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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Hagiographie

Saint Grégoire, surnommé le Grand, à cause de l’éclat de ses actions, de ses écrits et de ses vertus, naquit à Rome vers l’an 540. Il fut élevé avec beaucoup de soin, et, dès l’âge de trente-quatre ans, il parut digne d’occuper les premières places de l’État. Mais, y ayant renoncé, il consacra une partie considérable de ses biens à la fondation de plusieurs monastères, et il en établit un dans sa propre maison, où il prit l’habit. Il n’en sortit que par ordre du pape Pelage II, qui l’envoya à Constantinople pour des affaires importantes ; et, dès qu’elles furent terminées, il revint dans sa solitude. On ne tarda pas à l’en tirer de nouveau pour l’élever sur le Saint-Siège. Le triste état où se trouvait la chrétienté demandait un homme d’une Sainteté consommée, d’une capacité supérieure et d’un courage à toute épreuve. Or, tel était, et tel se montra Grégoire. Il calma les divisions qui déchiraient les Églises d’Orient ; il arrêta en Italie les courses des Lombards, acheva de ruiner le parti des donatistes, avança la destruction de l’arianisme, procura la conversion des Anglais, réforma le chant et les offices, en un mot pourvut à tous les besoins de l’Église, et trouva encore le moyen d’instruire son peuplé par lui-même et de composer plusieurs ouvrages excellents. Son humilité lui fit prendre la qualité de serviteur des serviteurs de Dieu, que ses successeurs ont adoptée. Enfin, il termina par une sainte mort un si glorieux pontificat, l’an 604.

Qui est bon supérieur ? Autant un cœur humble a d’égards pour ses inférieurs, autant un orgueilleux a de dureté : l’un se fait estimer et aimer de tous, l’autre se fait craindre et mépriser. II a sans cesse devant les yeux l’exemple des Apôtres, et règle sur leur conduite celle qu’il tient dans le gouvernement des âmes. Il s’interdit cette hauteur impérieuse qui aliène les esprits et n’arrache qu’une obéissance forcée. Ses ordres sont plutôt des prières, ses réprimandes des faveurs.

Mort de saint Grégoire le Grand

Nous apprenons, dans ses autres épîtres, que saint Grégoire était tellement miné par les maladies, qu’il avait le corps aussi atténué et aussi sec que s’il eut été déjà dans le tombeau ; rien n’était capable de le consoler que le désir et l’espérance de mourir bientôt. Il conjurait tous ses amis de prier pour lui, afin de lui obtenir la patience et la constance dans ses souffrances, « de peur que mes fautes », disait-il, « qui pourraient être guéries par les douleurs, ne se renouvellent par mes plaintes ». Enfin, lorsqu’il fut purifié par tant de traverses, il plut à Dieu, qui donne récompense aux âmes justes, de satisfaire ses désirs et de délivrer sa belle âme, pour lui donner la couronne de gloire qu’il avait si bien méritée par ses vertus héroïques. Il avait gouverné le Siège apostolique treize ans, six mois et quelques jours. Il mourut l’an 604, la seconde année de l’empire de Phocas, le 12 mars, jour auquel l’Église célèbre sa fête, et fut enterré dans l’église de Saint-Pierre.

Les Docteurs de l’Église, qui lui ont succédé, lui ont donné des éloges magnifiques : ils l’appellent « un homme de très-grande érudition, le prince des théologiens, la lumière des philosophes, la splendeur des orateurs, le miroir de la sainteté, l’organe du Saint-Esprit ». Saint Ildefonse, archevêque de Tolède, parle de lui en ces termes : « Il fut tellement doué des mérites de tous les anciens, que nous ne trouvons rien de semblable à lui dans l’antiquité : il a vaincu Antoine en sainteté, Cyprien en éloquence, Augustin en science, etc. » Saint Isidore écrit que pas un des Docteurs de son temps, ni des anciens, ne pouvait entrer en comparaison avec lui. Et le huitième concile de Tolède dit que, dans les choses morales, saint Grégoire doit être préféré presque à tous les Docteurs de l’Église.

Quels sont les attributs de saint Grégoire le Grand ?

