La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Odilon

À Souvigny (en Bourbonnais), saint Odilon, abbé de Cluny, qui, le premier, ordonna que l’on fit dans ses monastères la commémoration de tous les fidèles trépassés le lendemain de la fête de tous les Saints ; pratique que l’Église universelle a depuis approuvée en la recevant. ✞ 1049.

Sommaire

Hagiographie de saint Odilon

Nous rapporterons ici, d’autant plus librement, les actions admirables de cette grande lumière de l’Ordre de Cluny, que nous les puiserons à deux sources très-pures, et où l’on ne doit point craindre qu’il y ait aucun mélange d’erreur. Je veux parler de la vie qu’en a écrite le bienheureux Pierre Damien, cardinal et évêque d’Ostie, à la sollicitation de saint Hugues, successeur du même saint Odilon, en l’abbaye de Cluny ; et d’une autre, composée par un de ses disciples, nommé Lotsalde ou Jotsaud, qui avait eu l’honneur de demeurer longtemps avec lui, et d’être témoin d’une grande partie des merveilles que Dieu a faites par son moyen.

Il naquit en Auvergne, de parents illustres selon Dieu et selon le monde, l’an de Notre-Seigneur 962, Othon Ier régnant en Allemagne, et Lothaire en France, sous le pontificat du pape Jean XII. Son père, seigneur de Mercœur, s’appelait Béralde, surnomme le Grand, et à cause delà grandeur de son courage dans les armes, et à cause d’une probité et d’une sincérité si reconnues, que l’on ajoutait plus de loi à ses paroles qu’aux serments et aux exécrations de toute autre personne. Sa mère s’appelait Gerberge ; après la mort de son mari, avec qui elle avait toujours vécu dans une obéissance et une honnêteté parfaites, elle se fit religieuse à Saint-Jean d’Autun, où elle persévéra longtemps dans l’exercice de toutes les vertus, et laissa en mourant une grande réputation de sainteté. Il eut aussi plusieurs frères qui se sont rendus célèbres dans le monde, et une sœur nommée Blismonde, abbesse, qui vécut près de cent ans, servant Dieu nuit et jour dans une exacte observance de la règle.

Étant encore enfant et sous la garde d’une nourrice, notre Saint devint tellement perclus de tous ses membres, qu’il ne pouvait les remuer : il fut guéri de ce mal d’une manière bien extraordinaire : un jour que son père allait à la campagne avec toute sa famille, il arriva qu’en passant par un village où il fallait s’arrêter, sa nourrice le laissa un instant à la porte d’une église dédiée à la sainte Vierge. Cet enfant, se voyant seul, se démena si bien qu’il se roula peu à peu jusqu’à l’autel, où, s’attachant au parement, il s’efforça de se lever sur ses pieds ; par une assistance miraculeuse de la même Vierge, ses membres se dénouèrent, il se mit debout et commença à courir de côté et d’autre autour de l’autel.

Saint Odilon

Fête saint : 02 Janvier
Saint Odilon
Présentation
Titre : 5e abbé de Cluny
Date : 962-1049
Pape : Jean XII ; Damase II
Empereur : Othon Ier, II, et III

A cette dévotion envers Dieu répondait une affection singulière pour la sainte Vierge. N’étant pas encore religieux, il s’offrit à elle la corde au cou, au pied d’un autel qui lui était dédié, pour être son serviteur perpétuel. Lorsqu’on chantait au chœur ce verset du Te Deum : Tu ad liberandum suscepturus hominem non horruisti virginis uterum, « Seigneur Jésus, devant vous revêtir de la chair humaine, vous n’avez pas dédaigné le sein d’une vierge », il entrait dans un si grand sentiment de respect pour elle, qu’il ne pouvait s’empêcher de se prosterner jusqu’à terre, et toutes les fois qu’il prononçait ou entendait prononcer le nom de Marie, il ressentait une joie extrême et faisait une profonde révérence. Il s’efforçait surtout de lui plaire par l’amour de la pureté, et cette vertu était si profondément entrée dans son cœur que dans une extrême vieillesse il montrait encore la circonspection et la pudeur d’une jeune vierge ; on l’appelait même la vierge de cent ans, Vigo centenarius.

Il entre à Cluny

Nous ne savons rien de particulier sur sa jeunesse, sinon qu’il la passa dans l’étude des sciences et dans la pratique de la piété. A l’âge de 26 ans, il reçut la tonsure cléricale dans l’église de Saint-Julien, à Brioude, et peu de temps après, il entra dans l’Ordre de Cluny, où il fut reçu par saint Mayeul qui en était le troisième abbé, ou le quatrième en comptant Bernon, son fondateur, et premier abbé de Guiniac (990). Il y a des arbres qui ne portent des fruits que longtemps après qu’ils sont plantés ; mais saint Odilon on porta d’abord de si excellents et en une telle abondance, qu’il était tout ensemble un sujet d’étonnement et un parfait modèle de vertu pour tout ce grand monastère. Aussi saint Mayeul le choisit-il pour son coadjuteur en 991, quoique le jeune profès n’eut encore que vingt-neuf ans.

