D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

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Celui qui honore les saints, honore Jésus-Christ lui-même et celui qui les méprise, méprise Jésus-Christ

Saint Ambroise
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Saint Julien, Sainte Basilisse et leurs compagnons

Julien l'hospitalier - Saint

Nous donnons sans difficulté à saint Julien et à sainte Basilisse ces quatre titres de mariés, de vierges, de religieux et de martyrs, quoique sainte Basilisse ait fini ses jours en paix et dans la ferveur de la prière : mais elle a beaucoup souffert pour Jésus-Christ et disposé une infinité de personnes à mourir pour la foi ; elle a donc justement mérité la qualité de martyre. Voici leur histoire :

Naissance de saint Julien

Saint Julien naquit à Antioche, capitale de la Syrie, de parents illustres et craignant Dieu. Ils prirent un très-grand soin de l’élever en la crainte et en l’amour de son très-saint nom. A l’âge de 18 ans, le voyant en état de s’établir dans le monde, pour être un jour le bâton de leur vieillesse, ils le sollicitèrent fortement de s’engager dans le mariage.

Ses perplexités

Cela mit d’abord l’esprit de Julien fort en peine ; d’un côté, ayant déjà fait vœu de perpétuelle continence, il ne voulait rien entreprendre au préjudice de sa promesse ; de l’autre, il craignait de désobéir à ses parents dans une chose qu’ils désiraient de lui. Il demanda huit jours de délai afin d’y penser à loisir et de recommander l’affaire au Tout-Puissant ; cependant il se livra, durant tout ce temps, à l’oraison, implorant de tout son cœur l’assistance de la divine bonté.

Notre-Seigneur lui apparaît et lui ordonne d’obéir

La nuit du septième jour, Notre-Seigneur lui apparut et lui commanda d’obéir à ses parents, parce qu’il f assisterait, en sorte que la personne qu’il lui préparait pour épouse conserverait elle-même sa virginité avec lui, et que l’un et l’autre seraient une occasion de salut pour plusieurs ; après cela, il toucha de sa main le visage de Julien, qui demeura extrêmement consolé de cette vision.

Il épouse Basilisse

S’appuyant fortement sur la promesse de Dieu, il ne fit plus difficulté d’épouser une jeune fille nommée Basilisse, que ses parents lui présentèrent. Le divin Maître ne manqua pas à la parole qu’il avait donnée à son serviteur ; car la nuit même des noces, les époux s’étant retirés en leur chambre où ils commencèrent leur entretien par la prière, Basilisse sentit une très-agréable odeur, comme de roses, d’œillets et de lis, quoique ce n’en fût pas la saison, puisqu’on était en hiver.

Leur vœu de virginité

Ravie d’une chose si surprenante, elle demanda à son époux ce que cela voulait dire ; et Julien lui ayant répondu que c’était l’agréable odeur de la chasteté, que Dieu donnait comme un avant-goût des plaisirs du paradis, et qu’il préparait à ceux qui, pour son amour, conservaient leurs corps purs et immaculés devant sa Majesté, Basilisse fut aussitôt persuadée de faire avec lui le vœu de garder la virginité dans les liens du mariage.

Apparition de deux chœurs célestes

Après ce vœu, ils se prosternèrent l’un et l’autre pour prier, et à la même heure, tout le lieu trembla et la chambre fut éclairée d’une admirable lumière, au milieu de laquelle parurent deux chœurs de musiciens célestes, l’un des Saints, qui était conduit par Notre-Seigneur, et l’autre des Saintes, où présidait la très-sainte Vierge. Celui des Saints chantait ; « Tu as vaincu, ô Julien, tu as vaincu ». Et celui des Saintes répondait : « Sois bénie, ô Basilisse, qui as suivi les saints conseils de ton mari, et qui, méprisant les vains plaisirs du monde, t’es rendue digne de la vie éternelle ». Apres cela, deux hommes vêtus de blanc, qui tenaient des couronnes entre leurs mains, s’approchèrent de Julien et de Basilisse et leur dirent : « Levez-vous, vous avez remporté la victoire, et vous serez enrôlés parmi nous». Puis, un autre vieillard qui tenait un livre écrit en lettres d’or, commanda à Julien d’y lire ces paroles : « Julien, qui a méprisé le monde pour l’amour de Jésus-Christ, sera écrit au nombre de ceux qui ne se sont pas souillés avec les femmes ; et pour Basilisse, elle sera mise au livre des vierges où Marie tient le premier rang ». Aussitôt, tous les chœurs des Saints dirent Amen, et s’en retournèrent au ciel, laissant les jeunes époux admirablement consolés de cette vision.