Outre la colombe, dont nous venons de parler, on donne, dans les arts, un grand nombre d’autres attributs à saint Grégoire. Peu de vies offrent des scènes aussi grandioses : Telle est celle de la procession qu’il fit pour obtenir du ciel la cessation de la peste à Rome ; dans les airs, au-dessus du môle d’Adrien qui prendra dès lors le nom de Château-Saint-Ange, apparaît un ange, qui remet l’épée dans le fourreau et divers esprits chantent dans les airs. On peut faire entrer dans cette scène l’image de Notre-Dame que le saint Pape fit porter dans cette procession et qui est encore honorée aujourd’hui à Sainte-Marie-Majeure. – Le chant des anges était celui-ci : Réjouissez-vous, Reine du ciel, Regina coeli laetare, alleluia. Le Pape compléta l’antienne en ajoutant ces mots qui la terminent aujourd’hui : Ora pro nobis Deum ; priez Dieu pour nous : l’artiste pourra donc écrire ces paroles caractéristiques du Saint, soit sur un cartouche, soit sur une banderole.

Saint Grégoire le Grand a encore reçu comme attribut une église sur la main, soit pour rappeler qu’il a été le soutien de l’Église, soit pour le désigner comme fondateur de monastères.

La Messe dite de saint Grégoire est célèbre : Nous décrivons la scène que rappellent ces mots, d’après une vieille gravure en bois, antérieure au XVe siècle. Saint Grégoire revêtu de la chasuble est agenouillé sur le marchepied de l’autel, entre un diacre et un sous-diacre, qui portent une torche. Le calice est au milieu de l’autel sur un corporal étendu ; le livre est ouvert du côté de l’Évangile et vers l’angle opposé se voit la tiare papale. Les accessoires rappellent les diverses circonstances et instruments de la passion, qui s’y trouve représentée avec d’infinis détails. Mais quelle est la signification de tout cet ensemble dans lequel figure saint Grégoire ?

Nous avons raconté que saint Grégoire ayant reconnu qu’une femme ne croyait pas à la présence réelle, il obtint un miracle pour la convaincre et ranimer la foi du peuple : l’hostie consacrée se montra sur le corporal en forme de chair, visible pour tous les assistants. Ce fait est-il l’idée première de la gravure en question ? La chose nous paraît probable.

D’anciens livres de prières adjoignent à cette peinture qu’ils reproduisent souvent, sept prières en l’honneur de la Passion, intitulées : Oraison, de saint Grégoire. Les indulgences mentionnées à la suite ont fait sans doute la fortune de ces prières et les prières ont donné de la vogue à l’image.

Ce tableau peut aussi rappeler la part considérable que saint Grégoire prit à la rédaction du missel Romain et de la liturgie de l’Eucharistie.

Quoi qu’il en soit de la signification vraie du tableau dit la Messe de saint Grégoire, il est tellement devenu son attribut que les monts de piété d’Italie l’avaient pris pour enseigne, sans doute à cause du souvenir des grandes aumônes du saint Pape, et que les Franciscains l’avaient adopté comme sceau de leur province des iles Philippines, dont le titre était province de saint Grégoire.

On place encore près de lui des papiers ou des livres de notation musicale pour montrer qu’il a fixé les bases de la liturgie et réglé le chant ecclésiastique. Chacun sait qu’on nomme chant grégorien le système de tonalités et de modulations qui dominent dans la musique de l’Église.

Saint Grégoire est le patron de Grenade, de Peters-Hausen et de l’Angleterre catholique. Il est aussi le patron des chantres et des élèves de maîtrise.

Le concile de Clif ou Cloveshove, tenu en 747 sous l’archevêque Guthbert, ordonna à tons les monastères d’Angleterre de fêter le jour auquel l’Église honore saint Grégoire. La fête devint d’obligation pour tout le royaume, en vertu d’une ordonnance portée en 1222 par le concile d’Oxford, et cette ordonnance a été observée jusqu’à la prétendue réforme.

