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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

Histoire des Saints, des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Désiré

Aux diocèses de Saint-Claude et de Besançon, saint Désiré, évêque de ce dernier siège et confesseur. ✞ Vers 414.

Sommaire

Hagiographie de saint Désiré

Saint Désiré naquit à Lons-le-Saulnier (Jura), sur la fin du IVe siècle. Il était d’une famille gallo-romaine, distinguée par sa noblesse et par sa piété. 

Ainsi que l’indique son nom, cet enfant fut accordé par le ciel aux prières de ses parents. Avant qu’il vînt au monde, ils eurent des révélations de sa sainteté future, et il leur fut prédit qu’un jour, il deviendrait évêque. Les heureuses dispositions que Désiré montra dès sa plus tendre enfance confirmèrent ces prédictions.

Il n’avait de goût que pour les choses de Dieu ; il ne disait rien, il ne faisait rien qui n’engageât tout le monde à l’admirer et à l’aimer. Il avait surtout un grand amour de la chasteté, et cette vertu répandit sur toute sa vie cet éclat pur qui rend l’homme semblable aux anges. Ses parents, voulant répondre aux desseins que Dieu paraissait avoir sur cet enfant de bénédiction, prirent le plus grand soin de le faire instruire. Nous ignorons à quels maîtres il fut confié. Alors la Séquanie n’avait pas encore d’écoles monastiques pour former les jeunes gens destinés au sacerdoce, comme elle en eut plus tard à Condat et à Luxeuil. Peut-être Désiré fut-il envoyé à Lyon, dans la célèbre école d’Aisnay, dirigée par l’abbé Sabin, et où furent formés, quelque temps après (vers 400), saint Romain et saint Véran. Peut-être encore (et ceci paraît plus probable), fut-il confié à la communauté des clercs de Besançon, établie par l’évêque saint Just vers 365.

Saint Désiré
Fête saint : 27 Juillet
Saint Désiré de Besançon
Présentation
Titre : Évêque de Besançon
Date : 414
Pape : Saint Innocent Ier
Empereur : Honorius

Il n'avait de goût que pour les choses de Dieu ; il ne disait rien, il ne faisait rien qui n'engageât tout le monde à l'admirer et à l'aimer. Il avait surtout un grand amour de la chasteté, et cette vertu répandit sur toute sa vie cet éclat pur qui rend l'homme semblable aux anges...

Ses vertus

Quoi qu’il en soit, les soins dont on entoura la jeunesse de saint Désiré ne furent pas inutiles. Il se distingua dans les écoles, parmi tous ceux de son âge, par beaucoup de sagesse et par une grande facilité pour l’éloquence. Admis aux ordres sacrés, il en remplit les charges avec tant de zèle et tant de succès, que la réputation de ses vertus se répandit bientôt dans toute la province. Il fut témoin des ravages que les Vandales commirent dans la Séquanie, sous la conduite de Crocus. Saint Antide venait d’être immolé par la fureur de ces barbares (407). Quand la tempête fut passée, le clergé et le peuple de Besançon choisirent unanimement Désiré pour remplacer le saint évêque martyr. 

Ce choix fut heureux pour le diocèse. Car saint Désiré ne sembla avoir été élevé en dignité que pour montrer ses vertus dam tout leur éclat. Uniquement préoccupé de la gloire de Dieu et du salut de son troupeau, il était assidu à instruire les fidèles de la parole divine ; il visita lui-même les malades et en guérit un grand nombre ; il allait dans les prisons voir les captifs, les consoler et même les racheter toutes les fois qu’il le pouvait ; les pauvres, les veuves et les orphelins étaient comme sa famille ; enfin, il eut soin de former de saints prêtres, qui furent les témoins de son zèle, les imitateurs de ses vertus, et qui continuèrent ses bonnes œuvres. C’est ainsi qu’il embrassait toutes les parties de la charge que Dieu lui avait confiée.

Les stations

Telle est la vie de ce saint prélat, d’après les traditions qui ont été conservées dans les légendaires et les martyrologes. Du reste, nous ne connaissons aucune de ses actions en particulier. Le zèle des évêques pour le salut des âmes et l’instruction des fidèles les portaient à visiter souvent les différentes parties de leur diocèse, pour y annoncer la doctrine chrétienne. Car alors ils remplissaient ordinairement seuls le ministère de la prédication. Accompagnés d’une partie de leur clergé, ils allaient, dit Dunod, pendant le cours de l’année, dans les lieux considérables de leurs diocèses, prêcher la parole de Dieu, célébrer les offices divins et administrer les sacrements, comme ils le font aujourd’hui dans leurs visites pastorales. C’est ce qui s’appelait des stations. Conformément à l’usage de son temps, saint Désiré visita les églises, peu nombreuses encore, qui existaient hors de Besançon.

Si l’on en croit la tradition, Lons-le-Saulnier, sa ville natale, possédait une église en l’honneur de la résurrection de Jésus-Christ et sous l’invocation de saint Nicolas. Notre saint prélat passe pour en être le fondateur ou au moins le restaurateur, et naturellement elle dut être pour lui un but de station. Une autre église non moins ancienne existait aussi dans le voisinage de Lons-le-Saulnier. C’est celle de Coldres bâtie au sommet d’une des montagnes qui dominent la vallée de Conliège, et dédiée à saint Etienne. Cette église, qui subsiste encore, est aperçue à une grande distance, et l’on pense qu’à cette époque elle servait de paroisse à tous les villages environnants.

