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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Hagiographie

On convient généralement que saint Etienne était un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ. Comme le nombre des fidèles augmentait tous les jours, les Apôtres ordonnèrent sept diacres pour les aider dans la dispensation du temporel de l’Église et dans celle des saints mystères. Saint Etienne eut la primauté et la préséance parmi ces nouveaux ministres. Homme rempli de foi et du Saint-Esprit, il disputait souvent contre les Juifs, et les confondait. Les docteurs de la loi en furent piqués. Ils se saisirent de lui, le traînèrent dans le lieu de leurs assemblées, et produisirent des témoins qui prétendaient l’avoir entendu blasphémer contre la loi. Etienne conservait, au milieu de ses ennemis, sa tranquillité ordinaire, et eux-mêmes, en le voyant, crurent voir un ange du Seigneur. Il leur reprocha la dureté de leur cœur, qui les empêchait de comprendre que le Messie était venu ; et à la fin de son discours, il s’écria :

« Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ».

Aussitôt les Juifs, furieux, se jettent sur lui, et le traînent hors de la ville pour le lapider. Il mourut en priant pour ses bourreaux, et eut ainsi la gloire de verser le premier son sang pour la cause de Jésus-Christ.

Le divin Sauveur fut toute sa vie un modèle de douceur que nous devons tous constamment nous appliquer à imiter. . Personne n’ignore avec quelle bonté il supporta la faiblesse, l’ignorance et les préjugés des uns, la méchanceté et la jalousie des autres, l’ingratitude de ses amis, l’orgueil et l’insolence de ses ennemis. Quoi de plus touchant que cette patience qu’il fit paraître, que ce silence qu’il s’imposa devant des juges iniques et durant tout le cours de sa passion ! Il mourut en priant pour ses bourreaux ! . Pour nous engager à pratiquer la douceur, il nous en a démontré la nécessité, il nous en a fait sentir les avantages, il nous en a donné l’exemple. Cette vertu brille dans tous les Saints ; elle est le caractère spécial de saint Etienne.

Quels sont les attributs de saint Étienne ?

On représente saint Etienne : 1°) s’agenouillant sous le coup de la mort, les yeux tournés vers le Sauveur qui lui apparaît ; 2°) portant sur un livre ou dans le pan relevé de sa dalmatique quelques cailloux, instruments de son martyre ; 3°) en groupe, avec saint Laurent, parce qu’ils sont l’honneur et le modèle de leur Ordre.

Saint Etienne est le patron d’Agde, Agen, Arles, Auxerre, Besançon, Bourges, Brisach, Cahors, Carlsruhe, Cattaro, Châlons-sur-Marne, Châlon­s-sur-Saône, Dijon, Epinal, Gien-sur-Loire, Halberstadt, Limoges , Lyon, Mâcon, Marsal, Meaux, Metz, Mulhouse, Nimègue, Passau, Pavie, Péri­gueux, Ratisbonne, Saint-Brieuc, Sens, Spire, Toul, Toulouse ; de la Bavière, de la Lorraine, du Palatinat, et des tailleurs de pierres et frondeurs.

Le martyre de saint Étienne

Il nous a aussi donné l’exemple de la plus belle et de la plus souhaitable de toutes les morts : car il est mort dans la fleur de son innocence, dans la rigueur du martyre, et dans l’exercice actuel de la charité envers Dieu, envers l’Église et envers ses propres ennemis. Les chrétiens pleurèrent ce grand homme comme un de leurs principaux appuis, et ils lui rendirent les derniers devoirs avec les soins et les honneurs dus à un martyr qui avait en peu de temps remporté de très-signalées victoires sur le judaïsme, et dont le sang devait être la semence d’une infinité de chrétiens et de martyrs.