Panégyrique de tous les Martyrs. Par le diacre Constantin
42. Exhortations aux fidèles

« Et vous, ô brebis saintes qui nous écoutez, si nous sommes résolus à honorer dignement les martyrs, soutenons des luttes pareils aux leurs, résistons aux séduisantes flatteries des passions, et répandons un déluge de larmes, comme ils ont versé des ruisseaux de sang. 

Que le jeûne réduise notre corps et comprime les vils instincts de la matière.

Que les ardeurs des vices soient étouffées sous l’inextinguible lumière des bonnes actions.

Tranchons pieusement la tyrannie de l’impiété et du péché avec le glaive à double tranchant de la doctrine et de la vraie foi ; et laissons nos lèvres annoncer librement la juste loi de Dieu ; de sorte que, après avoir imité, dans tous les temps de cette vie, les luttes des martyrs, nous obtenions un prix égal à celui qui leur fut donné ».

Mort de leurs parents

A quelque temps de là, les parents de l’un et de l’autre décédèrent et les laissèrent héritiers de leurs grands biens ; mais ils les vendirent tous et en distribuèrent le prix aux pauvres, afin de suivre plus librement Jésus-Christ ; et pour mieux vaquer aux œuvres de piété, ils jugèrent à propos de vivre séparément et de demeurer dans des maisons différentes. Alors, plusieurs jeunes hommes, de toutes sortes d’états, s’adressèrent à Julien pour être formés par lui à la pratique des conseils évangéliques et conduits par le chemin étroit de la vie religieuse, de sorte qu’il devint père de plus de dix mille religieux ; tandis que Basilisse, de son côté, se faisait aussi la mère d’un très-grand nombre de filles en Jésus-Christ.

Persécution de Maximin

En ce même temps, l’empereur Maximin II renouvela en Orient la persécution commencée par ses prédécesseurs Dioclétien et Maximien ; et pour lors, saint Julien et sainte Basilisse redoublèrent leurs prières avec plus de ferveur, afin qu’il plût à Notre-Seigneur d’apaiser sa colère contre son peuple, ou du moins de conserver en sa sainte grâce toutes les âmes qu’ils avaient sous leur conduite. Comme Basilisse faisait cette oraison, Dieu l’avertit que son mari Julien finirait sa vie dans la rigueur des tourments qu’il endurerait pour son nom ; mais que, pour elle et ses filles, elles termineraient la leur en paix. La Sainte en donna d’abord avis à son mari ; puis, assemblant toutes ses filles, elle les exhorta à purifier parfaitement leur conscience, afin de les tenir préparées quand leur céleste Epoux viendrait.

Vision de Basilisse

Comme elle disait cela, le lieu trembla, et il parut une colonne de feu sur laquelle on lisait ces paroles : « Toutes les vierges dont tu es la maîtresse me sont très-agréables ; venez donc, Vierges, et jouissez du bien que je vous ai préparé ». Cette vision ne fut pas vaine, car toutes ces saintes filles, qui étaient au nombre d’environ mille, moururent en moins de six mois, et Basilisse même, étant en prière, rendit sa belle âme à Dieu pour jouir à jamais de sa gloire en la compagnie des Vierges. De la sorte, suivant la promesse de Notre-Seigneur, Basilisse et toutes ses disciples évitèrent la furieuse tempête qui s’éleva depuis à Antioche contre les chrétiens, et dans laquelle Julien et la plupart de ses compagnons moururent au milieu des tourments, pour la vérité de l’Evangile, comme nous l’allons voir.