Il en devient abbé

Trois ans encore après, le saint abbé étant tombé malade à Souvigny-en-Bourbonnais, ne fit point difficulté de le désigner pour son successeur. Les religieux de Cluny souscrivirent bien volontiers à ce choix de leur saint Père ; de sorte que le jeune Odilon, après avoir été élu canoniquement et ordonné prêtre par Leutalde, archevêque de Besançon, fut mis, malgré toutes ses résistances, sur cette chaire abbatiale qui était chef de tout l’Ordre. On n’avait pas espéré en vain que son gouvernement serait heureux ; à peine fut-il élevé sur ce chandelier, qu’il répandit de tous côtés une admirable lumière.

Il fait prospérer l'Ordre

Il agrandit merveilleusement ce saint Ordre dont il était l’abbé général ; il bâtit de nouveaux couvents ; il rétablit les anciens que la misère des guerres ou d’autres accidents avaient ruinés. Il perfectionna ceux qui étaient les plus florissants, et surtout celui de Cluny dont il embellit l’église, augmenta les édifices et relit le cloître tout à neuf, y mettant des colonnes de marbre au lieu de celles de bois qui y étaient auparavant. Enfin, il assembla grand nombre de saints religieux qui rendirent sa congrégation très-illustre par tout le monde.

Sa dévotion envers le saint sacrifice de la messe

Cette sollicitude pastorale était soutenue de toutes les vertus ; il avait une dévotion si constante que, dans les cinquante-six ans qu’il fut prêtre et abbé, à peine passa-t-il un seul jour sans offrir le très-auguste sacrifice de la messe, quoique la multitude de ses affaires, l’incommodité de ses voyages et les douleurs aiguës dont il était souvent tourmenté, semblassent rendre cette grande régularité presque impossible. Aussi, étant au lit de la mort et voulant savoir le nombre de messes qu’il avait célébrées, il n’en fit faire le compte que sur celui des jours qui s’ôtaient écoulés depuis le temps de son ordination.

Pierre le Vénérable et les moines
Pierre le Vénérable et les moines
Blason de l'abbaye de Cluny.
Blason de l'abbaye de Cluny.

Ses exercices de piété

Il était très-assidu à la lecture des livres divins, à la psalmodie et à l’oraison mentale, et il faisait ses exercices avec tant d’ardeur et de piété, que souvent il les accompagnait de soupirs, de gémissements et d’une grande abondance de larmes. Son sommeil même ne se passait pas sans prier ; il s’endormait en récitant des psaumes et des cantiques spirituels, et il les continuait toujours comme s’il eût été éveillé.

Son affection pour la sainte Vierge

A cette dévotion envers Dieu répondait une affection singulière pour la sainte Vierge. N’étant pas encore religieux, il s’offrit à elle la corde au cou, au pied d’un autel qui lui était dédié, pour être son serviteur perpétuel. Lorsqu’on chantait au chœur ce verset du Te Deum : Tu ad liberandum suscepturus hominem non horruisti virginis uterum, « Seigneur Jésus, devant vous revêtir de la chair humaine, vous n’avez pas dédaigné le sein d’une vierge », il entrait dans un si grand sentiment de respect pour elle, qu’il ne pouvait s’empêcher de se prosterner jusqu’à terre, et toutes les fois qu’il prononçait ou entendait prononcer le nom de Marie, il ressentait une joie extrême et faisait une profonde révérence. Il s’efforçait surtout de lui plaire par l’amour de la pureté, et cette vertu était si profondément entrée dans son cœur que dans une extrême vieillesse il montrait encore la circonspection et la pudeur d’une jeune vierge ; on l’appelait même la vierge de cent ans, Vigo centenarius.

Sa charité

Sa charité et sa miséricorde pour le prochain étaient merveilleuses : il était l’œil des aveugles, le pied des boiteux, la consolation îles affligés, l’espérance des malheureux, la richesse des pauvres et la nourriture de ceux qui souffraient de la faim.

Les aumônes de saint Odilon

II donnait quelquefois l’aumône avec tant de profusion qu’il semblait plutôt être prodigue que libéral, et lorsqu’on lui en faisait quelque remontrance, il disait qu’il aimait mieux être jugé avec miséricorde pour avoir un peu excédé dans la miséricorde, que d’être jugé sans pitié pour n’avoir pas eu pitié des calamités du prochain.

