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Image sacrée représentant saint Léon le Grand dans un médaillon doré, avec le titre de la neuvaine : « Neuvaine aux Saints Intercesseurs – 9 jours pour prier avec l’Église »
Saint Léon le Grand, premier des Léon et Docteur de l’Église, ouvre cette neuvaine guidée par les saints pour fortifier notre foi.

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Saint Maurice et la Légion Thébaine | Héros du Christ et martyrs d’Agaune

Illustration de Saint Maurice, chef de la Légion Thébaine, brandissant un drapeau avec une croix blanche, entouré de ses soldats en armure romaine. Les montagnes se dressent majestueusement à l'arrière-plan, symbolisant la force et la bravoure de ce saint et de ses compagnons.

Table des matières

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Un détachement militaire chrétien entre Thèbes et l’Empire, appelé Légion thébaine, avait pour chef Maurice, entouré de Exupère, Candide, Victor et d’autres.

  • Refus de participer aux persécutions imposées par l’empereur Maximien, jugées contraires à leur foi chrétienne.

  • Décimations puis massacre intégral : deux décimations successives furent suivies de la mise à mort de l’ensemble des soldats, environ 6666 selon la tradition.

  • Témoignage d’Eucherius de Lyon (c. 450) : il rédige la première Passion, évoquant la découverte des corps par l’évêque Théodore d’Octodurum.

  • Culte et pèlerinage : abbaye fondée en 515 à Agaune (Saint-Maurice-en-Valais), centres de reliques et pèlerinage jusqu’à aujourd’hui.

La Légion du Christ

C’était au temps des empereurs Dioclétien et Maximien, lorsque l’Empire romain, vaste et redoutable, tentait de briser l’essor de la foi chrétienne par les chaînes et par le glaive. Tandis que la pourpre impériale se drapait d’orgueil, un souffle nouveau traversait les peuples : celui de l’Évangile, plus tranchant que l’épée, plus puissant que les armées.

Dans cette époque de fer et de sang, surgit une légion de lumière : la Légion Thébaine. Elle venait d’Égypte, terre antique où l’Église avait fleuri dans le désert. Composée de six mille six cents hommes, elle était formée de chrétiens baptisés, soldats de César mais enfants du Christ. À leur tête, un homme noble de cœur et ferme dans la foi : Maurice, chef valeureux, modèle de loyauté et de piété. Autour de lui, Candide, Exupère, Victor, et d’innombrables compagnons, unis dans l’amour du Seigneur et le service de l’Empire.

Appelés au front pour soutenir Maximien dans ses campagnes contre les peuples insoumis, les Thébains furent conduits jusqu’aux portes des Alpes, à Octodurum, aujourd’hui Martigny, avant de camper dans la plaine d’Agaune. Là, entourés par les sommets et la majesté du Rhône, ils reçurent de l’empereur un ordre impie : persécuter les chrétiens. Eux-mêmes disciples du Christ, ils refusèrent d’être les instruments de cette iniquité. Maurice, intrépide et fervent, déclara que jamais ils ne verseraient le sang de leurs frères.

Le refus glorieux

Maximien entra alors dans une fureur aveugle. Pour châtier ce qu’il appelait rébellion, il ordonna la décimation de la légion : un soldat sur dix fut exécuté. Dans le silence et la prière, les saints martyrs offrirent leur vie, comme un encens agréable au Seigneur. Mais rien ne fit fléchir leur détermination. Une seconde décimation fut décrétée. Le sang coula de nouveau, pur et sacré.

Devant une telle constance, les survivants envoyèrent une lettre à l’empereur. Texte d’une majesté sobre, il confesse la double fidélité du soldat chrétien : « Nous sommes tes soldats, ô empereur, mais nous sommes aussi serviteurs du Dieu vivant. » Ils refusèrent de sacrifier aux idoles, affirmant qu’il valait mieux mourir innocents que vivre coupables.