Il fut lapidé hors de Jérusalem, à la porte Aquilonaire, dans une vallée destinée pour l’exécution des blasphémateurs, lesquels, selon la loi de Moïse, devaient être mis à mort à coups de pierre. Là, on dressait un perron en forme d’échafaud, où l’on faisait monter le criminel ; puis le dénonciateur ou le principal témoin jetait la première pierre, et ensuite les autres continuaient jusqu’à ce que le patient fût assommé. Son corps était demeuré un jour et une nuit exposée au lieu même de son supplice, afin qu’il fût dévoré des bêtes : mais le docteur Gamaliel le fit enlever et trans­porter dans sa maison de campagne, à six ou sept lieues de la ville ; c’est l’endroit où il a été trouvé, ainsi que nous l’avons dit au 3 août, jour auquel l’Église célèbre la fête de l’invention de son corps.

Quelles sont les reliques de saint Étienne ?

La mémoire du premier martyr saint Étienne a toujours été très vénérable parmi les chrétiens : la France surtout lui a porté de tout temps une singulière dévotion, en dédiant en son honneur un grand nombre de chapelles, de prieurés, d’abbayes, de paroisses, de collégiales et de cathé­drales.

L’oratoire de Saint-Étienne de Metz, aujourd’hui cathédrale, était, au rapport de saint Grégoire de Tours, un des plus célèbres des Gaules par son antiquité et par ses miracles. Les plus anciennes chroniques en attribuent la fondation à saint Clément, premier évêque de Metz, et disciple du Prince des Apôtres. Le saint évêque l’aurait doté d’insignes reliques, et en particulier d’un caillou, qui aurait servi à la lapidation du premier Martyr, et était encore teint de son sang. Mais la relique la plus précieuse est une fiole du sang de ce glorieux Martyr. Saint Grégoire de Tours atteste l’existence des reliques du corps de saint Étienne dans l’oratoire de Metz, au Ve siècle. Paul Diacre constate également, au VIIIe siècle, la présence du précieux sang du diacre martyr, qui se conser­vait vif et vermeil, sans corruption. Le même fait est attesté par Charlemagne dans une charte adressée à saint Angelramme, évêque de Metz, et par tous les chroniqueurs qui ont eu occasion de parler de ce célèbre sanctuaire, en particulier le diacre Donat, dans la Vie de saint Trudon, les deux auteurs de la Vie de sainte Glossinde, écrivains du IXe et du Xe siècle, enfin saint Notker de Saint-Gall, écrivain du IXe siècle, dans ses Hymnes en l’honneur du premier Martyr, adressés à Robert, évêque de Metz.

Mais l’événement qui donna le plus de célébrité à l’oratoire de Saint-Étienne est sa conservation miraculeuse au milieu du sac de la ville par Attila. L’oratoire de Saint-Étienne devint dès lors le sanctuaire le plus vénéré de la province, et sa réputation se répandit dans toutes les Gaules : la confession du saint Martyr, illustrée par d’écla­tants miracles, était l’asile le plus sacré et le plus inviolable. Les offrandes y affluaient de toutes parts. Saint Bertrand, évêque du Mans, disciple de saint Germain, de Paris, lui fit plusieurs donations confirmées dans son testament, afin que son nom fût inscrit dans les diptyques, et qu’il pût avoir part aux prières qui se faisaient dans ce célèbre sanctuaire. Saint Rémacle, évêque de Maëstricht, engagea le jeune Trudon, seigneur de Hasbain, à lui consacrer ses immenses richesses. Les évêques de Metz surtout l’enrichirent à l’envi d’ornements précieux et des reliques mêmes du saint diacre martyr. Saint Arnoul, saint Goëric et leurs successeurs lui firent des dons magnifiques, qui rendirent le trésor de la cathédrale de Metz un des plus riches de l’Europe. Thierry II, au XIe siècle, procura à l’église de Saint-Étienne un bras du saint Martyr. En 1376, Thierry Bayer de Boppart lui donna le chef même de saint Étienne, qu’il tenait de la libéralité de l’empereur Charles IV, à qui le pape Urbain V en avait fait présent. Aussi le trésor de Saint-Étienne de Metz devint-il comme une mine sacrée, d’où, à différentes époques, les évêques de Metz tirèrent de précieuses reliques du saint Martyr pour en enrichir d’autres églises. Ainsi Hilduart, évêque d’Halberstadt, obtint, en 980, du bienheureux Thierry Ier, du sang de saint Étienne, et deux articles des doigts du saint Martyr, qu’il transporta dans son église. Mais le monument le plus glorieux, élevé à la mémoire de saint Étienne par la piété des Messins, est la basilique consacrée encore aujourd’hui sous son invo­cation. L’Église de Metz ne possède plus aujourd’hui de tontes ces précieuses reliques du premier Martyr, que le caillou qui a servi à sa lapidation et quelques portions de ses os. Un grand nombre d’églises du diocèse, en particulier les anciennes collégiales qui relevaient du Chapitre de Metz, ont pour patron saint Étienne. L’Église de Metz possédait, selon les chroniques, dans le Rouergue, depuis les conquêtes de Thierry Ier, roi d’Austrasie, sur les Visigoths, le petit évêché d’Arisitum, espèce de coadjutorius dans le principe, qui fut perdu vraisemblablement au VIIIe siècle. Arisitum a gardé pour souvenir de la juridiction des évêques de Metz la consécration de ses églises à saint Étienne. Il en reste encore maintenant dix de ce titre, et l’on croit qu’elles indiquent par leur emplacement la circonscription du vieux territoire diocésain. 

