La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Hagiographie

Saint Léon, surnommé le Grand, naquit à Rome, d’une des premières familles de Toscane, vers la fin du IVe siècle. La pénétration de son esprit et la maturité de son jugement se manifestèrent par les rapides progrès qu’il fit dans ses études. Il acquit une grande connaissance de toutes les parties de la littérature, et surtout de l’éloquence. Il était trop éclairé pour s’en tenir là ; il ne regarda les sciences profanes que comme un préliminaire à l’étude de la théologie et des livres saints. Étant entré dans l’état ecclésiastique, il prit une grande part aux allaires sous les papes Célestin Ier et Sixte III. Ce dernier étant mort en 440, Léon fut élu pape avec un applaudissement universel. Rien de plus édifiant que les dispositions d’humilité et de crainte avec lesquelles il se soumit à ce pesant fardeau. Les temps étaient orageux ; mais il n’y vit qu’un motif de plus pour se déclarer contre le vice et l’erreur. Il s’appliqua, avec toute la sollicitude d’un bon pasteur, à instruire et à corriger son peuple. Puis, étendant sa vigilance sur l’Église entière, il combattit victorieusement toutes les hérésies de son temps. Ce fut à l’occasion de celle d’Eutichés qu’il écrivit à Flavien sa fameuse lettre sur l’Incarnation. Aussi zélé pour le bien de l’empire que pour celui de la religion, il désarma successivement, par ses prières, Attila et Genséric, et préserva Rome d’une ruine totale. Ce grand pape mourut en 461.

Comment avance-t-on devant Dieu ? Les avantages naturels ou acquis ne mettent aux yeux de Dieu aucune différence entre les hommes. Plus on est humble, plus on est grand ; plus on est pauvre d’esprit, plus on est riche. Notre progrès dans cette pauvreté d’esprit sera la mesure de la part que nous aurons à la distribution de la grâce et des dons célestes

Lettre de saint Léon à saint Flavien de Constantinople

Comme il est probable que tous nos lecteurs ne possèdent pas, soit une histoire universelle de l’Église, soit un grand cours de théologie, soit les œuvres de saint Léon, et qu’il serait malheu­reux qu’un seul demeurât privé de la lecture de ces sublimes pages de l’antiquité chrétienne, nous allons en reproduire toute la partie théologique :

« Le cœur de ce vieillard (Eutychès) n’a pas entendu ce que la voix de ceux qui se préparent au baptême proclame dans le monde entier. Ne sachant pas ce qu’il devait penser de l’Incarnation du Verbe de Dieu, et pour acquérir la lumière nécessaire, ne voulant pas explorer le vaste do­maine des saintes Écritures, il aurait au moins dû prêter l’oreille à la confession que tous les fidèles prononcent d’une voix unanime, disant qu’ils croient en Dieu, le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ, son fils unique, engendré par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie. Par ces trois articles, presque toutes les inventions des hérétiques sont anéanties. Car puisque l’on croit en un Dieu tout-puissant et Père, on atteste en même temps par là que le Fils est coéternel avec lui, qu’il ne diffère en rien du Père, puisqu’il est Dieu de Dieu, tout-puissant du tout-puissant, coéternel, né de l’Éternel. Pas plus tard dans le temps, sans être moindre en puissance, ni différent en gloire, ni divisé quant a la substance, c’est le même Fils éternel du Père éternel, qui est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie. Cette génération temporelle n’a point diminué sa géné­ration éternelle et n’y a non plus rien ajouté ; mais elle a été employée tout entière pour la répa­ration de l’homme déchu, afin qu’il pût vaincre la mort et triompher du démon, qui avait le pou­voir de la mort. Car nous ne pouvions pas soumettre l’auteur du péché et de la mort, si celui que le péché ne peut souiller et que la mort ne peut enchaîner, n’eût pris notre nature et ne l’eût faite sienne.

Puis, il continue :