Maximien, rendu fou par tant de fermeté, fit encercler la légion. Et dans une scène d’une grandeur terrible, la Légion Thébaine fut entièrement massacrée. Pas une plainte, pas une révolte : les saints déposèrent les armes, tendirent le cou, et furent moissonnés comme froment mûr pour le Royaume. Ils s’endormirent dans le Seigneur, en martyrs pacifiques.

Le témoignage d’Eucher de Lyon

Cent cinquante ans plus tard, vers l’an 450, Eucher, évêque de Lyon, recueille avec soin les récits transmis par l’évêque Isaac de Genève, disciple de Théodore d’Octodurum. Ce dernier, guidé par une révélation céleste, retrouva les corps sacrés des martyrs et fit élever une basilique sur les lieux mêmes de leur martyre.

Eucher compose alors une Passion célèbre, récit vibrant d’un des plus nobles sacrifices de l’antiquité chrétienne. Ce texte, relayé par les Bollandistes et nombre d’hagiographes, fonde le culte durable de Maurice et de ses compagnons.

Fondation du sanctuaire d’Agaune

En 515, le roi burgonde saint Sigismond fonde une abbaye sur le lieu saint. Ce monastère devient un phare spirituel pour toute la chrétienté. Les reliques de Maurice, Candide, Exupère, Victor et d’autres sont vénérées dans une grande châsse d’argent, ornée de pierres précieuses. On y conserve aussi du sang des martyrs, des fragments de leurs os, des bustes sacrés.

Au fil des siècles, les pèlerinages se multiplient. Les fidèles affluent d’Helvétie, de Bourgogne, de Germanie. Charlemagne lui-même y envoie des présents. L’abbaye de Saint-Maurice-en-Valais devient un centre liturgique et militaire, où la prière et l’honneur s’unissent.

Une iconographie sacrée

Saint Maurice est souvent représenté en chevalier romain, cuirassé, auréolé, tenant la croix ou l’épée. Il incarne la bravoure sanctifiée, l’obéissance à Dieu au-dessus des puissances terrestres. Ses compagnons l’entourent, dans une fraternité d’âmes fidèles. On le voit dans les vitraux de Strasbourg, les estampes parisiennes, les fresques suisses. Le rouge de son manteau rappelle le sang du martyre, l’or de sa ceinture la gloire céleste.

Intercesseur des soldats

Patron des militaires, Saint Maurice est invoqué dans les batailles justes, aux côtés de saint Georges. Il est aussi protecteur des âmes fortes, des consciences droites, des chrétiens appelés à choisir entre Dieu et le monde.

Son exemple nous enseigne que l’honneur véritable est dans la fidélité à Dieu, que le courage du cœur l’emporte sur la violence des armes, et que la vie perdue pour le Christ est retrouvée en gloire éternelle.

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Gloire aux martyrs d’Agaune : reliques, révélations et miracles

Les corps des bienheureux martyrs d’Agaune furent découverts par révélation divine à saint Théodore, évêque de Sion en Valais. Saisi d’un saint zèle, l’évêque fit aussitôt élever en leur honneur une basilique, adossée d’un côté à un gigantesque rocher, comme pour signifier l’inébranlable fidélité de ces soldats du Christ.

Or, pendant la construction de cet édifice sacré, il advint un miracle éclatant qu’il ne convient pas de taire. Parmi les ouvriers appelés par l’évêque pour œuvrer à ce chantier béni, se trouvait un homme encore païen. Un dimanche, tandis que les autres s’étaient abstenus de tout labeur en l’honneur du Jour du Seigneur, cet homme, seul, persista dans son travail. Soudain, une vision céleste le saisit : les saints Martyrs, tout resplendissants de lumière, l’enveloppèrent et le frappèrent de leur présence. Il fut étendu à terre, puni pour avoir profané le dimanche et osé, en tant que gentil, travailler à la maison de Dieu. Mais cette correction fut un bienfait : bouleversé jusqu’au fond de l’âme, il demanda aussitôt le baptême, et reçut la grâce de devenir chrétien.