Sur la crypte consacrée par saint Bénigne, à Dijon, on bâtit, vers l’an 343, une basilique qui devint église cathédrale en 1731. Il y avait, en 1141, dans l’autel principal, une fiole du sang de saint Étienne.

Avant la Révolution, on conservait à Cluny une relique insigne du premier Martyr, qui avait passé de la chapelle des empereurs de Constantinople dans le trésor de l’Église d’Edesse. L’archevêque de cette ville donna à Geldoin, moine de Cluny, un doigt du saint Martyr qui fut apporté à Pierre le Vénérable. Cette insigne relique fut reçue à l’abbaye avec les plus grands honneurs et enchâssée dans un splendide phylactère de cristal, rehaussé d’or et enrichi de pierreries.

À Rome, l’église de Saint-Étienne le Rond possède un joli petit temple grec qui renferme des reliques de saint Étienne. Le corps du saint Martyr repose dans une Crypte derrière l’autel majeur de la basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs, à côté de saint Laurent. La basilique est dédiée aux deux Martyrs. Le jour de la fête de saint Étienne, ou expose, dans un reliquaire d’argent, deux des pierres apportées de Jérusalem, qui servirent à la lapidation du Saint. Cette basilique a été restaurée et très-embellie par le pape Pie IX.

Le crâne de saint Étienne se trouve à Vienne, dans l’église métropolitaine, placée sous l’invo­cation du saint Martyr. Cette relique avait été donnée à l’église de Notre-Dame de Wetzlar par Hermann et Udo, comtes de Habsbourg ; à l’époque de la réformation, l’empereur Léopold la fit apporter à Vienne.

Quand on sort de la ville de Jérusalem pour venir dans la vallée de Cédron, on passe par la porte de Saint-Étienne. C’est en ce lieu que les Juifs trainèrent le saint Martyr qui leur reprochait la dureté de leurs cœurs, et le lapidèrent. On montre le rocher sur lequel Étienne tomba en priant pour ses persécuteurs, et le lieu où ceux-ci mirent leurs vêtements aux pieds de Saul.

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Saint Etienne

Premier diacre et premier martyr

Étienne en dalmatique de diacre tenant un livre de la main droite, une palme de la main gauche et surmonté par trois pierres, celles de son supplice (retable de Carlo Crivelli, 1476).

Présentation

Fête saint : 26 Décembre

Temps de lecture : 5 min.

Date : 35
Pape : Saint Pierre
Empereur : Tibère

Sommaire

Pensée

« La même charité qui a fait descendre du ciel en terre a élevé Etienne de la terre au ciel. Cette charité, qui avait d’abord éclaté dans le roi, a paru ensuite dans son soldat » (saint Fulgence).

Pratique

Le pardon des injures.

Priez

Pour ceux qui vous persécutent.