La famine de 1030

Une des plus cruelles famines dont l’histoire fasse mention désolait alors le royaume de France. Elle commença l’an 1030 et dura trois ans, pendant lesquels des pluies presque continuelles empêchèrent les moissons et les autres fruits de la terre de parvenir à maturité. Ce qu’il y eut, à cette époque, de misères et d’atroces souffrances serait chose difficile à dire. L’Église fut alors la Providence des malheureux affamés. Le monastère de Cluny était un des plus riches du monde chrétien ; saint Odilon le rendit pauvre pour soulager la misère publique. Pour la subsistance de ses religieux, il se reposait sur les soins de la Providence ; mais pour celle des pauvres, il croyait qu’il fallait d’abord y employer les biens de son monastère. Sa libéralité était si grande qu’on l’accusa de profusion : reproche qui dans de telles circonstances est un véritable éloge. Quand le saint abbé eut épuisé les provisions de son monastère, il vendit les calices, les vases sacrés et les ornements précieux de son église, et n’épargna pas même la couronne d’or que l’empereur saint Henri avait donnée à Saint-Pierre de Cluny.

Carte des fiefs du royaume en 1030.
Carte des fiefs du royaume en 1030.

Traits de sa miséricorde

Comme malgré cela ses revenus et ses trésors étaient trop modiques pour soulager la misère de tous les pauvres, il allait de ville en ville et de château en château, afin d’exciter les princes, les seigneurs et les personnes riches, tant ecclésiastiques que laïques, à ouvrir leurs bourses pour soulager les nécessités pressantes de tant de misérables. On assure qu’il a préservé, par ce moyen, plusieurs milliers de personnes d’une mort cruelle, où la lamine les aurait précipitées. Un jour, allant de Saint-Denis à Paris, il rencontra sur le grand chemin deux enfants morts de faim et de froid, qui étaient exposés à la vue des passants : un objet si tragique le remplit de douleur et de compassion ; il descendit de cheval, et se dépouillant de la chemise de serge qu’il portait, il les enveloppa de ses propres mains, et, ayant loué des fossoyeurs pour les enterrer, il les conduisit lui-même à la sépulture. Qui peut douter qu’il n’ait égalé, par cette action, celle qui a rendu saint Martin si célèbre et si glorieux dans toute l’Église ? Une autre fois, un lépreux l’ayant fait supplier de le venir visiter, le Saint non-seulement vint le voir, mais l’embrassa, et s’entretint longtemps avec lui, sans qu’une maladie si infecte fût capable de lui donner de l’horreur.

Elle le porte à faire des miracles

Cette grande miséricorde, dont son cœur était rempli, le portait mémo quelquefois à faire des miracles en faveur de ceux qu’il voyait dans la misère. Il rendit la vue au fils de l’un de ses fermiers, qui était aveugle de naissance ; il guérit un novice de son monastère de Paternac, qui était cruellement affligé des écrouelles ; dans un autre de ses monastères, qui était sur le mont Jura, il délivra un enfant, nommé Gérard, qui tombait souvent du haut mal, en le faisant communier à sa messe et en lui donnant à boire, dans le calice de saint Mayeul, de l’eau sanctifiée par sa bénédiction ; un homme noble ayant été dangereusement blessé à l’œil par un éclat de bois, et y souffrant de grandes douleurs, il le guérit à l’aide du signe de la croix ; il secourut, par le même signe, un ecclésiastique de Tours qui avait le charbon au bras ; enfin il rendit l’intelligence à un gentilhomme que la folie portait à de si grands excès, qu’abandonnant sa maison, il courait sans pudeur et jetait des cris horribles dans la campagne.

Autres prodiges

Ainsi, il puisait incessamment dans le fonds de Dieu et dans le trésor infini de sa puissance, pour soulager toutes sortes de nécessiteux, et pour contenter les inclinations de sa charité. Notre-Seigneur, de son côté, faisait souvent d’autres prodiges pour récompenser cette charité et pour faire voir combien elle lui était agréable. Un jour que le Saint passait par un de ses monastères appelé Saint-Martin, il y fut visité par un grand nombre de religieux qui venaient se retremper dans l’onction spirituelle dont ses entretiens étaient toujours remplis. Sa charité l’obligea de les retenir le soir avec lui et de leur faire servir le poisson qu’on lui avait destiné ; mais quoiqu’il y en eût fort peu, néanmoins tous en furent pleinement rassasiés, et il en resta encore abondamment pour les domestiques et pour les pauvres. Une autre fois, il avait fait distribuer à de pauvres voyageurs tout le vin que l’on portait pour sa réfection et celle de sa compagnie ; lorsqu’ensuite on se mit à table, on trouva les vaisseaux aussi pleins de vin que si l’on n’y eût point touché. Cette multiplication ou reproduction du vin est encore arrivée en d’autres occasions.

