La Vie des Saints

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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Grégoire de Spolète

A Spolète, saint Grégoire, prêtre et martyr, du temps de Dioclétien et de Maximien : d’abord frappé avec des bâtons noueux, couché sur un gril, et renfermé dans un cachot, il eut ensuite les genoux déchirés avec des cardes de fer, les côtés brûlés avec des torches ardentes, enfin la tête tranchée. 303.

Sommaire

Hagiographie de saint Grégoire de Spolète

Sous l’empire de Dioclétien et de Maximien, toute l’Italie regorgeait de sacrilèges idolâtres qui étaient transportés d’une telle fureur contre les chrétiens, que partout on apercevait un redoublement de zèle pour le culte des idoles ; et si quelqu’un refusait de les adorer et de leur sacrifier, il était aussitôt soumis à divers genres de tortures.

Il y avait alors un homme très-impie nommé Flaccus, que l’empereur Maximien avait député pour ranimer le culte de tous les faux dieux. Lors­qu’il fut arrivé dans la ville de Spolète, il fit dresser son tribunal et envoya les crieurs publics annoncer, dans tous les carrefours de la ville, que tous les citoyens eussent à se réunir au Forum en, sa présence. Tout le peuple s’étant assemblé, Flaccus dit à Tircan :

« Toute cette foule honore-t-elle nos dieux ? »

Tircan lui répondit :

« Tous ceux que ta piété aperçoit ici adorent les dieux Jupiter, Minerve et Asclépius, dieux immortels, qui se montrent favorables au monde entier ».

Flaccus fut ravi de joie en enten­dant ces paroles ; puis il donna l’ordre de dissoudre l’assemblée.

Il y avait alors dans la ville de Spolète un homme du nom de Grégoire, qui, jour et nuit, s’appliquait au jeûne et à l’oraison. Par ses prières, il ren­dait la santé à un grand nombre d’infirmes, il chassait les esprits immondes, guérissait ceux que la maladie retenait sur leur couche, purifiait les lépreux, rendait la vue aux aveugles, et convertissait au Seigneur Jésus-Christ les cœurs de beaucoup de païens : son zèle le porta aussi à renverser les tem­ples des idoles et leurs simulacres. Tircan ayant appris toutes ces choses, en fut outré de colère, et il alla en faire son rapport à Flaccus.

« Il y a dans la ville », lui dit-il, « un nommé Grégoire, qui, non content de mépriser les dieux, séduit les esprits et ne fait aucun cas de tes ordres ».

Flaccus, à cette nouvelle, fut saisi par le démon de la colère, et aussitôt il donna l’or­dre à quarante soldats de lui amener enchaîné le bienheureux Grégoire. Les satellites, obtempérant à l’injonction de leur maitre, lui présentèrent bien­tôt le captif qu’ils avaient cherché.

Saint Grégoire de Spolète

Fête saint : 24 Décembre
Saint Grégoire de Spolète
Présentation
Titre : Martyr
Date : 303
Pape : Saint Marcellin
Empereur : Dioclétien

Il y avait alors dans la ville de Spolète un homme du nom de Grégoire, qui, jour et nuit, s'appliquait au jeûne et à l'oraison. Par ses prières, il ren­dait la santé à un grand nombre d'infirmes, il chassait les esprits immondes, guérissait ceux que la maladie retenait sur leur couche, purifiait les lépreux, rendait la vue aux aveugles, et convertissait au Seigneur Jésus-Christ les cœurs de beaucoup de païens : son zèle le porta aussi à renverser les tem­ples des idoles et leurs simulacres. Tircan ayant appris toutes ces choses, en fut outré de colère, et il alla en faire son rapport à Flaccus. « Il y a dans la ville », lui dit-il, « un nommé Grégoire, qui, non content de mépriser les dieux, séduit les esprits et ne fait aucun cas de tes ordres ». Flaccus, à cette nouvelle, fut saisi par le démon de la colère, et aussitôt il donna l'or­dre à quarante soldats de lui amener enchaîné le bienheureux Grégoire. Les satellites, obtempérant à l'injonction de leur maitre, lui présentèrent bien­tôt le captif qu'ils avaient cherché.

Martyre de saint Grégoire de Spolète

Flaccus s’étant assis sur son tribunal avec Tircan, et regardant fixement le bienheureux Grégoire, lui parla en ces termes :

« Tu es Grégoire de Spo­lète ? ».

Grégoire répondit :

« Je le suis »

« Est-il vrai que tu méprises les dieux, et que tu ne tiens nul compte des ordres des princes ? »

« Si tu veux savoir le vrai, je te dirai que depuis mon enfance je n’ai jamais abandonné mon Dieu, qui m’a formé du limon de la terre ».

« Et qui est ce Dieu-là ? »

« C’est celui qui a fait l’homme à son image et ressem­blance : c’est le Dieu fort, le Dieu immortel, qui rend à chacun selon ses œuvres »

« Point tant de paroles ; mais fais ce que je t’ordonne ».

