La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Héribert

À Cologne, saint Héribert, évêque, célèbre par sa sainteté. ✞ 1021.

Hagiographie

Héribert naquit à Worms, ville impériale de l’Allemagne, au Palatinat du Rhin. Il eut pour père un des principaux gentilshommes du pays, et sa mère était petite-fille de Réginbaud, comte de Souabe. Il fut élevé d’abord près de ses parents dans les lettres humaines et dans la piété, et il alla ensuite achever de se former dans l’étude des saintes Écritures et de la théologie à Gorze, célèbre monastère de Lorraine, au diocèse de Metz, qui passait alors pour une excellente école de vertu et de science. Il y prit si bien le goût de la vie religieuse, qu’il était résolu d’en faire profession, et de ne jamais sortir de cette sainte maison, si son père n’eût employé toute son autorité pour le faire revenir. Lorsqu’il fut retourné à Worms, l’évêque Hildebaud, charmé de son esprit, de sa sagesse et de sa piété, le fit prévôt de son Église, et il le destinait pour être son successeur : mais sa mort prévint l’exécution de ce dessein. Quelques années après, l’empereur Othon II, qui n’avait pas encore reçu la couronne impériale, ayant été informé du mérite de Héribert, le manda à la cour, et le fil son chancelier. Ce prince, qui avait de l’amour et du goût pour les personnes vertueuses, le jugeant également propre pour le service de l’Église et de l’État, ne le laissa point en repos qu’il ne l’eût fait promouvoir aux ordres sacrés avec son cousin Brunon, qui fut depuis pape sous le nom de Grégoire V, et qui le couronna empereur l’an 996.

Cependant l’archevêché de Cologne vint à vaquer : et, après des contestations de plusieurs mois, qui formèrent une espèce de schisme dans cette Église, tout le monde fut d’accord pour choisir le chancelier Héribert. On députa aussitôt à l’empereur, qui était en Italie. Il fit venir à Bénévent, où il se trouvait, Héribert qui achevait de pacifier les peuples des environs de Ravenne. Lorsqu’il sut les desseins qu’on avait sur lui, son humilité, jointe à l’appréhension de se voir chargé d’un ministère aussi redoutable qu’est celui des pasteurs de l’Église, le fit recourir à mille moyens pour détourner ce fardeau de ses épaules. Mais il eut beau se déclarer pécheur, ignorant, incapable devant l’empereur et les députés de l’église de Cologne, personne ne l’en voulut croire. Il fut obligé de céder, dès qu’on lui donna des indices sensibles de la volonté de Dieu. Ayant été pourvu selon les formes et les cérémonies accoutumées, il passa encore deux mois, depuis son investiture, auprès du prince. Il s’en alla ensuite à Rome pour recevoir le Pallium des mains du pape Sylvestre II, et il partit aussitôt pour se rendre à l’église métropolitaine de Cologne, dont il prit possession la veille de Noël, l’an 999, qui fut le jour de son sacre. Il répondit incontinent à la grâce de son ordination, par les soins qu’il prit de son troupeau : et, non content d’en faire la revue, de reconnaitre ses besoins, de panser ses maux, de le nourrir du pain de vie qu’il lui distribuait lui-même par le ministère de la prédication, auquel il était fort assidu, il lui présenta encore en sa personne le modèle qu’il avait à suivre, en donnant des exemples de toutes sortes de vertus à son clergé et à son peuple, et en se rendant le nourricier des pauvres, le médecin des malades, le soutien des fidèles, et le père commun de tous ses diocésains. Il demeurait toujours dans les bornes d’une humilité profonde, pour garantir son cœur de l’enflure et de l’élévation, et ne pas se laisser éblouir par le faux éclat de la grandeur qui l’environnait. Il y joignait une mortification continuelle, pour retenir toujours son corps et ses passions sous le joug de l’esprit ; et jamais il ne quitta le rude cilice qu’il cachait sous un habit ordinaire et convenable à sa dignité.

Saint Héribert

Fête saint : 16 Mars
Saint Héribert

Présentation

Titre : Évêque de Cologne
Date : 1021
Pape : Serge IV ; Benoit VIII
Empereur : Otton III ; Henri II

Saint Héribert, comme nous venons de le voir, obtint du ciel la fin d’une sécheresse prolongée qui menaçait d’amener une grande disette. Pendant les prières publiques ordonnées par lui pour apaiser la colère de Dieu et auxquelles il assistait, on vit une colombe voleter autour de sa tête, comme pour le signaler à la vénération des peuples. Sa commisération pour les pauvres était grande. Aussi accourait-on de France et d’Allemagne pour avoir part aux largesses de sa charité. On l’invoque pour la pluie.