Parmi les signes éclatants de la puissance de ces glorieux témoins du Christ, un autre fait frappa les esprits. Une noble dame, épouse du distingué Quincius, était atteinte d’une paralysie qui lui avait ôté l’usage de ses pieds. Malgré la longue route, elle pria son mari de la faire porter à Agaune. Là, ses serviteurs la déposèrent dans la basilique, devant les reliques des Martyrs. À la stupeur de tous, elle ressortit de l’église marchant seule, parfaitement guérie. Ce miracle, éclatant et manifeste, résonne encore dans les annales de la piété chrétienne.

À ces récits, rapportés par saint Eucher, il faut joindre l’expérience bouleversante vécue par saint Martin de Tours. Mû d’une profonde vénération envers les Martyrs d’Agaune, il se rendit en pèlerin jusqu’au lieu de leur supplice. N’ayant pu obtenir de reliques auprès des moines qui les conservaient, il se rendit sur le lieu même du martyre. Là, en prière fervente, il prit un couteau et découpa un cercle de terre… Et soudain, miracle ineffable ! Il vit jaillir du sang en abondance. Il le recueillit dans un vase, en laissa une partie à Agaune avec le couteau, et emporta le reste à Tours. Ce sang fut ensuite distribué à plusieurs églises, notamment à sa cathédrale et à celle d’Angers. Une petite fiole fut conservée par saint Martin lui-même, qu’il porta jusqu’à sa mort, et avec laquelle il voulut être enseveli.

Ces merveilles, parmi tant d’autres, confirment la faveur divine attachée à ces valeureux soldats du Christ.

Les reliques de saint Maurice et de la Légion Thébaine

Les saintes reliques conservées dans l’abbatiale de Saint-Maurice d’Agaune forment un trésor inestimable de foi et d’histoire sacrée. On y vénère notamment :

  1. Une grande châsse plaquée en argent, ornée de nombreuses pierres précieuses, renfermant plusieurs parties du corps de saint Maurice.

  2. Deux bustes reliquaires :
      – L’un en argent, contenant la tête de saint Candide, lieutenant fidèle de saint Maurice.
      – L’autre en argent doré, surmonté des armes de la maison de Savoie, conservant la tête de saint Victor, vétéran romain martyrisé avec la légion.

  3. Une statue équestre en argent (50 cm), représentant saint Maurice dans sa dignité militaire et spirituelle.

  4. Deux bras en argent enrichis de pierres précieuses :
      – L’un renfermant une côte et un ossement de saint Bernard de Menthon.
      – L’autre contenant les reliques de saint Innocent, martyr thébéen.

  5. Deux châsses plaquées argent, plus petites que celle de saint Maurice :
      – L’une contenant des ossements de martyrs thébéens.
      – L’autre, les reliques des enfants de saint Sigismond, patron de la paroisse.

  6. Deux coupes en argent renfermant des reliques :
      – De saint Séverin, premier abbé de Saint-Maurice.
      – De martyrs thébéens et de saint François de Sales.

  7. Un vase d’agathe taillé d’une seule pièce, don de Charlemagne, chef-d’œuvre grec de l’ère païenne, contenant de la terre imbibée du sang des martyrs thébéens.

  8. Une aiguière en émail sur or, travail arabe orné de superbes saphirs, également don de Charlemagne, contenant elle aussi le sang des martyrs.

  9. L’anneau de saint Maurice, authentique anneau de chevalier romain du IIIe ou IVe siècle, formé d’un saphir brut monté sur or.

  10. Un reliquaire contenant cent vingt-sept dents de martyrs thébéens, et un autre renfermant des reliques du chef de la légion.

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Photographie du vitrail de l’Annonciation, basilique du Sacré-Cœur de Bourg-en-Bresse, prise par Emmanuel Mathiss.
Le vitrail de l’Annonciation, capturé à la basilique du Sacré-Cœur de Bourg-en-Bresse par Emmanuel Mathiss – Une œuvre de lumière et de prière.

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