Le fondateur de Molesme et de Citeaux naquit en Champagne, à Troyes ou aux environs de cette ville (1017). Sa mère avait nom Ermengarde et son père Théodéric. Tous deux, également nobles et riches, avaient su garder dans les voies du siècle une piété sans faiblesse, et méritaient, par la sainteté de leurs mœurs, l’honneur d’avoir un tel fils.
« Économes de la Providence, ils rachetaient, par d’abondantes aumônes, les fautes de fragilité qui s’attachent aux âmes les plus justes, comme la poussière aux pieds du voyageur ».
Un signe, merveilleux précéda sa naissance et annonça les desseins du ciel : Ermengarde, sur le point d’être mère, vit en songe la très-sainte Vierge Marie, qui lui offrit une bague d’or, en disant :
« Je veux pour fiancé le fils que tu as conçus ; voici l’anneau du contrat ».
Le fiancé de Marie fut nommé Robert sur les fonts du baptême ; sa famille le reçut avec une joie mêlée de respect, et l’éleva pour l’Église. À l’âge de quinze ans, il offrit au Seigneur « la fleur bénie de sa jeunesse », en entrant chez les Bénédictins de Montier-la-Celle, dans le voisinage de Troyes. Il y fut le modèle des novices et l’émule des plus saints religieux.
« Il affligeait sa chair innocente par des jeûnes prolongés, et il ne cessait, ni le jour ni la nuit, ses entretiens avec Dieu ».
L‘étude assidue de Jésus crucifié l’initia rapidement aux secrets de là plus haute perfection. Âme candide et affectueuse, d’une admirable docilité aux délicates impressions de la grâce, il était plus enclin aux suavités de la contemplation qu’au travail extérieur ; aussi, le verrons-nous, pendant toute sa vie obéir et céder pour avoir la paix.
Les moines, pleins d’estime pour une religion si profonde, le nommèrent prieur presque au sortir de son noviciat, et, quelque temps après, ceux de Saint-Michel de Tonnerre le choisirent pour abbé. C’est dans cette abbaye que des ermites, établis dans la forêt de Colan, vinrent le trouver et le prier de se joindre à eux, afin de leur enseigner la règle de Saint-Benoît, qu’ils avaient résolu d’embrasser. Il eût bien voulu les suivre aussitôt ; car, à Saint Michel, ses efforts pour affermir la régularité étaient stériles ; mais, cédant à l’opposition des moines, il attendit l’heure de Dieu, et resta à Saint-Michel. Ce ne fut pas pour longtemps, car il retourna bientôt en son premier monastère de Montier-la-Celle.
Saint Robert de Molesme
Présentation
Son dernier jour venu, il le dit aux Frères, recommanda son âme à Dieu, et passa de l'exil au paradis, le 21 mars 1110. La nuit de sa mort, deux arcs-en-ciel se développèrent, - l'un de l'Orient à l'Occident, et l'autre du Nord au Midi, et à leur point de jonction apparut une croix de lumière nimbée d'une auréole radieuse. Peu à peu cette croix s'agrandit et fut environnée de cercles de feu aux couleurs variées. Ce signe, disent les annalistes de Cîteaux, témoignait de la sainteté de Robert, et présageait la gloire de sa famille spirituelle.
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Auteur
Rentré dans la vie de simple religieux, il commença à goûter dans le calme de la solitude et du silence les délices de la contemplation divine, et ce fut dans ce céleste commerce, entretenu par la prière continuelle, qu’il reçut les grâces par lesquelles Dieu le préparait aux grands desseins qu’il avait sur lui.
Quelque résolution que Robert eût prise de ne plus sortir de ce repos heureux où son âme, dégagée de toutes les choses de la terre, jouissait de Dieu même, il ne put, sans manquer à l’obéissance qu’il avait vouée, refuser de prendre la direction du monastère de Saint-Ayoul ou Aigulphe de Provins, qui dépendait de Montier-la-Celle.
