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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Pierre Gonzales

En Espagne, le bienheureux Pierre Gonzales, de l’Ordre des Frères Prêcheurs. ✞ 1248.

Sommaire

Hagiographie de saint Pierre Gonzalès

Pierre Gonzalez naquit en la ville d’Astorga, en Espagne, l’an 1190, de parents également riches et nobles.

Il fut élevé par les soins de son oncle maternel, évêque du lieu, qui, s’appliquant moins à l’enrichir de vertus que d’honneurs, le fit, encore jeune, chanoine de sa cathédrale et bientôt doyen du chapitre. Considérant cette dignité, selon la vanité de la jeunesse et l’esprit du monde, Gonzalez voulut en prendre possession avec la pompe la plus éclatante. Il choisit le jour de Noël, et traversa la ville sur un cheval, superbement paré. Il ne jouit pas longtemps de cette parade. Le cheval, faisant un faux pas, jeta le cavalier dans la boue. La foule, qui l’applaudissait tout à l’heure, accueillit cette chute par des huées. Le premier sentiment de Gonzalez est la honte, puis, revenant à lui, et Dieu touchant déjà son cœur, il s’écrie dans un reste de colère : « Puisque le monde se moque de moi, je me moquerai de lui à mon tour ». En effet, l’esprit divin l’éclairant de plus en plus sur la vanité des honneurs et des plaisirs de la terre, il entra chez les Dominicains de Palencia.

Saint Pierre Gonzales

Fête saint : 15 Avril
saint-Pierre-Gonzales
Présentation
Titre : Abbé
Date : 1190-1248
Pape : Clément III ; Innocent IV ;
Empereur : Henri VI ; Otton IV ; Frédéric II

Douze ans après sa mort, on fit une information qui contient cent quatre-vingts miracles que Dieu avait opérés en faveur des lépreux, des démoniaques, des aveugles, des sourds, des muets et d'autres malades, par le ministère de notre Saint ; elle fut envoyée par l'évêque de Tuy, successeur de celui dont nous avons parlé, au Chapitre général de l'Ordre de Saint-Do­minique, qui se célébrait à Toulouse, afin qu'il traitât de sa canonisation.

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Il se fait religieux

Il donna bientôt des marques que sa conversion était véritable : car il travailla à sa perfection avec une telle ferveur, qu’il fit de grands progrès dans la vertu dès l’année même de son noviciat. Après sa profession, il étudia en théologie, pour se rendre capable de servir le prochain, selon la fin de son Institut ; et il s’y rendit si habile, que ses supérieurs l’appliquèrent bientôt à la prédication et aux confessions. Il remplit ces deux ministères avec beaucoup de zèle et gagna un grand nombre d’âmes à Jésus-Christ.

Son zèle pour le salut du prochain

Il quittait tout, l’étude, le repos, le boire, le manger, lorsqu’il se présentait une occasion de travailler au salut de son prochain. Partout où il allait, il exhortait à la pénitence, et représentait avec une telle vivacité les délices d’une conscience en état de grâce, le malheur de ceux qui sont en péché mortel, et l’avantage qu’il y a de retourner à Dieu, qu’il enlevait les cœurs des plus endurcis. Il ne sortait guère des lieux où il avait logé, qu’il n’eût porté tous ceux de la maison à se confesser. Enfin, ses entretiens étaient si pleins d’onction, qu’on ne pouvait pas l’entendre sans prendre en même temps de fortes résolutions de mener une meilleure vie. Il ne faut pas s’en étonner, puisqu’il confirmait tout ce qu’il disait par les exemples de ses vertus. En effet, il avait un extrême mépris pour toutes les choses de la terre ; son humilité était très ­profonde, sa modestie admirable, sa pureté angélique, son zèle désintéressé ; en un mot, il était un parfait imitateur du grand saint Dominique, dont il avait pris la vie pour modèle de la sienne.

Comment il triomphe de la tentation

Le bruit d’une si éminente sainteté s’étant répandu par toute l’Espagne, le roi Ferdinand III voulut avoir le bienheureux Pierre auprès de sa personne, pour se servir de ses prières auprès de Dieu, et de ses conseils dans le dessein d’exterminer de son royaume les Maures qui en occupaient alors la meilleure partie. Notre Saint profita de la confiance du prince pour réformer la cour et l’armée. Ses exemples y contribuèrent plus que ses discours. Car il vivait dans le bruit ou la magnificence avec la même régularité, la même austérité que dans le cloître. Sa vertu fut soumise à une terrible épreuve et brilla par un grand prodige. Quelques seigneurs licencieux, pour se venger des corrections dont il les poursuivait sans cesse, cherchaient le moyen de décrier sa vertu et même de l’entraîner dans le vice. Une courtisane effrontée s’engagea à le séduire, moyennant une grande somme d’argent qu’ils lui promirent. Elle aborde Gonzalez, demande à le consulter en secret sur une chose de la plus grande importance. Lorsque tout le monde est sorti, elle se met à genoux, laisse couler des larmes feintes et commence, comme une pénitente, l’aveu de ses fautes. Mais dès qu’elle croit le moment favorable, jetant le masque, elle emploie tous les artifices dont elle est capable, et que le démon peut suggérer, pour le séduire. Gonzalez, sans expliquer son intention, lui dit qu’il va se préparer à la mieux recevoir dans une chambre voisine. Il s’y retire, allume un grand feu et se jette, enveloppé de son manteau, dans les flammes qui le respectent. Il appelle alors la courtisane, qui, à la vue de ce prodige, se convertit, ainsi que ceux qui l’avaient poussée à cette action : et tous, depuis, menèrent une vie chrétienne, et furent pleins de vénération pour le Saint. 