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Liste des ouvrages de saint Grégoire

Les persécutions contre ce saint Pape ne finirent pas à sa mort : Dieu voulait rendre sa sainteté plus éclatante et plus célèbre par les miracles qui se feraient à ce sujet. En effet, un jour, le peuple, dans un temps de famine, s’adressa au pape Sabinien, pour lui remontrer le soin et la charité que saint Grégoire, son prédécesseur, avait fait paraître en de semblables calamités, espérant le porter, par là, à les secourir ; ce Pape, se sentant piqué de ce reproche tacite, donna ordre à des flatteurs de publier que Grégoire avait été un homme vain et prodigue, et que, par sa mauvaise administration, l’Église était tellement épuisée de finances, qu’elle ne pouvait suffire à cette extrême nécessité. Cette plainte injuste passa si avant, que l’on commença à amasser tous les livres du Saint pour les brûler ; on en brûla même quelques-uns, selon le diacre Jean, ou bien l’on fut près de les brûler, selon le cardinal Baronius. Ceux que nous avons furent conservés par l’industrie de Pierre, diacre, qui avait été fort familier avec le saint Pontife ; c’est lui que saint Grégoire introduit, discourant, en ses Dialogues. Ce saint diacre, voyant l’injuste dessein de Sabinien, assura qu’il avait souvent aperçu le Saint-Esprit en forme de colombe, sur la tête de saint Grégoire, lorsqu’il écrivait, et que c’était commettre un crime horrible contre le ciel et un sacrilège contre l’esprit de Dieu, de vouloir brûler des livres qui avaient été composés sous son inspiration ; et, pour les convaincre qu’il disait la vérité, il ajouta qu’il était prêt à maintenir et à confirmer sa déposition par un serment solennel en présence de tout le monde ; que, s’il mourait après avoir juré, ils devaient croire qu’il leur avait dit vrai, et conserver avec vénération les livres de ce grand Pape ; mais que, s’il ne mourait pas, ils le tiendraient pour un menteur, et il serait le premier à brûler les livres. Sa proposition fut acceptée : Pierre affirma, par serment, ce qu’il avait avancé, et mourut comme il l’avait dit, en achevant de jurer. Tout le monde fut extrêmement effrayé de ce prodige, et depuis, on eut toute la vénération possible pour celui que Dieu avait justifié par un miracle si évident. Voilà pourquoi les peintres représentent une colombe blanche auprès de l’oreille de notre saint Pape, pour nous signifier que le Saint-Esprit est l’auteur de ce qu’il écrit.

Il se fit plusieurs autres miracles par les mérites de ce grand serviteur de Dieu, particulièrement contre les personnes qui profanèrent son monastère par leur vie déréglée, qui dépensèrent inutilement, ou ménagèrent mal son revenu, qui ôtèrent aux pauvres ce qu’il leur avait laissé, ou qui commirent quelques autres actions contre le respect et la vénération qu’on devait à sa mémoire.

1°) Le livre du Devoir des Pasteurs ou le Pastoral. Il y développe merveilleusement les dangers et les obligations d’une personne chargée de la conduite des âmes ; conduite qu’il appelle, après saint Grégoire de Nazianze, l’art des arts et la science des sciences. Cet ouvrage eut tant de réputation dès sa naissance, que l’empereur Maurice en envoya chercher une copie à Rome, et qu’Auastase, patriarche d’Antioche, le traduisit en grec. Il a reçu depuis les plus grands éloges de la part des conciles et des papes, qui en ont fortement recommandé la lecture aux pasteurs des âmes, a lin qu’ils s’y considérassent comme dans un miroir. Les saints évêques d’Angleterre en furent toujours la règle de leur conduite ; et le roi Alfred en donna une traduction en langue saxonne.