Décret de Marcien

L’empereur envoya à Antioche, comme ministre de son impiété, un lieutenant appelé Marcien, homme très-cruel et extrêmement altéré du sang des chrétiens. Celui ci fit d’abord défense de rien vendre, ni acheter, qu’auparavant l’on eût offert de l’encens à quelque idole, qu’il commandait à chacun d’avoir en sa maison. Et sachant que Julien entretenait plusieurs personnes dans la ferveur du Christianisme, il le fit prendre et amener devant son tribunal ; mais, après un long discours, toute la réponse qu’il obtint du saint Confesseur fut que ni lui ni aucun de ceux qu’il avait sous sa conduite n’obéiraient jamais à l’empereur pour adorer ses faux dieux. Marcien, aveuglé de fureur, fit mettre le feu aux quatre coins de la maison où les disciples de Julien s’étaient retirés, de sorte qu’ils furent tous consumés par ce cruel élément et acquirent par ce moyen la glorieuse couronne du martyre. Et l’holocauste de ces victimes sacrées fut si agréable à Dieu que, durant de longues années, par un prodige des plus remarquables, ceux qui passaient devant l’emplacement de cette maison, aux heures que l’on a coutume de chanter l’office divin en l’église, y entendaient une musique céleste au son de laquelle plusieurs malades furent guéris.

Il guérit l’œil d’un officier qui meurt martyr

Après que cet embrasement fut éteint, Marcien fit comparaître une seconde fois son prisonnier ; mais, le voyant invincible à tous ses artifices, il le fit battre cruellement avec des cordes et des bâtons noueux ; il arriva qu’un bourreau frappa par hasard un des officiers de ce juge et lui creva les yeux. Alors Julien, plus attentif à faire du bien à ses ennemis qu’occupé du mal qu’il souffrait de leur part, offrit au président de guérir l’œil de cet homme ; ce que les prêtres des idoles » ajout a-t-il, ne pourraient jamais obtenir de leurs fausses divinités, car, quels remèdes pourraient donner ceux qui n’ont point de sentiment ni de vie, et quelles prières seraient exaucées de ceux qui ont des oreilles et n’entendent point ? C’est pourquoi, après que les démons eurent répondu du dedans des idoles qu’ils étaient vaincus par Julien, le saint Martyr, d’un signe de croix, guérit l’œil de cet officier. Aussitôt l’âme de cet homme fut éclairée d’une vraie foi en Jésus-Christ, qu’il confessa hautement, et pour cela, ayant été massacré sur place, et baptisé dans son propre sang, il acquit en un moment l’illustre couronne du martyre.

Il est traîné par les rues de la ville

Cet acte de charité, capable d’amollir les cœurs plus durs que le diamant, endurcit néanmoins davantage celui de ce mauvais juge ; irrité de la victoire du saint Martyr, il commanda que, chargé de chaînes et de fors, il fût conduit par les rues de la ville et tourmenté par quelque supplice particulier, à chaque carrefour ; or, il arriva que le fils unique de Marcien, courant avec les autres écoliers à ce spectacle, aperçut une foule de jeunes hommes vêtus de blanc, qui, environnant le Martyr, s’efforçaient de lui mettre une couronne sur la tête.

Table des matières

25 juin
Saint Prosper d'Aquitaine
À Riez, en Provence, saint Prosper d’Aquitaine, docteur de l’Église, célèbre par sa science et sa piété, qui combattit courageusement contre les Pélagiens pour la foi catholique. Ve s.

Conversion de Celse, fils de Marcien

Alors Celse (c’était le nom de l’enfant), jetant ses habits et ses livres, courut auprès de Julien, le suppliant avec beaucoup d’instance de l’admettre en sa compagnie, et s’écriant « que le Dieu des chrétiens était grand ; que désormais c’était lui qu’il voulait servir, et non les idoles ». Marcien, averti de cette rencontre, fit tout son possible pour retirer son fils d’auprès du saint Martyr ; mais n’en pouvant venir à bout, parce que Dieu avait touché profondément le cœur du petit Celse, il fit jeter l’un et l’autre dans une basse fosse qui, étant aussitôt éclairée par une brillante lumière, changea sa puanteur naturelle en un agréable parfum.

Merveille qui convertit vingt soldats

Cette merveille fut cause que vingt soldats, commis à la garde des prisonniers, se convertirent, reconnurent la vérité de la religion chrétienne et furent tous baptisés avec le petit Celse par un saint prêtre appelé Antoine, qui y fut exprès envoyé de Dieu, avec sept autres chrétiens qui venaient d’Antioche.