Saint Pierre Gonzales
Scène de bataille entre maures et chrétiens Miniature des Cantigas de Santa María d'Alphonse X.
Scène de bataille entre maures et chrétiens Miniature des Cantigas de Santa María d'Alphonse X.

Gonzales suit le roi Ferdinand dans ses expéditions

Gonzalez accompagna le roi Ferdinand dans toutes ses expéditions contre les Maures, et eut une grande part à ses victoires, par ses prières, ses conseils et surtout par la réforme des mœurs parmi les soldats et leurs chefs. La prise de Cordoue (1236) fut pour lui une occasion de déployer son zèle. Il modéra l’élan des vainqueurs, saliva l’innocence des vierges de l’insolence des soldats, et fit épargner le sang ennemi. Il purifia les mosquées et les convertit en églises. La grande mosquée de Cordoue, la plus fameuse de l’Espagne, fut changée en cathédrale. On y trouva les cloches et les ornements que les Maures y avaient fait apporter de Compostelle, deux cents ans auparavant, sur les épaules des chrétiens. Ferdinand obligea les vaincus à les reporter à Compostelle de la même manière.

Il quitte la cour

Il quitta la cour dès qu’il y crut sa présence moins nécessaire, malgré les prières et tous les moyens qu’on employa pour le retenir. Il lui tardait d’évangéliser les pauvres, les habitants des campagnes. Les montagnes les plus escarpées, les lieux les plus inaccessibles, l’ignorance et la grossièreté des populations, aucun obstacle ne l’arrêtait. La prière soutenait, entretenait l’esprit apostolique dont il était animé. Ce fut surtout dans les diocèses de Tuy et de Compostelle que ses prédications produisirent des fruits merveilleux. Dieu l’honora du don des miracles et lui communiqua surtout la grâce de faire comprendre et goûter aux pauvres les vérités du salut. On le respectait partout comme un ange : on le suivait quelquefois cinq ou six lieues pour jouir longtemps de sa parole. Il avait une prédilection pour les matelots : il allait les chercher sur leurs vaisseaux pour les gagner à Dieu et ne cessa de les instruire qu’en cessant de vivre. On lui doit encore, parmi beaucoup d’autres bienfaits, un pont qu’il construisit sur le Minho, à Riba­davia, en un endroit dangereux : où il périssait beaucoup de monde. On raconte à ce propos que se trouvant plusieurs fois embarrassé pour nourrir les nombreux ouvriers qu’il avait réunis, il appelait sur la rive les poissons du fleuve. Ceux-ci obéissant à l’homme de Dieu venaient d’eux-mêmes s’offrir à la mort.

Révélations

Prêchant dans un monastère de l’Ordre de Saint-Benoît, il eut révélation que l’heure de sa mort était proche ; c’est pourquoi, après s’être recommandé aux prières de ces religieux, il se retira à Tuy pour y passer le reste du Carême ; il prêcha tous les jours dans l’église cathédrale avec une ferveur extraordinaire, et ce furent là ses derniers travaux : car, étant tombé malade la semaine sainte, il mourut paisiblement en Notre-Seigneur le jour de sa résurrection, l’an 1240 selon les uns, 1248 selon d’autres. Il laissa en mourant, à son hôte, sa ceinture ; quelques-uns disent aussi son manteau ; et ces reliques servirent depuis à faire plusieurs miracles. L’évêque de Tuy, qui lui portait une singulière affection, le fit enterrer solennellement dans sa cathédrale, et demanda par son testament à être enterré auprès de lui.

Miracles

Douze ans après sa mort, on fit une information qui contient cent quatre-vingts miracles que Dieu avait opérés en faveur des lépreux, des démoniaques, des aveugles, des sourds, des muets et d’autres malades, par le ministère de notre Saint ; elle fut envoyée par l’évêque de Tuy, successeur de celui dont nous avons parlé, au Chapitre général de l’Ordre de Saint-Do­minique, qui se célébrait à Toulouse, afin qu’il traitât de sa canonisation. Mais, bien que le Saint se soit montré favorable à ceux qui l’ont invoqué en leurs nécessités, les mariniers ont néanmoins ressenti plus particulièrement la vertu de son assistance dans les périls des plus fortes tempêtes ; il leur est apparu visiblement, en habit de son Ordre, pour les délivrer. Dans les ports et dans les villages maritimes d’Espagne, on célèbre sa fête avec beaucoup de solennité, le lundi d’après le dimanche de Quasimodo, et son image est en grande vénération à Lisbonne et en Biscaye, sous le nom de saint Elme.

Le pape Innocent IV béatifia Pierre Gonzalez, l’an 1254, et accorda aux dominicains d’Espagne d’en faire l’office. Benoît XIV approuva son office pour tout l’Ordre de Saint-Dominique.

Iconographie

En sa qualité de patron de la marine, on a représenté saint Elme, marchant sur les eaux et tenant une flamme sur la main. Cette flamme désigne le feu de saint Elme. Chacun sait que les matelots appellent ainsi une lumière électrique qui se montre au sommet des mâts ou à l’extrémité des vergues lorsque la mer est bonne et le ciel propice. Le feu saint Elme est donc de bon augure. Quelquefois on met cette flamme sur le front du Saint.