Les âmes du purgatoire

Il est temps de parler de ce qui a le plus brillé dans la charité de saint Odilon, et de ce qui l’a rendu plus célèbre et plus glorieux dans toute l’Église, je veux dire de son zèle pour le soulagement et la délivrance des âmes du purgatoire. La pratique de prier pour elles a été en usage dès le temps de la loi écrite, comme il est aisé de le voir dans l’histoire des Machabées. Nous apprenons aussi, par les saints Pères et les anciennes liturgies, qu’elle a toujours été très-religieusement observée depuis le temps des Apôtres ; mais il n’y avait point de jour, dans le cours de l’année, qui lui fût particulièrement affecté. Saint Odilon fut le premier qui fit ce pieux établissement. Il avait eu grand soin, dès les premières années de sa prélature, de faire faire, dans son Ordre, beaucoup de prières, de jeûnes et d’aumônes, d’offrir souvent, et de faire offrir le sacrifice non sanglant du corps et du sang de Jésus-Christ, pour ces âmes souffrantes et accablées sous le poids de l’injustice de Dieu. Mais sa compassion pour elles croissant de jour en jour, il voulut les pourvoir, pour les siècles à venir, d’un secours ordinaire et qui ne pût pas si facilement être interrompu. Il fut d’ailleurs excité par des révélations qui furent faites à quelques-uns de ses moines, et en particulier à un saint ermite.

Un religieux français, revenant de Jérusalem, fut jeté par la tempête dans une île voisine de la Sicile, où il fit rencontre d’un ermite qui passait là ses jours dans une austère pénitence, n’ayant pour habitation qu’une caverne. Ce saint reclus le reçut fort charitablement ; et ayant appris qu’il était Français de nation, il demanda des nouvelles de Cluny et de son abbé si célèbre par tout le monde, et lui dit :

« Ici tout près j’ai vu souvent des flammes effroyables et des feux qui semblent être capables de dévorer tout ce pays : ils sortent des abîmes de la terre, élevant avec eux un million d’âmes, qui endurent des tourments insupportables et expient leurs péchés dans cet embrasement. Elles poussent des cris lamentables, au milieu desquels j’ai distingué les horribles hurlements des démons que j’ai vus, sous des figures affreuses, se plaindre avec rage de ce que plusieurs de ces âmes leur sont ravies avant le temps et sont conduites au ciel en triomphe, grâce aux prières, aux sacrifices et aux pénitences de tous les fidèles, et spécialement aux continuelles mortifications, aux sacrifices et aux prières de l’abbé de Cluny et de ses religieux, qui s’emploient à cette œuvre de charité et de ferveur avec plus de zèle que tous les enfants de l’Église ».

Cela dit il exhorta fort le religieux, aussitôt qu’il serait arrivé en France, d’en donner avis à ce bon abbé et de le prier de sa part de continuer et redoubler ses saints exercices, et de porter ses religieux à faire de même pour la gloire de Dieu, pour la délivrance des pauvres âmes du purgatoire, et pour la confusion des démons, qui sont au désespoir lorsqu’on leur ôte le moyen de nuire au genre humain. Le religieux, étant arrivé en France, se rendit promptement à Cluny, où il raconta à saint Odilon ce qu’il avait entendu ; celui-ci en conçut une grande joie et fit prier tous les monastères de sa dépendance de se rendre plus zélés que jamais à ces charitables exercices.

Illustration du purgatoire dans Les Très Riches Heures du duc de Berry.
Illustration du purgatoire dans Les Très Riches Heures du duc de Berry.

Commémoraison de tous les fidèles défunts

C’est alors qu’il établit que, chaque année, le second jour de novembre, qui est le lendemain de la fêle de tous les Saints, on ferait dans les monastères de son obédience la Commémoraison de tous les fidèles défunts, et que ce jour serait entièrement consacré à leur procurer, auprès de Dieu, la rémission de leurs peines et leur entrée bienheureuse dans le royaume des cieux. L’Église universelle a trouvé cette ordonnance si raisonnable, qu’elle se l’est appropriée et qu’elle en a fait une loi pour tous les fidèles, comme il est expressément remarqué dans le Martyrologe romain, au premier jour de janvier. Le pape Benoît VIII fut un des principaux qui ressentirent les effets de cette charitable compassion de notre Saint ; car le bienheureux Pierre Damien, et plusieurs auteurs après lui, racontent que ayant été condamné à un long purgatoire, il en fut délivré par ses suffrages et par ceux de ses enfants spirituels. Ce fait fut révélé à Eldebert, religieux de sainte vie et consommé dans les exercices de la miséricorde envers les pauvres.