Cependant, les sept ermites de Colan, toujours désireux d’avoir Robert pour supérieur, présentèrent une requête au pape Alexandre II, qui ordonna à Robert d’aller les diriger.
Voici l’histoire de cet ermitage, berceau de Molesmes et de Cîteaux : Deux gentilshommes normands, frères selon la chair, mais non pas selon l’esprit, impies et libertins, traversaient un jour la forêt de Colan, entre Tonnerre et Chablis, pour se rendre à un tournoi. Or, chacun d’eux eut l’horrible pensée d’égorger son frère afin de jouir de ses biens. Cette pensée devint un désir ; toutefois ils résistèrent et parvinrent à l’étouffer. À leur retour, et dans le même endroit de la forêt, la même tentation les assaillit plus violente et plus irrésistible… ; mais Dieu retint leurs bras et toucha si fortement leur âme, qu’ils allèrent tous deux accuser leurs fautes à un prêtre retiré dans cette solitude. Ensuite, chemin faisant, ils se révélèrent l’un à l’autre le désir abominable qu’ils avaient eu et la lutte qui l’avait suivi. Cette révélation les frappa d’épouvante et les convertit. Renonçant au monde, ils distribuèrent leurs richesses aux pauvres, et vinrent se mettre sous la direction du pieux ermite de Colan.
L‘humble communauté s’accrut, et saint Robert dut chercher un emplacement plus salubre pour bâtir une abbaye régulière. Remontant la rive droite de la Laignes, il amena ses religieux, au nombre de treize, dans la forêt de Molesmes, et là, sur le penchant d’une colline, il construisit, avec des troncs d’arbres et des branches entrelacées, un oratoire et des cellules à l’entour. Ce pauvre monastère, image de Bethléem, fut dédié à la Sainte Vierge, le dimanche 20 décembre 1075, Raynard de Bar étant évêque de Langres, et saint Grégoire VII, vicaire de Jésus-Christ.
Robert en eut la conduite avec le titre d’abbé ; il y établit la règle de Saint-Benoît et s’efforça d’y faire germer les vertus religieuses. Par son exemple, il aidait ses fils spirituels à supporter le poids du travail et des austérités, et, par son langage tout céleste, il les encourageait à semer dans les larmes, afin de moissonner dans la joie. Et ses fils joyeux rivalisaient de bonne volonté à qui serait le plus doux, le plus humble, le plus obéissant et le plus silencieux. Dans ces luttes pacifiques, la charité régnait en souveraine, car les succès de chacun étaient l’honneur et comme le patrimoine de tous.
Dans ces commencements, l’évêque de Troyes, passant près de Molesmes, eut la pensée de visiter l’abbaye ; c’était l’heure où les moines, fatigués par le jeûne et le travail, allaient au réfectoire ; il y entra avec eux. On ne put lui offrir que des légumes et des fruits, si grande était la pauvreté ! Mais la vue de ces religieux fervents, leur modestie et leur paix au sein de l’indigence, le remplirent d’admiration, et il s’en retourna en bénissant Dieu.
Or, à quelque temps de là, Molesmes manqua de pain ; saint Robert, qui avait remis à la Providence le souci, de la vie, prit à la lettre ces paroles du Prophète :
« Vous qui n’avez point d’argent, hâtez-vous d’acheter ».
Et il envoya deux religieux acheter sans argent des vêtements et des vivres. Obéissant à leur bienheureux Père, ils se dirigent vers la ville de Troyes. L’évêque apprend l’arrivée de ces moines, dont les pieds nus et l’extrême dénuement excitent sa pitié ; il se les fait amener, reconnaît ses hôtes de Molesmes, les accueille dans sa maison, et, quand ils sont reposés du voyage, il leur donne un chariot chargé de provisions. Tous les Frères bénirent le Seigneur, au retour des envoyés, et s’excitèrent à la persévérance.
À partir de ce moment, l’épreuve de l’extrême pauvreté cessa à Molesmes : les seigneurs du voisinage firent à l’envi des donations au nouveau monastère.
