La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Odilon de Cluny : Vie monastique et charité exemplaire

Découvrez la vie exemplaire de saint Odilon de Cluny, moine bénédictin du Xe siècle, connu pour sa piété, sa charité et son dévouement à Dieu. ✝️🙏

Saint Odilon, également connu sous le nom d'Odilon de Cluny, fut une figure éminente du monachisme et de la spiritualité chrétienne au Xᵉ siècle.

Né en 962 dans une famille noble de la région de Bourgogne, en France, il fut confié à l’abbaye de Baume-les-Messieurs dès son plus jeune âge. Son éducation fut imprégnée de piété et d’un profond respect pour la vie monastique.

La vocation religieuse d’Odilon s’épanouit rapidement, et il entra au monastère de Cluny, alors sous la direction de l’illustre abbé Mayeul. Sous la direction spirituelle de Mayeul, Odilon embrassa pleinement la règle bénédictine et se consacra à la prière, à l’étude et au travail manuel. Sa vie monastique était caractérisée par une profonde humilité, une obéissance totale et un amour sincère pour Dieu et pour ses frères moines.

En 994, à la mort de Mayeul, Odilon fut élu abbé de Cluny. Sous son abbatiat, le monastère connut une période de prospérité spirituelle et matérielle sans précédent. Odilon se révéla être un administrateur habile, guidant la communauté monastique avec sagesse et prudence. Il élargit l’influence de Cluny en fondant de nouveaux monastères et en consolidant les relations avec les puissants de l’époque.

Mais c’est surtout pour sa charité et sa compassion envers les pauvres, les malades et les opprimés qu’Odilon fut le plus célèbre. Il institua des aumôneries et des hôpitaux pour venir en aide aux plus démunis, marquant ainsi l’histoire de Cluny comme un centre de charité et de miséricorde.

L’une des réalisations les plus marquantes d’Odilon fut l’institution de la “Fête des Morts” ou “Commémoration de tous les fidèles défunts” le 2 novembre, une journée dédiée à la prière pour les âmes des défunts. Cette pratique fut adoptée par l’Église universelle et demeure une tradition importante dans de nombreuses cultures à travers le monde.

Après sa mort en 1049, Odilon fut vénéré comme un saint par le peuple chrétien. Son culte se répandit rapidement, et de nombreuses guérisons miraculeuses furent attribuées à son intercession. Il fut canonisé en 1063 par le pape Alexandre II.

Aujourd’hui encore, la mémoire de saint Odilon de Cluny continue d’inspirer les chrétiens du monde entier. Sa vie de prière fervente, son dévouement à la charité et son engagement envers la réforme de l’Église offrent un exemple puissant de ce que signifie suivre le Christ avec un cœur généreux et une foi inébranlable. Puissions-nous, comme saint Odilon, chercher à vivre une vie de sainteté et de service, témoignant de l’amour de Dieu pour toute l’humanité.

Saint Odilon de Cluny : Vie monastique et charité exemplaire

Fête saint : 02 Janvier
Saint Odilon
Présentation
Titre : 5e abbé de Cluny, ✞ 1049.
Date : 962-1049
Pape : Jean XII ; Damase II
Empereur : Othon Ier, II, et III

A cette dévotion envers Dieu répondait une affection singulière pour la sainte Vierge. N’étant pas encore religieux, il s’offrit à elle la corde au cou, au pied d’un autel qui lui était dédié, pour être son serviteur perpétuel. Lorsqu’on chantait au chœur ce verset du Te Deum : Tu ad liberandum suscepturus hominem non horruisti virginis uterum, « Seigneur Jésus, devant vous revêtir de la chair humaine, vous n’avez pas dédaigné le sein d’une vierge », il entrait dans un si grand sentiment de respect pour elle, qu’il ne pouvait s’empêcher de se prosterner jusqu’à terre, et toutes les fois qu’il prononçait ou entendait prononcer le nom de Marie, il ressentait une joie extrême et faisait une profonde révérence. Il s’efforçait surtout de lui plaire par l’amour de la pureté, et cette vertu était si profondément entrée dans son cœur que dans une extrême vieillesse il montrait encore la circonspection et la pudeur d’une jeune vierge ; on l’appelait même la vierge de cent ans, Vigo centenarius.

Emmanuel Mathiss de la Citadelle
Les Petits Bollandistes - Vies des Saints - Septième édition - Bloud et Barral - 1876 -

Culte et reliques

Son corps, après être demeuré près de trois cents ans dans le tombeau, en fut enlevé, avec beaucoup de solennité, le 21 juin de l’an 1343, par Roger-le-Fort, archevêque de Bourges, avec la permission de Clément VI, en présence de deux autres évêques et de plusieurs abbés, prieurs et autres personnages ecclésiastiques ; et, ayant été mis dans une châsse, il fut placé fort honorablement dans l’église du prieuré de Souvigny. Une première translation avait eu lieu sous le pontificat d’Urbain II qui avait été moine de Cluny ; on en célébrait la fête le 13 novembre. On faisait aussi une commémoraison annuelle de la découverte de son corps le 13 mai, et une autre de la réception de son chef, le 19 avril. Toutes ces fêtes prouvent combien était célèbre le culte de saint Odilon. Avant le pillage des Calvinistes, on voyait dans l’église de Cluny la statue en vermeil de notre saint abbé ; elle portait une mitre enrichie de saphirs ; au pied de la statue, quatre anges d’argent étaient assis sur un escabeau soutenu par quatre lions de môme métal.