Différents traits de sa prudence

Après nous être si fort étendu sur la charité de saint Odilon, il faut dire un mot de ses autres vertus. Sa prudence et sa discrétion étaient si reconnues, que les papes eux-mêmes, les empereurs et les rois, le consultaient comme un oracle et faisaient très-grand cas de ses avis. Avec quelle adresse ne préserva-t-il pas la ville de Pavie, qui lui était très-chère, des meurtres et de l’incendie dont elle était menacée, sous les empereurs Henri et Conrad ! Quelle sagesse ne fit-il pas paraître lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent vers lui pour lui redemander leur roi Casimir, qui s’était réfugié dans son monastère de Cluny, et y avait pris l’habit, fait profession et même reçu jusqu’à l’ordre du diaconat ! Un autre, moins discret que lui, ou leur aurait lâchement accordé ce qu’ils demandaient, vaincu par leurs raisons et par leurs larmes, ou les aurait au contraire désespérés par un refus impitoyable ; mais le Saint sut si bien tempérer toutes choses, qu’il les contenta sans leur rien accorder ; il les renvoya au souverain Pontife, en leur faisant espérer que Sa Sainteté aurait égard au salut de ce grand royaume, qui semblait dépendre du rétablissement de son roi légitime.

Sa justice

Sa justice n’était pas moindre que sa prudence. Il ne faisait jamais aucun tort à personne, mais il était très-exact à rendre à chacun ce qui lui était dû. Il honorait ses supérieurs, il aimait ses égaux, il veillait fort soigneusement sur ses inférieurs. Aussi son historien assure-t-il qu’il était partout considéré et respecté comme un ange. Les travaux continuels auxquels le devoir de sa charge l’obligeait, et mille autres, qu’il entreprenait pour le bien de l’Église et de l’état monastique, et pour le soulagement des peuples, ont souvent fait voir combien son courage et sa patience étaient invincibles. Il en a encore donné de grandes marques dans les maladies aiguës dont il a été tourmenté ; car il n’avait point alors d’autre plainte en la bouche, sinon qu’il ne souffrait pas autant que ses péchés le méritaient.

Sa douceur et son humilité

Il possédait excellemment ces deux vertus que Notre-Seigneur veut que nous apprenions de son exemple, la douceur et l’humilité. Sa douceur était si merveilleuse, que les plus zélés s’en plaignaient quelquefois comme y reconnaissant de l’excès ; mais il leur répondait, d’un esprit tranquille, que, s’il devait être damné, il aimait mieux que ce fût pour avoir été trop doux que pour avoir été dur et cruel.

Il refuse l’archevêché de Lyon

Il n’y avait rien de si humble ni de si modeste que lui. Les honneurs qui lui étaient rendus, soit par let religieux, soit par les abbés, ses confrères, soit par les princes ecclésiastiques ou laïques, lui étaient insupportables. On ne put jamais l’obliger d’accepter l’archevêché de Lyon, quoique tout le clergé et le peuple le demandassent avec beaucoup d’instance, et que le pape Benoît IX l’eût nommé à cette dignité et même lui eût envoyé le pallium et l’anneau pour le forcer à ployer les épaules sous une charge de cette importance.

Étant au mont Cassin, il y fut prié par l’abbé Thibault, qui avait une singulière vénération pour ses mérites, de dire la messe solennelle le jour de saint Benoît : bien loin de se juger digne de cet honneur, il ne voulut pas même prendre la crosse, ou le bâton pastoral, que cet abbé lui présenta comme la marque de sa prélature. Toute la grâce qu’il lui demanda fut qu’on lui permit de baiser humblement les pieds de tous les religieux de sa communauté ; et, Payant enfin obtenue par une sainte importunité, il le fit avec tant d’affection et une si grande démonstration du mépris de lui-même, qu’il remplit d’étonnement tous ceux qui le virent et leur tira les larmes des yeux.

Abbaye du Mont-Cassin
Abbaye du Mont-Cassin

Ses austérités

Quand il voulait opérer quelque guérison miraculeuse, il avait cette adresse, qui ne pouvait venir que d’une humilité consommée : il donnait de l’eau à boire aux malades, dans le calice de saint Mayeul, afin que le miracle ne fût pas attribué à ses mérites, mais à ceux du Saint. Que dirai-je de son austérité et de la rigueur extrême qu’il exerçait contre son corps ? Il dormait fort peu, il portait continuellement un cilice, il se serrait de temps en temps les membres avec des liens de fer qui lui causaient des douleurs insupportables, il s’exténuait par de très-longs jeûnes, et, quoiqu’il se trouvât ordinairement au réfectoire avec ses religieux et que, pour éviter la singularité, il y mangeât de ce qui lui était servi, néanmoins il en mangeait en si petite quantité, qu’il irritait son appétit au lieu de le rassasier.