Les martyrs sont conduits au supplice

Tout ceci fut rapporté à l’empereur, qui manda à son président de faire mourir sans rémission Julien et tous ses adhérents. Ce cruel juge fit aussitôt disposer pour eux trente et une cuves, pleines d’huile et de poix-résine. Comme l’on conduisait les martyrs au lieu du supplice, les Gentils passèrent, portant en terre un mort ; le juge les fit arrêter, disant à Julien par moquerie, que s’il avait tant de confiance en Dieu, il ressuscitât ce mort. Le Saint connaissait très-bien la mauvaise volonté de ce juge.

Saint Julien ressuscite un mort

Toutefois, espérant convertir beaucoup d’âmes, il pria Dieu de rendre la vie à ce défunt, ce qui fut fait : car le mort ressuscita et dit tout haut que Jésus-Christ était le vrai Dieu, et que, puisqu’il lui avait rendu la vie, il la voulait employer à le servir et à faire pénitence de ses crimes. Que fit Marcien à ce spectacle ? Il fit conduire en prison ce nouveau ressuscité, afin de le faire mourir avec les autres saints Martyrs ; mais ce ne fut pas sans qu’auparavant il n’eût reçu une nouvelle vie par le moyen du baptême qui lui fut conféré.

Tourments, miracles, conversion

Cependant, le juge ne pouvant se résoudre à voir souffrir son fils en sa présence, renvoya la cause à l’un de ses assesseurs, qui fit à l’heure même exécuter la sentence et jeter les trente et un Martyrs dans des cuves d’huile bouillante. Mais le souverain Maître des créatures, pour consoler ses Saints, fit que cette même liqueur ardente et cette poix-résine fondue leur fut un bain rafraîchissant, au milieu duquel ils chantèrent ce verset du Psalmiste : « Seigneur, nous avons passé par l’eau et par le feu, et vous nous y avez fait trouver du rafraîchissement ». Cette merveille étant rapportée au président Marcien, il fit conduire les Saints en prison et y envoya sa femme Marcionille, pour visiter son fils qui l’avait demandée. Elle y alla de bon cœur, croyant par ce moyen triompher de la résolution de Celse, mais elle fut gagnée elle-même ; de sorte que, s’unissant par une même foi aux Martyrs, elle reçut le saint baptême, et ce cher fils, âgé seulement de sept ans, lui servit de parrain.

Rage de Marcien

Si cette conversion fut un nouveau sujet de joie pour les Martyrs, elle fut une nouvelle croix pour le dénaturé Marcien ; transporté de rage, il fit trancher la tête aux vingt soldats qui s’étaient convertis et brûler vifs ces sept illustres frères, qui étaient venus d’Antioche ; réservant le prêtre Antoine, saint Julien, le mort ressuscité qui fut nommé Anastase, sa propre femme et son fils, pour délibérer sur ce qu’il en ferait. Il s’avisa donc de faire parer extraordinairement le temple de Jupiter et d’y assembler tous ses prêtres, comme à dessein d’y offrir un sacrifice solennel ; puis, y faisant amener les saints prisonniers, il pria saint Julien, sa femme et son fils, de demander au Dieu qu’ils adoraient, qu’il lui plût anéantir toutes ces idoles.

A la prière des martyrs, la terre s’entrouvre

A l’heure même, les Martyrs faisant leurs prières, la terre s’ouvrit et engloutit toutes ces statues, avec une foule de prêtres, ministres de Satan, qui s’y étaient trouvés ; Métaphraste, qui a écrit cette vie, ajoute que jusqu’à son temps, on voyait sortir de là des fleuves de feu. Marcien, ne sachant plus que faire, renvoya les Martyrs en prison ; là, sur le minuit, comme ils chantaient les louanges de Dieu, les vingt soldats leur apparurent, avec les sept frères, revêtus de robes toutes brillantes de clarté, comme aussi plusieurs autres saints Prêtres et illustres Martyrs, et sainte Basilisse avec un chœur de vierges, qui firent retentir divers cantiques d’allégresse. Cette sainte avertit saint Julien, son mari, que la fin de ses combats était venue, et que bientôt il recevrait, avec ses compagnons, la couronne du martyre qu’il désirait avec tant d’ardeur.