Mais, hélas ! Pourquoi « l’homme ennemi » sema-t-il de l’ivraie dans ce champ du père de famille ? …. La piété des fidèles ayant enrichi Molesmes, l’abondance détrôna la pauvreté, et il se trouva des esprits superbes qui méprisèrent le travail des mains, et élevèrent des prétentions sur les églises voisines, alléguant, pour se justifier, la coutume d’autres abbayes. Saint Robert, le prieur Albéric, Étienne et plusieurs moines, luttèrent contre ces innovations déplorables, mais en vain. Ceux qui répudiaient la pauvreté méconnurent l’obéissance, et notre Bienheureux, se voyant débordé, crut pouvoir déposer la crosse abbatiale, à l’exemple du patriarche saint Benoît, et il se relira dans la solitude d’Or, où de pieux cénobites servaient Dieu dans la pénitence et la ferveur.
Cependant, les moines de Molesmes ne tardèrent pas à reconnaître qu’ils avaient péché grièvement en obligeant leur saint fondateur à s’éloigner d’eux ; Albéric, Étienne et les meilleurs religieux s’étaient enfuis, la discorde régnait au sein de la communauté, devenue semblable à un esquif sans pilote, et Dieu avait détourné les aumônes des fidèles. Honteux d’avoir outragé leur père, et n’osant pas le prier de revenir, ils écrivirent au Pape et en obtinrent un bref qui en joignait à Robert de reprendre le gouvernement de Molesmes ; l’évêque de Langres était chargé d’en procurer la prompte exécution. Robert obéit, sans demander ni excuses du passé ni promesses pour l’avenir ; l’abandon à la volonté de Dieu lui suffisait ; Albéric et les autres revinrent, eux aussi, à Molesmes.
Si « Dieu est de charité », les Saints qui vivent plus abondamment de sa vie sont remplis de mansuétude. Robert oublia les torts lie ses enfants, et usa de condescendance ; l’abbaye retrouva pour un temps la paix dans la ferveur, et communiqua même un peu de sève religieuse à des monastères déchus. Toutefois, le succès ne descendit plus sur elle : en contrariant les desseins de Dieu, elle avait perdu sa couronne de reine. Le temps qui use ou consolide, diminua la bonne volonté de plusieurs qui se prirent à regretter les réformes consenties, tandis que d’autres déploraient en secret les dispenses accordées et soupiraient après l’austérité d’autrefois. En entendant lire au Chapitre la Règle qu’ils voyaient délaissée en plusieurs de ses prescriptions, ils ne pouvaient se défendre d’une amère tristesse ; pour eux, la paix de l’âme n’était plus dans ce couvent qu’ils avaient aimé, et ils s’inquiétaient du jour béni qui leur rendrait cet inestimable trésor.
Ces tendances opposées ne brisèrent point l’harmonie extérieure, mais élevèrent jour par jour un mur de séparation entre les Frères ; à la fin, Étienne découvrit à Albéric les sentiments qui agitaient son âme ; Albérîc répondit à cette confidence par les mêmes aveux, et tous deux conçurent le projet de bâtir une abbaye où la Règle serait observée à la lettre et sans dispense générale. Ce projet mûrit, et, au moment de l’exécuter, Étienne s’en ouvrît à saint Robert, qui entra dans leurs vues et promit, son concours. Cela fait, on résolut de quitter Molesmes, mais cette fois avec la permission du Siège Apostolique, afin de prévenir toutes difficultés. En conséquence, vers le commencement de l’année 1097, Robert et six de ses moines se présentèrent à l’archevêque de Lyon, Hugues, légat du Pape en France, et, en obtinrent cette lettre :
« Hugues, archevêque de Lyon et légat apostolique, à Robert, abbé de Molesmes, et aux religieux qui désirent avec lui servir Dieu suivant la règle de saint Benoit.