Estime générale qu’il inspirait

Cette réunion admirable de toutes les vertus le faisait aimer de tout le monde. Il fut extrêmement cher aux papes, aux empereurs et aux rois qui régnèrent de son temps, et principalement au pape Clément II, aux empereurs saint Henri et Henri III, à notre très-pieux roi Robert, fils de Hugues-Capet, à Henri Ier, de France, à saint Etienne, roi de Hongrie, et à Sanche le Grand, roi d’Espagne. En quelque lieu qu’il allât, soit en France, soit en Italie, il y était reçu avec une joie et un applaudissement général ; et il s’assemblait autour de lui un si grand nombre de religieux, que le B. Fulbert, évêque de Chartres, l’appelait pour cela l’Archange des religieux.

Merveilles que Dieu opère en sa faveur

Cette affection des hommes n’était qu’une marque qu’il était parfaitement chéri de Dieu. Il n’en faut point d’autre preuve que les grands prodiges que la bonté divine opérait souvent en sa faveur. Un jour, notre Saint étant dans son monastère d’Orval, voulut jeûner au pain et à l’eau ; il prit donc un morceau de pain qu’il couvrit de cendres, et commanda au frère de lui servir de l’eau. Le frère lui obéit, et lui en apporta. Mais Dieu, qui se contentait de sa bonne volonté, changea cette eau en vin. Il s’en plaignit, fit verser le vin et renvoya quérir de l’eau. Le religieux y retourna pour le satisfaire, quoiqu’il sût qu’il n’avait, la première fois, apporté que de l’eau. Mais cette obéissance ne servit qu’à redoubler le miracle ; car l’eau fut encore changée en vin, et ce saint abbé reconnut par là la tendresse et la magnificence de Dieu à son endroit. Deux fois des voleurs lui ayant dérobé ce qui lui appartenait, furent contraints de le rendre, n’ayant jamais pu s’en défaire, ni en trouver de l’argent, quoiqu’ils l’eussent exposé en vente parmi d’autres marchandises, et laissé à fort bon marché. Une nuit, on avait voulu lui prendre son cheval ; mais le voleur et le cheval demeurèrent immobiles à la porte de l’abbé. Au point du jour, le malfaiteur, surpris dans cotte embarrassante attitude par Odilon lui-même, tremblait d’être gravement puni.

« Mon ami, lui dit le saint abbé avec une douce et indulgente ironie, il n’est pas juste que vous ayez ainsi perdu toute une nuit à garder mon cheval ».

Et il jeta quelques pièces de monnaie au larron confus et repentant. Deux fois il passa sûrement et sans incommodité, avec sa compagnie, des rivières débordées, et où l’on ne pouvait entrer sans un danger évident de naufrage. Et, ce qui est plus admirable, la seconde fois, ses souliers n’en furent pas même mouillés. Son bagage étant un jour tombé à l’eau, ses vêtements, que l’on pouvait sécher, furent tout trompés ; mais pour ses livres, ils demeurèrent aussi secs que si cet accident n’était point arrivé. Il reçut une autre fois de la Providence une protection presque semblable ; car son Missel, écrit en lettres d’or, et quelques vases de cristal qu’il faisait porter, étant tombés dans les précipices du mont Jura, on les trouva le lendemain aussi entiers et aussi beaux que s’ils avaient été conservés soigneusement dans une chambre. Enfin, il ne faut pas omettre une merveille très- authentique arrivée à Pavie : c’est que l’empereur saint Henri, ayant envoyé au Saint un vase do grand prix et d’une fabrication parfaite, ses religieux, le prenant l’un après l’autre pour en considérer l’artifice, le laissèrent tomber et le cassèrent. L’homme de Dieu en eut de la peine, appréhendant que l’empereur n’en rejetât la faute sur ceux qui le lui avaient apporté. Il alla à l’église, y fit sa prière et commanda qu’on lui apportât le vase. On en ramassa donc les morceaux, et les ayant bien rejoints, on les lui apporta en cet état. Il le prit, mais au lieu de le trouver cassé, comme il était auparavant, il le trouva sain et entier. Alors, voulant par humilité cacher ce miracle, il reprit sévèrement ses religieux, comme lui ayant dit une fausseté ; mais ceux qui savaient la vérité de la chose furent remplis d’étonnement et glorifièrent Dieu qui est admirable dans ses Saints.