Auteur

Mgr Paul Guérin

Les Petits Bollandistes - Vies des Saints - Septième édition - Bloud et Barral - 1876 -
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Il fit réparer les églises et en bâtit de nouvelles ; mais une grande famine qui affligea l’Allemagne et la France, lui lit suspendre ce qui paraissait moins nécessaire dans ces ouvrages, pour aller au-devant de la misère publique qui pressait encore plus vivement sa charité. Il ne fut pas seulement le libérateur de son pays en cette occasion, comme le patriarche Joseph l’avait été de l’Égypte ; il se rendit encore le serviteur des pauvres et des étrangers, auxquels il procura par lui-même toutes les assistances possibles pour les besoins de l’âme et du corps, jusqu’à leur laver les pieds, et leur préparer à manger de ses mains. Il bâtit, en un lieu indiqué par la Sainte Vierge, un grand monastère, de l’autre côté du Rhin, vis-à-vis de Cologne, et il le dota d’un riche fonds, que l’empereur Othon III lui avait laissé peu de temps avant sa mort, ainsi qu’avec ses biens personnels. C’est celui qu’on appela de Duitz, dans la ville de même nom, et qui fut longtemps après en réputation de grande régularité, par l’excellence de la discipline que notre saint Prélat y établit. Il consacra à Cologne, près de la Porte-Haute, une chapelle à saint Etienne. Il rebâtit la basilique des douze Apôtres et y ajouta un collège. Pour détourner la peste et la famine, il institua une procession solennelle autour des murs de la cité, qui eut lieu jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le vendredi, dans l’octave de Pâques. Dans le temps d’une extrême sécheresse, après une procession à l’église de Saint-Severin, dont l’usage s’est pieusement conservé jusqu’à nos jours, le bienheureux Prélat inclina sa tête dans ses mains appuyées sur l’autel pour implorer le Tout-Puissant, en pleurant abondamment, et, comme autrefois sainte Scholastique, il attira tout à coup du ciel une pluie torrentielle.

Comme cet excellent Pasteur n’avait rien tant à cœur que la conservation et l’accroissement du troupeau que son Maître lui avait confié, il ne pouvait se lasser d’en faire la revue par des visites pastorales continuelles, portant partout avec lui non-seulement la lumière de la parole de Dieu pour éclairer les esprits, le feu de la charité pour animer chacun à s’entr’aimer, mais encore les secours de la vie corporelle, pour remédier à la nécessité et à la misère des particuliers. Ce fut durant le cours de ces laborieuses visites qu’il fut arrêté dans la petite ville de Duitz, par une maladie dont il plut à Dieu de se servir pour finir et couronner ses travaux. Il mourut le 16 mars de l’an 1021. Son corps fut enseveli à Duitz dans le monastère qu’il avait fondé. Arnold, archevêque de Cologne, en fit la levée en 1147, le 30 août, et il repose encore en ce lieu dans un beau sépulcre.

Il est représenté avec une église sur la main ; cet attribut rappelle spécialement la fondation de l’abbaye et du monastère de Duitz ; nous disons spécialement, parce qu’il fit restaurer un grand nombre d’édifices sacrés dans son diocèse.

La fondation de cette même abbaye de Duitz a donné lieu de représenter saint Héribert d’une autre façon, c’est-à-dire à genoux en prière devant une image de Notre-Dame, parce que, voulant élever sa fondation dans un lieu fameux par les crimes qui s’y étaient commis, il supplia la Sainte Vierge de le purifier.

Saint Héribert, comme nous venons de le voir, obtint du ciel la fin d’une sécheresse prolongée qui menaçait d’amener une grande disette. Pendant les prières publiques ordonnées par lui pour apaiser la colère de Dieu et auxquelles il assistait, on vit une colombe voleter autour de sa tête, comme pour le signaler à la vénération des peuples. Sa commisération pour les pauvres était grande. Aussi accourait-on de France et d’Allemagne pour avoir part aux largesses de sa charité. On l’invoque pour la pluie.

Il est honoré à Duitz, et même en Lombardie, parce qu’il y accompagna l’empereur Othon III.

Voir propre de Cologne, Baillet, et le célèbre Rupert, abbé de Duitz, qui a composé la vie du Saint dans le monastère qu’il avait fondé.