Les reliques de saint Odilon ont été brûlées en 1793, avec tous les riches ornements et toutes les précieuses reliques que renfermait le trésor du prieure de Souvigny. On voit encore dans l’église deux espèces de châsses ou armoires en pierre d’Apremont richement sculptées. C’est un petit monument du XVe siècle. Les portraits de deux grands saints, Mayeul et Odilon, sont peints sur les panneaux des deux portes ; mais le reliquaire est complètement vide. Le nom de saint Odilon est encore en vénération dans la paroisse de Souvigny ; il l’est beaucoup moins cependant que celui de saint Mayeul, son prédécesseur.

Le prieuré de Souvigny subsiste encore en très-grande partie ; mais il est devenu une habitation particulière qui se dégrade malheureusement tous les jours. L’appartement du prieur, séparé entièrement de celui des moines, est en meilleur état de conservation. Le magnifique enclos attenant au prieuré et au monastère a été coupé par une route depuis environ dix ans.

On possède encore la belle église prieuriale, devenue église paroissiale depuis la restauration du culte. C’est, malgré les mutilations subies en 1793, le monument le plus beau et le plus complet du Bourbonnais. Ses vastes dimensions, la variété de ses genres d’architecture, la sévérité du style romandes bas-côtés, la richesse de ses chapelles ogivales qui renferment le tombeau des ducs de Bourbon, la beauté du sanctuaire, en font la merveille de la province. Elle a besoin d’une prompte restauration pour la sauver d’une ruine imminente. Nous apprenons avec plaisir qu’on va satisfaire sur ce point le vœu de tous les amis de l’art.

Saint Odilon était maigre et pâle, ses cheveux étaient gris ; mais ses yeux avaient un éclat prodigieux, presque terrible. Le son de sa voix vibrait comme une cloche lointaine appelant les fidèles à la prière ; et ses paroles, à la fois douces et fortes, pénétraient tous les cœurs. Ainsi qu’une lampe d’or éternellement suspendue devant le tabernacle du Seigneur, son esprit s’élevait perpétuellement vers Dieu, source inépuisable de vérité. Il pouvait dire avec le sublime auteur du Cantique des Cantiques ;

« Je sommeille, mais mon cœur veille pour vous ! »

En effet, il lui arrivait quelquefois, pendant la nuit, de s’endormir en récitant les psaumes, mais il n’en continuait pas moins à prier ou à chanter tout en dormant ; puis, à son réveil, il achevait le psaume commencé, comme s’il n’y avait eu aucune interruption.

Iconographie

Voici comment on représente le plus généralement saint Odilon : Les âmes du purgatoire lui apparaissent pendant la messe pour le remercier d’avoir établi la commémoraison des morts. La même idée de secours aux défunts est aussi rappelée par un crâne évidé sur lequel il fixe les yeux, comme en songeant à l’oubli auquel sont inévitablement voués les morts quelque temps après leur décès ; par un catafalque devant lequel il célèbre le saint sacrifice ; par une représentation du purgatoire sur lequel il promène de tristes regards.— Souvent, trop souvent dans le cours de cet ouvrage, nous serions obligés, pour être exact, de parler au passé et de dire : on a peint, on a représenté, au lieu de : on peint, on représente, parce qu’un grand nombre de dévotions salutaires et de traditions pieuses sont tombées dans l’oubli. Pour saint Odilon, par exemple, nous n’avons pu découvrir qu’il soit encore honoré quelque part. Aujourd’hui que la dévotion aux âmes du purgatoire semble se ranimer, il serait à désirer que les personnes qui ont cette dévotion à cœur, prissent notre Saint pour modèle et pour intercesseur auprès du trône de Dieu ; il est à supposer qu’un Saint, dont les prières ont été autrefois si efficaces pour les captifs du purgatoire, n’aura rien perdu de son crédit et de sa puissance d’intercession.

Saint Odilon contribua beaucoup, avec le B. Ricard, abbé de Saint-Vannes, de Verdun, à faire recevoir la trêve de Dieu, convention entre les seigneurs par laquelle ils s’engageaient à cesser toute hostilité depuis le mercredi au soir jusqu’au lundi matin, par respect pour les jours où se sont accomplis les derniers mystères de la vie de Jésus-Christ. La première trêve de Dieu lut réglée dans un synode tenu à Elne, dans le Roussillon, en 1027.

Odilon avait succédé à un Saint et il eut un Saint pour successeur : Saint Hugues de Cluny. Il eut aussi d’autres disciples très-illustres, entre lesquels on peut compter Hildebrand, qui fut depuis Souverain Pontife sous le nom de saint Grégoire VII.