Vue d'ensemble de la nouvelle abbaye d'Orval (cour intérieure).
Vue d'ensemble de la nouvelle abbaye d'Orval (cour intérieure).

Sentant sa fin approcher, il se rend à Rome

Une vie si sainte et si merveilleuse ne pouvait pas manquer d’être couronnée par une belle mort. Avant qu’elle arrivât, saint Odilon fut tourmenté pendant cinq ans de très-graves maladies et tomba dans une grande langueur. Se croyant proche de sa fin, il voulut rendre ses derniers devoirs aux tombeaux des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, et alla pour cela à Rome. Le pape Damase II, qui fut élu vers ce temps-là (1048), lui donna des témoignages d’une parfaite amitié et s’entretint souvent avec lui. Tout ce qu’il y avait de plus considérable à Rome lui rendit visite, et surtout Laurent, archevêque d’Amalfi, illustre par sa science et par sa piété, qui contracta une étroite amitié avec lui.

Retour en France

Il désirait achever sa carrière en cette grande ville, sous la protection des saints Apôtres ; mais Dieu lui ayant renvoyé la santé, après un séjour de quatre mois, il se crut obligé de revenir en France, en son abbaye de Cluny. Il y passa encore près d’un an, dans une oraison continuelle et dans une austérité extraordinaire, pour se mieux préparer à la mort. Ensuite, se sentant un peu de vigueur, il entreprit de faire une dernière fois la visite de ses monastères, se persuadant qu’il ne pouvait finir plus glorieusement ses jours que dans l’exercice de sa charge. Étant arrivé à Souvigny, en Bourbonnais (aujourd’hui département de l’Ailier, à 4 km sud-ouest de Moulins), où nous avons déjà dit que saint Mayeul, son prédécesseur, était décédé, il prêchait au peuple les mystères de l’avènement et de la naissance temporelle de Notre-Seigneur, dont la fête était proche, lorsqu’il sentit se renouveler ses anciennes douleurs.

Il prédit l’heure de sa mort

Il prédit alors qu’il mourrait vers la fête de la Circoncision, ce que l’événement justifia ; car la nuit même de cette fête, après avoir reçu tous les sacrements que l’Église confère à l’heure de la mort, et baigné son lit des larmes d’une sainte componction, il remit tranquillement son âme entre les mains de son Dieu.

Il triomphe du démon

La pureté admirable de sa vie, jointe à ses admirables pénitences, n’empêcha pas le démon de se présenter à lui au temps de son agonie, avec une figure effroyable, pour l’épouvanter et le porter au péché. Mais le Saint, fortifié par la grâce de Dieu à qui il avait toujours été fidèle, repoussa ce monstre si vigoureusement, qu’il le contraignit de disparaître.

Il meurt à Souvigny

Sa mort arriva le premier jour de l’an 1049 ou (selon quelques-uns, qui croient qu’il mourut avant minuit) le dernier jour de l’année 1048. Il était âgé de quatre-vingt-sept ans, dont il avait passé vingt-six dans le monde, cinq dans le cloître avant d’être abbé, et cinquante-six dans la charge d’abbé.

Il apparaît à plusieurs personnes

Il apparut la nuit même de sa sépulture à un religieux nommé Grégoire, et, le Carême suivant, à un vertueux ecclésiastique nommé Albéron, et leur révéla son bonheur.

Culte et reliques

Son corps, après être demeuré près de trois cents ans dans le tombeau, en fut enlevé, avec beaucoup de solennité, le 21 juin de l’an 1343, par Roger-le-Fort, archevêque de Bourges, avec la permission de Clément VI, en présence de deux autres évêques et de plusieurs abbés, prieurs et autres personnages ecclésiastiques ; et, ayant été mis dans une châsse, il fut placé fort honorablement dans l’église du prieuré de Souvigny. Une première translation avait eu lieu sous le pontificat d’Urbain II qui avait été moine de Cluny ; on en célébrait la fête le 13 novembre. On faisait aussi une commémoraison annuelle de la découverte de son corps le 13 mai, et une autre de la réception de son chef, le 19 avril. Toutes ces fêtes prouvent combien était célèbre le culte de saint Odilon. Avant le pillage des Calvinistes, on voyait dans l’église de Cluny la statue en vermeil de notre saint abbé ; elle portait une mitre enrichie de saphirs ; au pied de la statue, quatre anges d’argent étaient assis sur un escabeau soutenu par quatre lions de môme métal.