« Je sais quels sont tes ordres ; pour moi, je fais ce que je dois faire ».

« Si donc tu agis ainsi pour ton salut, entre dans ce temple auguste, et sacrifie à nos grands dieux. Jupiter, Minerve et le vénérable Asclépius : par là tu mériteras de recevoir de grands biens de nos invincibles princes, et tu seras notre ami ».

« Je n’envie nullement votre amitié ; je ne sacrifie donc point aux démons, mais à mon Dieu Jésus-Christ »

« Quelle folie te pos­sède, misérable Grégoire ? Sache bien que tu attireras ainsi sur ta tête les peines les plus sévères ».

« Je n’ai jamais été atteint de folie : c’est toi plutôt, qui ne reconnais pas ton Créateur, le Seigneur Jésus-Christ ; car il est manifeste que Jupiter, Minerve et Asclépius dont tu parles, sont des démons ». 

Flaccus dit alors :

« Brisez-lui les mâchoires en le souffletant », et lui disant : « Cesse tes blasphèmes contre les dieux, et ne sois plus opiniâtre ».

Grégoire répondit :

« Je n’ai jamais été opiniâtre : vous autres, vous êtes les ministres de Satan, puisque vous faites sa volonté ».

Tircan lui dit :

« Grégoire, je t’engage à sacrifier avant que ton corps soit mis en pièces ».

Grégoire lui repartit :

« Il m’est plus avantageux que mon corps soit perdu que mon âme : faites ce que vous voudrez ».

Flaccus et Tireau lui dirent :

« Allons, sacrifie aux dieux, avant que nous en venions aux tourments »

Grégoire répondit :

« Je te l’ai déjà dit, et je le répète : je ne sacrifie point à vos démons, mais à mon Seigneur Jésus-Christ, qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent ».

Flaccus dit alors :

« Apportez des bâtons noueux, et brisez-lui le dos, en lui disant : « Voilà ce que méritent ceux qui méconnaissent les dieux et méprisent les princes ».

Grégoire dit au président :

« Je veux que tu saches, Flaccus, que pour les tortures que tu exerces sur mon corps, je recevrai au ciel une double récompense »,

Flaccus dit aux bourreaux :

« Tournez-le sur le dos, et frappez-le sur le ventre avec vos bâtons ».

Grégoire levant alors les yeux au. ciel, priait ainsi :

« Ayez pitié de votre serviteur, ô Dieu, vous le Saint d’Israël ; délivrez mon âme de la crainte de l’ennemi »

Flaccus et Tireau lui dirent :

« Aie pitié de toi-même avant de mourir : c’est un conseil d’ami que nous te donnons ».

Grégoire répondit :

« Retire-toi de moi, ministre de Satan ; va faire tes oblations. Le Seigneur Jésus-Christ m’assiste pour me fortifier au milieu de mes blessures »

Flaccus lui dit :

« C’est donc encore une de tes folies, mal­heureux, qui ne te permet pas de prolonger ton existence ».

Grégoire répondit :

« Mets, si tu veux, tout mon corps en pièces ; le Seigneur protège mon âme et la vivifie ».

Instruments de supplice
Instruments de supplice

Flaccus désespérant de vaincre sa constance, dit alors aux bourreaux :

« Liez-lui les pieds et les mains, étendez-le sur le gril embrasé et disposez du bois par-dessous ».

Les ministres firent ce qui leur avait été commandé et préparèrent le feu. Le bienheureux Grégoire s’écriait du milieu du bra­sier, et disait au Seigneur :

« Seigneur Jésus-Christ, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, Dieu de nos pères, qui ne rejetez point les prières de vos serviteurs, qui êtes entré, avec les trois enfants, dans la fournaise, secourez-moi, votre serviteur, au milieu des tribulations que j’endure en ce moment ».

Comme il parlait encore, un grand tremblement de terre reten­tit dans la ville de Spolète, et toute une région de la cité s’écroula, cou­vrant de ses ruines plus de quatre cent cinquante personnes, toutes païennes et adonnées au culte des idoles. À ce spectacle, Flaccus rugit comme un lion, et cédant à la terreur, il s’enfuit. Mais Tireau dit aux satellites :

« Apportez des chaînes de fer pour le lier, enfermez-le dans la prison, et faites-le garder soigneusement par les soldats ».

Le bienheureux Grégoire étant entré dans la prison, l’Ange du Seigneur lui apparut et lui dit :

« La paix soit avec toi, Grégoire ! Ne crains rien ».

Au même instant ses chaînes se brisèrent, et il fut environné de la clarté du Seigneur. À cette vue, il se jeta à terre et adressa au Seigneur cette prière :

« Je vous rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, qui avez envoyé votre saint Ange pour fortifier mon âme : je vous loue de tout mon cœur et je glorifierai éternellement votre nom, parce que vous m’avez fait miséricorde ; oui, vous êtes le Dieu unique ».

