Choisissez des personnes sages pour votre conseil, et ce sera le moyen de rendre votre règne glorieux. Respectez le clergé. Soyez le père et le protecteur de votre peuple. Allégez, autant qu’il vous sera possible, le fardeau des impôts que les besoins de l’État rendent quelquefois nécessaires. Consolez et soulagez les pauvres, nourrissez les orphelins, défendez les veuves, ne souffrez point d’exactions. Que la porte de votre palais soit toujours ouverte, afin que chacun de vos sujets puisse aller réclamer votre justice »…..
Ô Dieu, qui avez accordé à Sainte Noitburge la grâce de vous servir avec ferveur, faites-nous persévérer dans la foi et l’amour.
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