Les reliques de saint Odilon ont été brûlées en 1793, avec tous les riches ornements et toutes les précieuses reliques que renfermait le trésor du prieure de Souvigny. On voit encore dans l’église deux espèces de châsses ou armoires en pierre d’Apremont richement sculptées. C’est un petit monument du XVe siècle. Les portraits de deux grands saints, Mayeul et Odilon, sont peints sur les panneaux des deux portes ; mais le reliquaire est complètement vide. Le nom de saint Odilon est encore en vénération dans la paroisse de Souvigny ; il l’est beaucoup moins cependant que celui de saint Mayeul, son prédécesseur.

Le prieuré de Souvigny subsiste encore en très-grande partie ; mais il est devenu une habitation particulière qui se dégrade malheureusement tous les jours. L’appartement du prieur, séparé entièrement de celui des moines, est en meilleur état de conservation. Le magnifique enclos attenant au prieuré et au monastère a été coupé par une route depuis environ dix ans.

On possède encore la belle église prieuriale, devenue église paroissiale depuis la restauration du culte. C’est, malgré les mutilations subies en 1793, le monument le plus beau et le plus complet du Bourbonnais. Ses vastes dimensions, la variété de ses genres d’architecture, la sévérité du style romandes bas-côtés, la richesse de ses chapelles ogivales qui renferment le tombeau des ducs de Bourbon, la beauté du sanctuaire, en font la merveille de la province. Elle a besoin d’une prompte restauration pour la sauver d’une ruine imminente. Nous apprenons avec plaisir qu’on va satisfaire sur ce point le vœu de tous les amis de l’art.

Saint Odilon était maigre et pâle, ses cheveux étaient gris ; mais ses yeux avaient un éclat prodigieux, presque terrible. Le son de sa voix vibrait comme une cloche lointaine appelant les fidèles à la prière ; et ses paroles, à la fois douces et fortes, pénétraient tous les cœurs. Ainsi qu’une lampe d’or éternellement suspendue devant le tabernacle du Seigneur, son esprit s’élevait perpétuellement vers Dieu, source inépuisable de vérité. Il pouvait dire avec le sublime auteur du Cantique des Cantiques ;

« Je sommeille, mais mon cœur veille pour vous ! »

En effet, il lui arrivait quelquefois, pendant la nuit, de s’endormir en récitant les psaumes, mais il n’en continuait pas moins à prier ou à chanter tout en dormant ; puis, à son réveil, il achevait le psaume commencé, comme s’il n’y avait eu aucune interruption.

Iconographie

Voici comment on représente le plus généralement saint Odilon : Les âmes du purgatoire lui apparaissent pendant la messe pour le remercier d’avoir établi la commémoraison des morts. La même idée de secours aux défunts est aussi rappelée par un crâne évidé sur lequel il fixe les yeux, comme en songeant à l’oubli auquel sont inévitablement voués les morts quelque temps après leur décès ; par un catafalque devant lequel il célèbre le saint sacrifice ; par une représentation du purgatoire sur lequel il promène de tristes regards.— Souvent, trop souvent dans le cours de cet ouvrage, nous serions obligés, pour être exact, de parler au passé et de dire : on a peint, on a représenté, au lieu de : on peint, on représente, parce qu’un grand nombre de dévotions salutaires et de traditions pieuses sont tombées dans l’oubli. Pour saint Odilon, par exemple, nous n’avons pu découvrir qu’il soit encore honoré quelque part. Aujourd’hui que la dévotion aux âmes du purgatoire semble se ranimer, il serait à désirer que les personnes qui ont cette dévotion à cœur, prissent notre Saint pour modèle et pour intercesseur auprès du trône de Dieu ; il est à supposer qu’un Saint, dont les prières ont été autrefois si efficaces pour les captifs du purgatoire, n’aura rien perdu de son crédit et de sa puissance d’intercession.

Saint Odilon contribua beaucoup, avec le B. Ricard, abbé de Saint-Vannes, de Verdun, à faire recevoir la trêve de Dieu, convention entre les seigneurs par laquelle ils s’engageaient à cesser toute hostilité depuis le mercredi au soir jusqu’au lundi matin, par respect pour les jours où se sont accomplis les derniers mystères de la vie de Jésus-Christ. La première trêve de Dieu lut réglée dans un synode tenu à Elne, dans le Roussillon, en 1027.

Odilon avait succédé à un Saint et il eut un Saint pour successeur : Saint Hugues de Cluny. Il eut aussi d’autres disciples très-illustres, entre lesquels on peut compter Hildebrand, qui fut depuis Souverain Pontife sous le nom de saint Grégoire VII.

Auteur

Mgr Paul Guérin
Les Petits Bollandistes - Vies des Saints - Septième édition - Bloud et Barral - 1876 -
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