« Si l’on objecte que la Conception de Jésus-Christ ayant été l’œuvre du Saint-Esprit, sa nais­sance n’a pas été purement humaine, il faut répondre que l’on ne doit pas conclure de là que le caractère nouveau de cette création ait rien ôté au caractère distinctif de la nature. Le Saint-Esprit a donné la fécondité à une Vierge, mais la réalité du corps a été prise du corps de cette Vierge, et dans cette maison qu’il s’était construite, le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous, c’est-à-dire dans la chair qu’il avait prise de l’homme et qu’il avait remplie de l’esprit de vie intelligente. C’est ainsi que chaque nature et chaque substance ayant conservé intactes ses propriétés distinctives, mais s’étant réunies pour ne former qu’une seule personne, l’humilité a été adoptée par la majesté, la faiblesse par la force, la mortalité par l’éternité ; et pour effacer le crime de notre race, la nature invulnérable s’est unie à celle qui pouvait souffrir, afin que, sui­vant qu’il était nécessaire pour notre salut, le même médiateur, Dieu et homme, Jésus-Christ, pût mourir comme homme et rester éternel comme Dieu. C’est ainsi que dans la nature entière et parfaite du véritable homme le vrai Dieu est né, tout entier dans la sienne, tout entier dans la nôtre. Or, la nôtre est celle dans laquelle le Créateur nous avait d’abord formés, et qu’il s’est chargé de rétablir. Car, dans le Rédempteur, on ne voit aucune trace du mal apporté par le trom­peur et du mal accepté par l’homme trompé. Et de même, quoique Jésus-Christ ait pris sur lui la communauté des faiblesses, il n’a aucune part à nos fautes. Il a pris la forme de la servitude sans la souillure du péché, il a rehaussé l’humanité sans rabaisser la divinité, parce que l’abaissement au moyen duquel l’invisible s’est rendu visible, par lequel le créateur et Seigneur de toutes choses a voulu devenir un des mortels, a été l’effet de son penchant pour la miséricorde et non point une diminution de sa puissance. Celui-là même qui restait dans la forme de Dieu a fait l’homme, est devenu homme lui-même, sous la forme de l’esclave. Le Fils de Dieu entré dans ce monde en descendant de son trône céleste, mais sans abandonner la gloire de son Père, est donc né d’une nouvelle naissance dans un nouvel ordre de choses. Nous disons dans un nouvel ordre de choses, car Celui qui, dans le sien, est invisible, est devenu visible dans le nôtre ; l’incompréhensible a voulu être compris. Celui qui était avant tous les temps a commencé à exister dans le temps ; le Seigneur de l’univers, en voilant sa majesté, a pris la forme des esclaves ; le Dieu impassible n’a pas dédaigné de devenir un homme passible, et l’immortel de s’assujettir aux lois de la mort. Nous répétons encore qu’il est né d’une nouvelle naissance, car la virginité restée intacte, n’a pas connu la volupté et a donné pourtant la matière de la chair. C’est la nature, et non pas le péché, que Jésus-Christ a reçue de la mère du Seigneur ; et parce que la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, engendré dans le sein de la Vierge, est miraculeuse, sa nature n’en est pas pour cela différente de la nôtre. Car le vrai Dieu est aussi vrai homme ; cette unité n’est point un mensonge, car l’humilité et la grandeur de Dieu se sont réciproquement unies et pénétrées. De même que Dieu n’est point rabaissé par la miséricorde, l’homme n’est pas absorbé par la dignité. Chacune des deux formes, divine et humaine, fait, en communauté avec l’autre, les opérations qui lui sont propres. Pendant que le Verbe fait ce qui est du Verbe, la chair exécute ce qui est de la chair. Le premier brille avec éclat dans les miracles, la seconde succombe sous les outrages. De même que le Verbe demeure dans l’égalité de gloire avec son Père, la chair n’abandonne pas la nature de notre race. Car le Rédempteur, toujours un et le même, est, nous ne pouvons trop le répéter, vraiment Fils de Dieu et vraiment Fils de l’homme. Il est Dieu, puisqu’il est dit : Dans le com­mencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu ; et Dieu le Verbe est dans l’homme, puisque le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous ; il est Dieu, puisque tout a été fait par Lui et que rien n’a été fait sans lui. Homme, puisqu’il est né de la femme et sous l’empire de la loi. La naissance de la chair montre la nature humaine ; la conception de la Vierge est le signe de la puissance divine ; la faiblesse de l’enfant se voit dans l’humilité du berceau ; la gloire du Très Haut se manifesta dans la voix des anges. »

Celui qu’Hérode veut faire cruellement mourir entre dans la vie comme un homme ; mais c’est le Seigneur de l’univers que les Mages viennent hum­blement adorer. Afin que l’on n’ignorât pas que la divinité était couverte de l’enveloppe de la chair, quand il se fit baptiser par Jean, son précurseur, la voix du Père retentit dans le ciel, en disant : Celui-ci est mon fils bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection. Celui-là même qui, comme homme, est tenté par les artifices du diable, est, comme Dieu, servi par les anges. La faim, la soif, la fatigue et le sommeil sont évidemment de l’homme ; mais rassasier cinq mille hommes avec cinq pains, mais distribuer à la Samaritaine une eau vive dont celui qui en boit ne souffre plus jamais de la soif, mais marcher d’un pied assuré sur les flots de la mer, conjurer la tempête et apaiser les vagues de la mer, sont des actes incontestablement d’un Dieu. Ce n’est certes pas la même nature qui, saisie d’une profonde douleur, pleure l’ami qui vient de mourir, et, par la seule puissance de sa parole, rappelle à la vie celui qui était couché depuis quatre jours dans la tombe ; ce n’est pas la même nature qui se laisse attacher à la croix et change le jour en nuit et fait trembler la terre ; qui se laisse percer les membres de clous et ouvre les portes du paradis au larron qui prononce une parole de foi ; ce n’est pas non plus la même nature qui dit : Moi et mon Père nous sommes un, et : Mon Père est plus grand moi.