« Que tous ceux qui se réjouissent … de l’église, notre sainte mère, sachent que vous êtes venus à Lyon avec quelques-uns de vos enfants spirituels du couvent de Molesmes, et vous avez déclaré vouloir, observer, d’une manière plus stricte et plus parfaite, la règle de Saint-Benoît, gardée maintenant avec négligence et tiédeur dam ledit monastère ; et puisque différentes, causes s’opposent manifestement à ce que vous puissiez accomplir en ce lieu-là votre bon dessein. Nous, consultant votre salut et celui de vos frères, avons pensé que le meilleur, était de vous retirer dans tout antre couvent que la bonté divine vous accordera, et, d’y servir le Seigneur, dans la ferveur et la paix. À vous donc qui avez comparu, devant Nous, abbé Robert, Frères Albéric, Odon, Jean, Étienne, Létalde et Pierre, ainsi qu’à tous ceux qui sont déterminés à vous suivre, Nous avons permis d’exécuter ce bon dessein, et Nous vous exhortons à y persévérer, et confirmons par ces présentes, à perpétuité, cette décision en vertu de l’autorité apostolique et par l’apposé de notre sceau ».
Robert, muni de cette lettre qui résume sa pensée, revint à Molesmes, déclara son dessein à tous les religieux et les délia de l’obéissance qu’ils lui avaient vouée ; il sortit ensuite, n’emportant de l’abbaye qu’un livre d’offices pour le copier, les vêtements et les vases sacrés nécessaires à la célébration du sacrifice divin. Vingt-et-un moines le suivaient.
Avant son départ de Molesmes, Robert avait choisi, disent quelques historiens, la forêt de Cîteaux pour y bâtir une abbaye, et obtenu la protection d’Eudes 0u Odon, duc de Bourgogne ; mais une antique légende veut qu’il se soit avancé : vers le Midi, sous la conduite de la Providence, par les chemins les moins frayés, et qu’arrivé ainsi dans une forêt, à quatre lieues de Dijon, une voix mystérieuse lui ait dit :
« Arrête ici, siste hic », d’où l’appellation de Cîteaux. – Quoi qu’il en soit, Cîteaux était à ce moment une forêt sauvage, « sise au milieu des eaux », dans le diocèse de Chalon-sur-Saône, au bailliage de Nuits. Raynaud, vicomte de Beaune, en détacha une lande inculte et marécageuse où croissaient les glaïeuls et les joncs, et l’accorda au moine Robert, qui l’accepta au nom de la très-sainte Vierge. Marie agréa cet hommage, et Cîteaux, succédant à Molesmes, devint le berceau d’une « famille aussi nombreuse que les étoiles du firmament ».
Robert et ses religieux défrichèrent la lande, bâtirent un oratoire et des cellules, et le 21 mars 1098, fête de saint Benoît et dimanche des Rameaux, le nouveau monastère fut béni en l’honneur de la Mère de Dieu, comme Molesmes l’avait été et comme le seront dans la suite des âges toutes les églises cisterciennes. Ce même jour Robert fut élu abbé, et après que tous les religieux eurent renouvelé leurs vœux d’obéissance, il nomma saint Albéric prieur et saint Étienne sous-prieur.
De ce jour Cîteaux fut un « jardin fermé », un séjour de paix et la cité des Saints… Mais les moines ne durent pas oublier que la joie parfaite ! N’habite pas ici-bas de longs jours avec nous. Tandis que saint Robert travaillait à établir cette admirable discipline qui sanctifia tant d’âmes, que, moins de trois siècles après, le Chapitre général de l’Ordre décrétait de ne plus poursuivre la canonisation d’aucun cistercien, « dans la crainte que le trop grand nombre ne les rendît moins vénérables », les moines de Molesmes recouraient au souverain Pontife pour qu’il obligeât une seconde fois le saint abbé à revenir parmi eux.