Ce. fut probablement dans le cours d’une de ces visites que saint Désiré mourut, en 413 ou 414. Il rendit son âme à Dieu avec une grande joie, disent les anciennes chroniques, ayant toujours souhaité la mort comme l’entrée de la vie bienheureuse. Ainsi, il n’aurait tenu le siège de son église que pendant cinq ou six ans. Son corps, placé dans un sarcophage de pierre, fut enterré dans l’église qu’il avait fait bâtir à Lons-le-Saulnier, et qui porte encore son nom.

Culte

Les peuples, pleins de reconnaissance envers ce prélat, vinrent en foule honorer son sépulcre et implorer sa protection.

Dès le IXe siècle, l’église de Saint-Désiré fut placée sous le patronage de l’abbaye de Baume. Dans le cours du XIIe siècle, on ajouta un cloître à l’église, et les religieux qu’on y plaça furent chargés du service divin. Ils avaient le titre de curés et de recteurs, et réglaient tout ce qui regardait la tenue des écoles, le service de la paroisse et la garde des reliques. Depuis la mort de saint Désiré jusqu’à nos jours, le nom de ce prélat s’est conservé dans la mémoire des peuples comme un souvenir de bénédiction. Déjà, à une époque très-reculée, sa fête se célébrait tous les ans à Lons-le-Saulnier, le 27 juillet. Elle y attirait, ce jour-là, un grand nombre de fidèles qui accouraient, comme les anciens pèlerins, pour honorer le tombeau de l’illustre évêque. Au XIe siècle, ses ossements avaient été tirés du sarcophage de pierre et placés dans une châsse de bois, pour être exposés à la dévotion des peuples. Son chef vénérable fut donné à l’église de Baume-les-Moines, où cette sainte relique est encore aujourd’hui conservée.

Abbaye de Baume les Messieurs
Abbaye de Baume les Messieurs
Église Saint-Désiré de Lons-le-Saunier
Église Saint-Désiré de Lons-le-Saunier

Reliques

En 1465, sous l’épiscopat de Charles de Neuchâtel, archevêque de Besançon, les nobles et honorables échevins, bourgeois et habitants de Lons-le-Saulnier, voulant élever un monument en l’honneur de leur glorieux patron, firent faire à Salins une châsse magnifique. Les reliques de saint Désiré furent transférées de leur ancienne châsse en bois dans cette nouvelle châsse d’argent, le 21 juillet, jour de la fête de saint Désiré, en présence de tous les magistrats de la ville et d’un grand concours de peuple. Ses reliques étaient exposées aux fêtes solennelles, dans l’octave de la fête patronale et dans les calamités publiques. Mais cette exposition ne pouvait se faire qu’avec le concours des autorités municipales. Les vignerons de Lons-le-Saulnier étaient spécialement chargés de garder la sainte châsse pendant la durée de l’exposition. Ils l’accompagnaient toujours, armés de hallebardes, dans les processions qui se faisaient à la fête patronale. Cet antique usage a subsisté jusqu’en 1792. On vit alors, au respect pour la mémoire et les reliques des saints, succéder l’outrage et la dévastation. La Convention nationale avait ordonné la destruction de tous les signes extérieurs du culte catholique. Les reliques du saint évêque furent apportées à l’hôtel national et jetées au feu après une joyeuse orgie, et la châsse envoyée à la Monnaie. Cependant, toutes les reliques du Saint n’avaient pas été consumées par la flamme, et une personne pieuse fut assez heureuse pour recueillir secrètement, parmi les cendres, les ossements qui avaient échappé à la destruction. Le peu de reliques que l’on conserva ainsi fat partagé entre les deux églises de Lons-le-Saulnier. En 1801, lorsque la liberté eut été rendue au culte catholique par le Concordat, le clergé de la ville fit faire une châsse nouvelle, en bois doré, et l’on y enferma ce qui restait de ces saintes dépouilles. En 1834, la fabrique de l’église de Saint-Désiré consacra une somme de quatre mille francs à l’achat d’une châsse en cuivre doré, d’un travail précieux. Déposée solennellement dans une chapelle latérale de l’église paroissiale, cette châsse ne renferme d’autres reliques de saint Désiré qu’une portion du bras et du doigt. La translation en fut faite au mois d’août, par M. de Montgaillard, vicaire général du diocèse de Saint-Claude.

Martyrologes

Le sarcophage de pierre de grès, où avait reposé le corps de notre saint évêque, est encore aujourd’hui dans la crypte même construite dans l’église de Saint-Désiré. Les profanations auxquelles ce glorieux sépulcre a été livré dans les jours mauvais n’ont fait que le rendre plus vénérable encore. Car tout ce qui se rattache au souvenir de saint Désiré est cher aux fidèles de Lons-le-Saulnier. Rien de plus populaire parmi eux que le culte de leur glorieux patron, et sa mémoire sa perpétue dans les familles chrétiennes, comme un héritage de la piété. Il y a, dans le diocèse de Besançon, trois paroisses qui ont choisi saint Désiré pour patron : c’est Byans et Soye dans le Doubs, et, dans la Haute-Saône, Choye, dont l’ancienne église remontait au IXe siècle.

Saint Désiré est inscrit dans tous les martyrologes modernes. Les plus anciens catalognes et les laudes ou litanies de l’Église de Besançon lui donnent le titre de saint, et son office se célèbre sous le rite double de neuf leçons.