C’est cette unité de personne dans chacune des deux natures qui fait dire que le Fils de l’homme est descendu du ciel, et que le Fils de Dieu a pris corps dans le sein de la Vierge qui l’a conçu ; que le Fils de Dieu a été crucifié, a été enseveli, et pourtant qu’il n’a pu l’être dans la divinité même, par laquelle il est égal au Père en éternité et en substance, mais dans la faiblesse de la nature humaine. C’est pourquoi tout le monde confesse, dans le symbole, que le Fils de Dieu a été crucifié et enseveli, conformément à ces paroles de l’Apôtre : S’ils l’avaient connu, ils n’eussent jamais crucifié le Seigneur de majesté. Mais après la résurrection de Jésus-Christ, qui a été réellement la résurrection du vrai corps, puisqu’aucun autre n’a été ressuscité que celui qui avait été crucifié et enseveli, qu’est-il arrivé pendant ces quarante jours, si ce n’est que l’ensemble de notre foi a été dégagé de toute obscurité. Toutes les apparitions du Seigneur, tout ce qu’il a fait et dit n’a servi qu’à faire connaitre comment le caractère distinctif des deux natures, divine et humaine, est resté le même sans partage.

C’est cette sainteté de la foi qu’Eutychès méconnait totalement, puisqu’il ne veut pas voir notre nature dans le Fils de Dieu, ni dans l’abaissement de la mortalité, ni dans la gloire de la résurrection, et qu’il méprise cette parole de l’évangéliste saint Jean : Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans une chair véritable est de Dieu, et tout esprit qui divise (solvit) Jésus-Christ n’est point de Dieu ; et c’est là l’antéchrist. Mais qu’est-ce que Jésus­-Christ appelle solvere, si ce n’est séparer, de Lui la nature humaine et anéantir, par d’impudentes fictions, le mystère par lequel nous sommes tous sauvés ? Or, celui qui est dans une si grande ignorance sur la nature du corps de Jésus-Christ, celui-là doit aussi enseigner ; dans le même aveu­glement, des choses insensées sur la Passion. Car s’il ne tient pas la Croix du Seigneur pour un mensonge, et s’il ne doute pas que la mort qu’il a soufferte pour le salut du monde, n’ait été véri­table, il doit nécessairement croire à la Véritable humanité de Celui dont il croit la mort. Donc, s’il confesse la foi des chrétiens, et s’il n’arrache pas de son cœur la révélation angélique, il exa­minera quelle est la nature qui a été percée de clous, qui a été attachée à la croix, d’où a découlé du sang et de l’eau lorsque le flanc du Crucifié a été percé (ut ecclesia Dei et lavacro, rigavetur et poculo). Qu’il écoute aussi le saint apôtre Pierre, annonçant que l’esprit est sanc­tifié, quand il participe au sang de Jésus-Christ, et que ce n’est pas par de l’argent ou de l’or corruptible que nous sommes rachetés, mais par le sang précieux de Jésus-Christ, l’agneau sans tache. Il ne résistera pas au témoignage du saint apôtre quand il dit : Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tous nos péchés et dans un autre endroit : Cette victoire par laquelle le monde est vaincu est l’effet de notre foi ; et encore : Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu ? C’est ce même Jésus-Christ qui est venu avec l’eau et avec le sang ; non-seulement avec l’eau, mais avec le sang ; et c’est l’esprit qui rend témoignage que Jésus-Christ est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois sont une même chose. Oui, certes, l’esprit de la sanctification, le sang de la rédemption et l’eau du baptême, lesquelles trois choses ne sont qu’une et ne peuvent être séparées. L’Église catholique vit et se perpétue par cette foi que dans Jésus-Christ l’humanité n’est pas sans véritable divinité, ni la divinité sans véritable humanité ».

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Saint Léon le Grand

Pape et Docteur de l'Église

Saint Léon le Grand

Présentation

Fête saint : 11 Avril

Temps de lecture : 5 min.

Date : 440-461
Pape : Saint Léon le Grand
Empereur : Valentinien III

Sommaire

Pensée

Ce grand pape avait soin de se bien pénétrer de cet esprit de pauvreté et d’humilité dont la vie de l’Homme­-Dieu lui offrait un modèle accompli. De là cette charité ardente, cette admirable grandeur d’âme, et ce courage invincible dont toutes ses actions portaient l’empreinte.

Pratique

Ayez une tendre dévotion pour Jésus-Christ.

Priez

Pour le Souverain Pontife.