Humanum Genus
Encyclique donnée à Rome, le 20 avril 1884, par le pape Léon XIII, qui condamne les doctrines, les rites et les organisations maçonniques, jugées impies et immoraux. Le souverain pontife appelle à l'instruction des peuples de la perversité de la franc-maçonnerie au moyen de l'enseignement et de la diffusion de la philosophie chrétienne
Bibliothèque-des-bulles-de-l'Immaculée-Conception-(Vatican)---saint-Athanase-au-Concile-d'Ephèse-451
Bibliothèque-des-bulles-de-l'Immaculée-Conception-(Vatican)---saint-Athanase-au-Concile-d'Ephèse-451

Le feu et les bêtes féroces respectent les martyrs

En effet, dès le lendemain, le cruel juge les fit tous jeter au feu ; mais ce feu ne brûlant que leurs liens, les laissa libres et sans douleur. Ensuite, Marcien fit arracher la peau de la tête à saint Julien, à Antoine et à Anastase, et il en eût fait autant à sa femme, si Dieu n’eût permis que les mains des bourreaux demeurassent engourdies et comme mortes, quand ils la voulurent toucher. Tous ces saints Martyrs furent jetés aux bêtes farouches ; mais ces animaux, oubliant leur férocité naturelle, se couchèrent aux pieds des Saints, afin de les lécher.

Marcien leur fait trancher la tête

Enfin, Marcien désespérant de les vaincre, leur fit trancher la tête en la compagnie de quelques meurtriers et malfaiteurs, afin que leurs corps étant mêlés parmi ces infâmes, ils fussent privés de l’honneur que les autres chrétiens leur voudraient rendre.

Cependant, Dieu, qui garde soigneusement tous les os de ses Saints, sut bien les faire reconnaître ; car, une horrible tempête s’étant élevée, les païens prirent la fuite et donnèrent le loisir aux chrétiens et aux prêtres de se rendre la même nuit au lieu des Martyrs. Dès qu’ils y furent, ils aperçurent de loin les âmes des saints Martyrs, qui, paraissant comme de jeunes vierges, se reposaient chacune sur son propre corps. De plus, leur sang s’était figé et mis en une masse, comme une pâte blanche, au lieu que celui des meurtriers s’était imbibé dans la terre.

Miracles au tombeau de saint Julien

Les chrétiens purent ainsi leur donner une honorable sépulture, particulièrement à saint Julien que Notre-Seigneur a illustré de plusieurs miracles, non-seulement au lieu de son sépulcre, où dix lépreux furent guéris en un seul jour, mais aussi en plusieurs endroits de la chrétienté. Son martyre arriva le neuvième jour de janvier, l’an 313.

On joint toujours ensemble saint Julien et sainte Basilisse, sa femme : on leur met à la main un lis, symbole de la virginité qu’ils vouèrent à Dieu le jour de leur mariage ; les deux époux aperçoivent dans le ciel le livre de vie où est écrit leur nom.

Reliques de Saint Julien et l’abbaye de Morigny

On dit que le crâne de saint Julien fut apporté d’Orient à Paris, du temps de saint Grégoire le Grand. La reine Brunehaut, à qui il fut donné, en fit présent aux religieuses qu’elle avait établies près d’Etampes. Une partie de ce crâne se trouvait à Morigny, près d’Etampes, et l’antre à Paris, dans l’église des chanoinesses régulières de Sainte-Basilisse.

Nous avons demandé des renseignements sur ce sujet à M. Bonvoisin, chanoine honoraire, curé de Notre-Dame, à Etampes. Voici sa réponse : L’abbaye de Morigny, ainsi que l’église, fut bâtie sur un terrain donné par un nommé Anseau, par la générosité des Etampois. 

Tout a disparu. Déjà dans le commencement du XVIe siècle, l’invasion des abbés commendataires lui avaient fait perdre de sa première splendeur. L’Histoire des antiquités d’Etampes, 1680, signale des abbés qui laissaient dépérir l’édifice, et lorsqu’est arrivée la tourmente de 93, il n’y avait plus de religieux. Les bâtiments de l’abbaye étaient loués et occupés par tout venant ; c’étaient des ruines ; de l’église, il ne reste que le chœur.

Le dernier abbé (de Tressan) ne résidait pas ; un religieux cordelier d’Etampes allait dire une messe tous les dimanches à l’abbaye.

Aujourd’hui, l’église paroissiale ayant été démolie, le chœur de l’église abbatiale, seul survivant, est devenu l’église de la paroisse ; c’est un beau et bon reste du XIIIe ou XIVe siècle.