L’Ange lui dit :

« Courage, bon et fidèle serviteur ; puisque tu as été fidèle en de petites choses, je t’établirai sur de plus grandes : entre dans la joie de ton maître ».

Et en disant ces paroles, il disparut à sa vue. Le bienheureux Grégoire, se levant aussitôt, se mit à louer et à bénir Dieu. 

Le jour suivant, Flaccus ordonna de dresser son tribunal au milieu du Forum et de lui présenter le bienheureux Grégoire. Lorsqu’il fut arrivé, Flaccus lui dit :

« Maintenant donc quitte ta folie, et viens sacrifier à nos grands dieux, que tu as niés jusqu’à présent ».

Grégoire répondit :

« Jamais je n’ai sacrifié aux démons, ni ne sacrifierai, si ce n’est à mon Seigneur, qui a daigné me faire parvenir à cette couronne de justice ».

Flaccus dit alors : 

« Apportez les peignes de fer, et frappez-en ses genoux de toutes vos forces, afin qu’au moins par ce moyen, nous puissions le guérir de sa sot­tise ».

Grégoire lui répondit :

« Vois pourtant ce que tu es, toi qui sers les démons et qui adores des idoles sorties des mains des hommes. Car si tu connaissais ton créateur le Seigneur Jésus-Christ, tu l’adorerais, lui devant qui tremblent tous les Anges ».

« Moi, je sers les démons, scélé­rat ! »

« On voit bien que tu es aveuglé par eux ».

« Apportez les lampes ardentes, et brûlez-lui les flancs, en lui disant : « Ne sois pas superbe ».

« Quand tu ferais de mon corps entier une seule plaie, près de moi est mon médecin, le Seigneur Jésus-Christ, qui me guérit et me for­tifie, en sorte que tous ces maux que tu parais me faire endurer, je les regarde comme rien ».

« Approche, maudit, et tâche de te concilier la faveur des dieux immortels avant que je te livre à la mort ».

« Maudits sont tous ceux qui se confient aux idoles ! »

Flaccus, entendant ces paroles, s’enflamma comme une fournaise et s’écria :

« Appelez vite Tircan ! »

« Me voici », répondit celui-ci.

Et aussitôt l’impie Flaccus donna l’ordre de traîner le bienheureux Grégoire au milieu de l’amphithéâtre et de le déca­piter.

Grégoire, étant arrivé à l’amphithéâtre, fit au Seigneur cette prière :

« Béni soyez-vous, Seigneur, mon Dieu et mon roi, mon aide et mon libé­rateur, qui avez daigné, en ce jour, m’appeler de ce monde pour aller à vous ! ».

Et levant les yeux au ciel, il entendit une grande voix qui lui disait :

« Voici que tu vas être couronné, ô Grégoire ! Tu es inscrit au nombre de mes Saints : viens à moi, béni du Seigneur ! Ta demeure au ciel est pré­parée ».

L’Ange parlait encore, que le satellite Aquilin trancha la tête au martyr. Tircan commanda de lâcher les bêtes fauves, afin qu’elles dévo­rassent son corps ; mais ces animaux furieux baissèrent leurs têtes devant ces précieux restes, comme s’ils les eussent adorés. La foule, témoin de ce prodige, s’écria à haute voix :

« Il est vraiment grand, le Dieu des chré­tiens ! »

Et bon nombre d’entre eux crurent au Seigneur. Ce même jour Flaccus, frappé par un Ange, expira en rendant ses entrailles par la bouche.

Cependant, le corps du bienheureux Grégoire gisait étendu au milieu de l’amphithéâtre. Une femme chrétienne, nommée Abondantia, alla trouver Tireau pour lui demander l’autorisation d’enlever le corps du saint mar­tyr. Tireau lui dit :

« Donne-moi trente-cinq pièces d’or, et prends-le ».

Abondantia lui répondit :

« Je donnerai volontiers la somme que tu demandes ; seulement je te prie de me livrer le corps sans délai ».

Tircan lui dit :

« Apporte-moi ce que je t’ai dit, et enlève le corps ».

Cette femme lui ayant compté les trente-cinq pièces d’or, fit enlever le corps, pleine de joie, bénissant Dieu, et disant :

« Béni soit le Seigneur, qui n’a point dédai­gné ma prière ni éloigné de moi sa miséricorde ! »

Elle couvrit ensuite le corps saint de baume, de nard et d’aromates de prix, et l’ensevelit près du pont de pierre, sur le bord du ruisseau qu’on nomme Sanguinaire, non loin des murs de la ville, le 9 des calendes de janvier, en chantant des hymnes et des cantiques, et disant :

« Le Seigneur est admirable en ses Saints : le Dieu d’Israël donnera lui-même la vertu et la force à son peuple ; Dieu soit béni ! Le Seigneur est juste en ses paroles et saint en toutes ses œuvres : c’est lui qui donne les pieux désirs et qui bénit les années du juste ».