La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Spérat

L’empereur Sévère, ayant vaincu les rois qui avaient pris le parti de Niger contre lui, publia des édits sanglants contre les chrétiens. Ce fut dans la dixième année de son règne, qui était le deux cents deuxième de Jésus-Christ. Les fidèles n’avaient pas laissé d’être auparavant persécutés en plusieurs endroits. Les gouverneurs des provinces s’autorisaient des lois de l’empire, qui proscrivaient les religions étrangères, et des édits de quelques prédécesseurs de Sévère, lesquels n’avaient point été révoqués : aussi voyons-nous que le proconsul Saturnin excita en 200 une violente persécution en Afrique.

Les premiers chrétiens qui souffrirent à Carthage furent les douze martyrs Scillitains, ainsi nommés de Scillite, ville de la province consulaire, qu’on leur donne communément pour patrie. Ayant été arrêtés le 16 juillet, on les conduisit devant le tribunal du proconsul. Les principaux d’entre eux étaient trois hommes, Spérat, Narzale, Cythin, et trois femmes, Donate, Seconde, Vestine. Le proconsul les assura que l’empereur oublierait leur désobéissance et qu’il leur pardonnerait s’ils sacrifiaient aux dieux des Romains ; mais Spérat répondit généreusement au nom de tous ses compagnons :

« Nous n’avons commis aucun crime, nous n’avons insulté personne ; au contraire, lorsqu’on nous a maltraités, nous en avons remercié le Seigneur. Sachez donc que nous n’adorons que le seul vrai Dieu, qui est le maître et l’arbitre de toutes choses, et c’est pour nous conformer à sa loi que nous prions pour ceux qui nous persécutent injustement ».

Le proconsul les pressant de jurer par le génie de l’empereur, Spérat reprit :

« Je ne connais point le génie de l’empereur de ce monde ; mais je sers le Dieu du ciel, qu’aucun homme n’a vu ni ne peut voir. Je n’ai jamais commis de crime punissable par les lois de l’État. J’ai toujours payé les droits dus au prince, que je regarde comme mon seigneur sur la terre ; mais je n’adore que mon Dieu, qui est le Roi des rois et le maître souverain de toutes les nations de l’univers. Encore une fois, je ne suis coupable d’aucun crime ; ainsi je n’ai mérité aucune punition ».

Saint Spérat
Fête saint : 17 Juillet
Martyrs Scillitains
Présentation
Titre : Et ses compagnons, appelés martyrs Scillitains
Date : 200
Pape : Victor Ier
Empereur : Septime Sévère
À Carthage, le triomphe des saints martyrs Scillitains, qui, à la première confession qu’ils firent du nom de Jésus-Christ, furent jetés en prison, puis cloués à des pièces de bois et décapités par le commandement du préfet Saturnin. 200.

Là-dessus le proconsul ordonna qu’ils fussent menés en prison et qu’on les mît aux ceps jusqu’au lendemain.

Le jour suivant, le proconsul, étant assis sur son tribunal, se les fit amener et dit aux femmes d’honorer le prince et de sacrifier aux dieux. Donate répondit :

« Nous rendons à César ce qui appartient à César ; mais nous n’adorons que Dieu, et nous n’offrons qu’à lui des sacrifices ».

« Je suis aussi chrétienne » dit Vesline.

« Je crois aussi en mon Dieu », dit Seconde, « et je veux lui être toujours fidèle. Quant à vos dieux, jamais nous ne nous déterminerons à les servir et à les adorer ».

Le proconsul ayant ordonné qu’on les remît en prison, fit approcher les hommes ; puis, adressant la parole à Spérat, lui dit :

« Persistes-tu encore dans ta première Résolution ? Es-tu toujours chrétien ? »

« Oui, je le suis », répondit Spérat, « et pour que personne ne l’ignore, je le répète à haute voix : je suis chrétien ! »

Tous ceux qu’on avait arrêtés avec lui s’étant écriés qu’ils professaient la même religion, le proconsul dit :

« Vous ne voulez donc ni grâce ni temps pour délibérer sur le parti que vous avez à prendre ? » 

Spérat :

« Faites ce qu’il vous plaira ; nous mourrons avec joie pour l’amour de Jésus-Christ ».

Le proconsul :

« Quels sont les livres que vous lisez et pour lesquels vous avez tant de respect ? » 

Spérat :

« Les quatre Évangiles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les Épîtres de l’apôtre saint Paul, et toute l’Écriture inspirée de Dieu »,

Le proconsul :

« Je vous donne trois jours pour rentrer en vous-mêmes », 

Spérat :

« Ce délai est inutile, jamais nous ne renoncerons à la foi de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ainsi ordonnez ce qu’il vous plaira ».

Le proconsul, les voyant inébranlables, prononça la sentence suivante :

« Spérat, Narzale, Cythin, Véture, Félix, Acyllin, Létance, Janvière, Généreuse, Vestine, Donate et Seconde, s’étant avoués chrétiens et ayant refusé de rendre l’honneur et le respect dus à l’empereur, nous les condamnons à être décapités ».

Après cette sentence, Spérat et ses compagnons reçurent la couronne du martyre.

Culte et reliques

Adon rapporte, dans son martyrologe, que les reliques de saint Spérat furent transférées d’Afrique à Lyon, sous le règne de Charlemagne.

Les corps des douze martyrs Scillitains, ou du moins une grande partie de leurs ossements, ont été apportés à Amiens, au monastère de Saint-Martin-aux-Jumeaux. De nombreux ossements furent donnés, en 1431, aux Chartreux d’Abbeville. Vers la fin du XVIe siècle, les reliques restées à Amiens furent transférées dans deux grandes châsses de bois doré et sculpté. Ce précieux trésor devint la propriété des Célestins, en 1634. Après la suppression de leur couvent, en 1778, les reliques furent données au monastère des Clarisses, où elles se trouvent encore aujourd’hui, renfermées dans trois caisses. Des reliques plus ou moins importantes sont conservées à la cathédrale (deux petits reliquaires), à l’hospice de Saint-Vincent de Paul, au Sacré-Cœur, à la Sainte-Famille et au Carmel d’Amiens ; à Saint-Yulfran (deux chefs), au Saint- Sépulcre, à l’Hôtel~Dieu et aux Ursulines d’Abbeville ; à Mailly, etc.

Peu de temps après leur martyre, Tertullien adressa son Apologie de la religion chrétienne aux gouverneurs des provinces de l’Empire.