Urbain II remit le soin de cette affaire à son légat, Hugues, archevêque de Lyon, en lui ordonnant de conseiller à saint Robert de reprendre la conduite de l’abbaye de Molesmes, et de pourvoir, en môme temps, à ce que les religieux y gardent la Règle et laissent en paix leurs frères de Cîteaux. Hugues décida notre Bienheureux à faire le sacrifice de ses plus chères affections et à quitter Cîteaux. Deux moines de cette abbaye, « qui n’aimaient pas le désert », le suivirent à Molesmes.
Dieu bénit l’obéissance de saint Robert, et les religieux surent enfin l’apprécier ; mais au milieu de ces consolations tardives, il ne put oublier ses fils de Citeaux.
« Je vous affligerais trop », leur écrit-il, « si ma langue pouvait servir de plume, mes larmes d’encre et mon cœur de papier … Il se dessèche, ce cœur, depuis qu’on m’a séparé de vous, s’il est vrai toutefois qu’on ait réussi à m’en séparer ; car la distance n’éloigne pas ceux que la charité réunit dans le Christ Jésus … Que Molesmes ait mon corps, puisque l’obéissance l’a voulu ; mais mon âme est à vous, son amour et ses désirs sont à Citeaux… Le corps, qui est ici, vous salue ».
Ces sublimes accents révèlent la tendresse de cœur et le mérite de l’obéissance de Robert. Appelé, de son couvent de Montier, à Saint-Michel de Tonnerre, il va s’y épuiser en de stériles efforts. – Les ermites de Colan le demandent, il attend, pour les suivre, que les obstacles suscités par l’envie soient tombés. – On le rappelle, il y revient. Quand il a fondé Cîteaux, Molesmes le réclame, et il y retourne, quittant ses fils bien-aimés pour ses fils rebelles … Ainsi toute sa vie s’écoule !…
Les regrets du saint abbé durent se changer en allégresse lorsqu’il vit les religieux de Molesmes accepter la réforme telle qu’il la voulait et embrasser l’étroite observance de la règle bénédictine.
Il sembla, pour employer les expressions d’un vieil hagiographe, que Cîteaux avait été transporté à Molesmes, ou plutôt que Molesmes était devenu un autre Cîteaux. Voici un fait éclatant qui fit briller aux yeux des religieux tout le mérite de leur saint abbé.
Il arriva, disent les Annales, que deux pauvres vinrent demander l’aumône à la porte de l’abbaye. Notre Bienheureux les reçut avec respect et appela aussitôt le frère cellérier, afin qu’il leur donnât de quoi manger.
« Il n’y a plus de pain dans tout le monastère », répondit le moine d’un air affligé.
« Que servirez-vous donc », repartit le Bienheureux, « au dîner des Frères ? »
Embarrassé par cette observation, il répondit d’une manière évasive « qu’il n’en savait rien » ; force fut donc de renvoyer ces pauvres les mains vides. À l’heure du dîner, Robert aperçoit des pains sur la table, et, les indiquant du regard au cellérier :
« Frère », lui dit-il, « où les avez-vous eus ? »
« Je les avais mis en réserve pour les religieux ».
À cette réponse, l’homme de Dieu sent la douleur et l’indignation jaillir de son âme ; il prend une corbeille, ramasse tons les pains et les jette dans la rivière ! … Dieu, pour récompenser cette action héroïque, envoya par un seigneur étranger des vivres au monastère. Que ne devait-on pas attendre d’une communauté enseignée par un tel maître ? …
Son dernier jour venu, il le dit aux Frères, recommanda son âme à Dieu, et passa de l’exil au paradis, le 21 mars 1110. La nuit de sa mort, deux arcs-en-ciel se développèrent, – l’un de l’Orient à l’Occident, et l’autre du Nord au Midi, et à leur point de jonction apparut une croix de lumière nimbée d’une auréole radieuse. Peu à peu cette croix s’agrandit et fut environnée de cercles de feu aux couleurs variées. Ce signe, disent les annalistes de Cîteaux, témoignait de la sainteté de Robert, et présageait la gloire de sa famille spirituelle.