2°) Le Sacramentaire, c’est-à-dire le missel et le rituel de l’Église romaine, que notre Saint réforma. Il est parlé, dans les lettres des papes saint Innocent Ier, saint Célestin Ier et saint Léon, d’un ordinaire de la messe telle qu’on la disait à Rome. Cet ordinaire ne diffère point, pour le fond, de celui dont on se sert aujourd’hui ; les changements qui ont été faits à certaines prières, sont purement accidentels et ne touchent point à la substance. Le pape Gélase revit la liturgie en 490 ; et son véritable sacramentaire fut publié à Rome, par Tommasi, en 1680. Il y est parlé de l’adoration de la croix au vendredi saint, de la bénédiction solennelle des saintes huiles, des cérémonies du baptême, de l’invocation des saints et de la vénération de leurs reliques, de l’eau bénite, des messes votives pour les voyageurs, les malades et les morts ; de celles qu’on disait aux fêtes des saints, etc. Le sacramentaire de saint Grégoire ne diffère de celui du pape Gélase que dans quelques collectes ou prières. C’est par cet ouvrage de notre Saint, ainsi que par son Antiphonaire et son Responsoire, qu’on voit la conformité qu’il y a entre l’office ecclésiastique d’aujourd’hui et celui des premiers temps. Les mêmes cérémonies et les mêmes bénédictions se trouvent dans les constitutions apostoliques et dans les plus anciennes liturgies. C’est à ces sources que Grabe, Biches, etc., ont puisé de quoi former leurs nouvelles liturgies, qui se rapprochent assez de celle qu’on suit présentement dans l’Église romaine. Dom Ménard publia en 1642 le sacramentaire de saint Grégoire avec des notes savantes et curieuses.

3°) Les Morales sur Job, lesquelles furent composées à Constantinople vers l’an 582. Nous avons fait connaitre cet ouvrage dans la vie du Saint, ainsi que le Pastoral et les Homélies sur le prophète Ezéchiel et sur les Évangiles. Le Pastoral est divisé en quatre parties, dont la première traite des dispositions requises dans un homme appelé à l’épiscopat ; la seconde, des devoirs d’un pasteur la troisième, de l’instruction qu’il doit à son troupeau ; la quatrième, de la nécessité où il est de veiller sur son propre cœur.

4°) Quatre livres de Dialogues entre le Saint et l’un de ses disciples, nommé Pierre. Saint Grégoire y rapporte, d’après le témoignage de personnes dignes de foi, plusieurs miracles arrivés de son temps. Son style y est moins élevé que dans ses autres écrits.

5°) Un grand nombre de Lettres, divisées en quatorze livres, sans parler d’un appendice aux mêmes lettres. Elles forment un recueil très-intéressant.

6°) Une excellente Exposition du Cantique des cantiques. Elle est sûrement du saint docteur. Il ne paraît pas certain que saint Grégoire soit l’auteur du commentaire sur les sept psaumes de la pénitence.

7°) On a, sous le nom de saint Grégoire, diverses compilations extraites de ses ouvrages par Claude, abbé de Classe, son disciple, par Patérius, notaire, et par un moine de Tournai, qui vivait dans le XIIe siècle.

Les églises chrétiennes ont toujours fait une estime singulière des écrits de saint Grégoire. On y trouve de quoi confondre plusieurs hérétiques et une très-belle exposition des vérités et des maximes de l’Évangile. On y rencontre quelquefois des allégories trop recherchées ; mais c’était le goût du siècle. Le Saint s’embarrassait peu des grâces du discours ; c’est ce qui fait que son stylé n’est pas toujours pur et correct.

Tous ces ouvrages se trouvent dans la Patrologie de M.Migne, en 5 vol. in-4°.

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Saint Grégoire Ier le Grand

Pape et Docteur de l'Église

Saint Grégoire le Grand

Présentation

Fête saint : 12 Mars

Temps de lecture : 6 min.

Date : 540-604
Pape : Saint Grégoire le Grand
Empereur : Justinien Ier ; Phocas

Sommaire

Pensée

Les Saints savent allier les talents les plus sublimes, et les qualités les plus éminentes, avec la plus profonde humilité : et vous, par un contraste qui devrait vous faire impression, vous joignez mille défauts à des prétentions insoutenables !

Pratique

Regardez-vous comme le serviteur de tous ceux à qui vous pouvez avoir à commander.

Priez

Pour les évêques.

Oraison

O Dieu, qui avez accordé à l’âme de votre serviteur Grégoire les récompenses de l’éternelle béatitude : daignez nous accorder qu’étant accablés sous le poids de nos péchés, nous soyons allégés, en considération de ses prières pour nous. Par J.-C. N.-S. Ainsi soit-il.