Quant aux bâtiments, ils ont disparu ; mais on pense qu’une partie du nouveau château, enclavée dans des constructions plus modernes, provient des anciens bâtiments : il est impossible de le savoir autrement ; le tout a été recouvert de plâtre et rien n’indique d’anciennes constructions.

Quant au crâne de saint Julien :

II y avait autrefois auprès de la tour de Brunehaut, paroisse de Morigny, une abbaye de religieuses dont il ne restait en 1680 que la chapelle de saint Julien, martyr d’Antioche, et l’on croit que la reine Brunehaut avait fait bâtir cette abbaye.

Des ouvriers qui travaillaient au maître-autel de cette chapelle en 1648, trouvèrent un coffret de plomb qui fut ouvert en présence de l’abbé de Morigny, par Jean Hachereau, doyen de Notre-Dame d’Etampes, assisté de Nicolas Tyrouin, curé de Saint-Basile, et l’on y trouva la partie postérieure d’un crâne, un os de bras en trois pièces, une vertèbre, plusieurs poudres d’os, et une pièce antique sur laquelle étaient gravés les mots suivants :

Hic jacet caput S. Juliani, martyris, quod Severinus attulit de Antiochia civitate, temporibus Brunegildis Reginae.

Et au revers :

Ex ossibus S, Christophori. – Brachium S. Gamalielis.

Ces reliques furent déposées, d’après les ordres de l’archevêque de Sens, dans la sacristie de l’abbaye, ainsi qu’il est dit au procès-verbal, dressé par ledit doyen de Notre-Dame.

Cela est résumé des Antiquités d’Etampes, par Dom Fleuveau, 1680.

Il n’y a maintenant, nulle part, trace des reliques de saint Julien, ni à Etampes, ni à Morigny. Peut-être auraient-elles été transférées à Sens, qui avait et qui a encore une insigne collection.

Morigny était de ce diocèse.

Le Martyrologe indique deux saints Julien, martyrs, entre autres, saint Julien de Constantinople, 9 juin ; saint Julien d’Antioche, et sa femme, 9 janvier.

Dictionnaire d'anecdotes chrétiennes J.P. MIGNE, 1863.
Ciel

Ciel, séjour du bonheur éternel, dans lequel Dieu se fait connaître aux justes d’une manière plus parfaite que sur la terre, et les rend heureux par la possession de lui-même.

Jérusalem céleste, paradis, collines de Sion, royaume de Dieu, etc., sont dans le langage de l’Église, synonymes de ciel.

La béatitude des saints est parfaite : L’œil n’a jamais vu, l’oreille n’a jamais entendu, l’esprit de l’homme n’a jamais compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l’aiment (I.Cor.XI,9). Cette félicité consiste à voir Dieutel qu’il est et à l’aimer parfaitement. Isaïe et l’apôtre saint Jean ont fait de magnifiques descriptions de ce séjour des élus.

Pour obtenir immédiatement le ciel, il faut :

1°) mourir en état de grâce,

2°) n’être coupable d’aucun péché véniel,

3°) avoir entièrement satisfait à la justice de Dieu, pour les peines temporelles dues au péché. 

Or, on peut satisfaire à cette justice par,

1/ le baptême

2/ le martyre

3/ une pénitence parfaite

Les peuples de Thrace

Saint Ambroise, dans son ouvrage sur la foi de la résurrection, raconte que les peuples de Thrace pleuraient et poussaient des cris lamentables à la naissance des hommes, et qu’au contraire ils se réjouissaient et entonnaient des cantiques de joie à leur mort ; croyant, et avec raison, que ceux qui entraient dans le monde, où tout est rempli de misères, étaient dignes de compassion, et que, lorsqu’ils sortaient de ce triste exil, on devait être bien aise de les voir affranchis  de tant de maux.

Si des peuples barbares, ajoute saint Ambroise, qui vivaient dans les ténèbres du paganisme, et qui n’avaient nulle connaissance de la gloire que nous attendons avaient de pareils sentiments, quels doivent être les nôtres, nous qui sommes éclairés des lumières de la foi, et qui savons quels biens nous sont réservés si nous avons le bonheur de mourir dans la grâce de Dieu !

C’est dans cette vue que le Sage a dit que le jour de la mort est préférable à celui de la naissance.

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Mgr Paul Guérin, Camérier de sa sainteté Pie IX

Les Petits Bollandistes - Vies des Saints - Septième édition - Bloud et Barral - 1876 -