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D’après les Bollandistes, le père GIRY, les propres des diocèses et tous les travaux hagiographiques. Vies des Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs Sacrés et ecclésiastiques, des Vénérables, et autres personnes mortes en odeur de sainteté.

Histoire des Reliques, des pèlerinages, des Dévotions populaires, des Monuments dus à la piété depuis le commencement du monde jusqu’aujourd’hui.

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Saint Augustin de Cantorbéry

À Cantorbéry, en Angleterre, saint Augustin, évêque, qui fut envoyé en ce pays par saint Grégoire, pape, avec d'autres missionnaires, et prêcha l'Évangile du Christ à la nation anglaise, et qui, glorieux par ses vertus et ses miracles, s'endormit dans le Seigneur. ✞ 605.

Hagiographie

Du christianisme, qui semble avoir été prêché en Bretagne, au moins parmi les Romains, dès le IIe siècle, il ne restait presque rien à la fin du VIe. Il avait été florissant cependant. On trouve des évêques bretons aux conciles d’Arles en 314 et de Rimini en 359. Mais après qu’Honorius, en 410, eut rappelé les légions romaines qui y tenaient garnison et devenaient plus nécessaires ailleurs, les Bretons, assaillis par les Pietés et les Scots, commirent la faute d’appeler à leur aide les Saxons du Jutland, du Sleswig et de la Westphalie. Et ceux-ci, après avoir vaincu les Pietés, s’installèrent en maîtres dans le pays qu’ils étaient venus secourir, refoulant ses habitants vers les Galles et la Cornouaille. Ils allumèrent ainsi dans l’âme des bannis une haine tenace qui creusa entre les deux peuples un infranchissable fossé. C’est pourquoi les Bretons, restés fidèles à la foi chrétienne, mais isolés de Rome et s’entêtant dans leurs coutumes locales, refusaient tout rapport avec leurs vainqueurs et s’abstinrent volontairement de leur prêcher l’Évangile. Les Saxons, — et les Angles qui les avaient rejoints —, étaient donc demeurés païens, ignorant à peu près tout du christianisme. Pourtant, vers 589, le roi du Kent, Ethelbert, un des souverains saxons, avait épousé Adelberge, ou Berthe, fille de Caribert Ier, roi de Paris, et arrière-petite-fille de Clovis.

À cette heure, Grégoire le Grand était pape. Bien avant de le devenir, il était tourmenté du désir de l’apostolat. On sait comment, selon la légende, ce désir s’était avivé, en 588, par la rencontre qu’il fit, sur les marchés de Rome, de quelques captifs anglo-saxons, comment aussi, parti avec l’autorisation de Pelage II, pour évangéliser la Bretagne, il avait été rejoint à trois journées de la ville et ramené de force par le peuple romain. Deux ans après, il était, de force aussi, placé sur le siège de Pierre, et il ne tardait pas à réaliser son rêve de porter la foi aux nations saxonnes, sinon par lui-même, du moins par des apôtres inspirés, formés, soutenus par ses leçons.

Il les avait demandés au couvent de Saint-André du mont Coelius, que lui-même avait établi dans son palais familial. Quarante moines répondirent à son appel. À leur tête se trouvait Augustin, le prieur ; parmi eux, Pierre, le premier abbé de Cantorbéry ; Honorius, qui deviendra archevêque, et un prêtre séculier, peut-être Laurent, qui s’assit le second sur le siège primatial. Or leurs noms et le fait de leur généreux apostolat, on ne sait rien d’aucun d’eux. On a conclu de ce que les historiens, même les plus soucieux de ce détail, n’ont rien dit de leur naissance, qu’ils sortaient du peuple. Un protestant, du reste assez mal disposé à l’égard de saint Augustin, avoue qu’il devait être, qu’il fut « docile et entreprenant, pieux, enthousiaste et discret ».

Saint Augustin de Cantorbéry

Fête saint : 28 Mai

Présentation

Titre : Et l’évangélisation de l’Angleterre
Date : 605
Pape : saint Grégoire le grand

Le 25 avril donc, Augustin, en procession toujours, faisait son entrée dans la résidence royale, assemblage de huttes grossières élevées sur les ruines de l’ancienne cité romaine. Avec ardeur, il entreprit d’enseigner au roi et à son peuple la doctrine chrétienne ; la foi pénétrait aisément dans ces esprits simples et bien disposés, malgré leur grossièreté native, grâce aux miracles que Dieu faisait par les mains de ses ministres. Et le jour de la Pentecôte, l’eau sainte régénérait Ethelred et ses compagnons, dans la petite église de Saint-Martin, aux yeux d’une foule immense accourue de toutes parts. La conversion du roi apparut aussi sincère que rapide. Il voulut être le bienfaiteur de l’Église qui l’acceptait pour fils. Sur les terres qu’il donna, Augustin éleva une basilique en l’honneur des apôtres Pierre et Paul, une église sous le nom de Saint-Pancrace, saint très cher à Grégoire ; et le palais royal lui-même fit place à la cathédrale du Saint-Sauveur, Christ-Church.

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Auteur

Mgr Paul Guérin

Les Petits Bollandistes - Vies des Saints - Septième édition - Bloud et Barral - 1876 -
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Les apôtres futurs partirent de Rome à la fin de juin 595. Un voyage très lent les conduisit à travers la France jusqu’au port de Boulogne, où ils arrivèrent au printemps de 597. Il avait failli s’interrompre presque à son début. Tandis qu’Augustin allait s’acquitter d’un message du pape auprès de l’archevêque d’Arles, il avait laissé ses compagnons au célèbre monastère de Lérins. Là, ils purent, avides de connaître le peuple vers lequel ils étaient envoyés, se renseigner sur les Anglo-Saxons. Ce qu’on leur en dit fut si défavorable, que la crainte et le dégoût s’emparèrent d’eux ; ils eurent le désir de se rapatrier. Mais Augustin, qu’ils députèrent à Rome dans ce but, revint avec une lettre, douce tout ensemble et forte, de Grégoire, qui les animait et leur ordonnait de continuer leur route. Ils la reprirent donc vaillamment. Le succès devait répondre à leur obéissance et à leur sacrifice.

Au printemps de 597, la généreuse troupe, embarquée à Boulogne sans doute, mettait pied à terre dans un havre de l’île de Thanet, et tout de suite Augustin faisait demander à Ethelred de les recevoir. Le roi n’était pas sans connaître un peu le christianisme, ayant près de lui la chrétienne Bertha et l’évêque Liudhard, aumônier de la reine, qui célébrait pour elle les rites romains dans la petite chapelle de Saint-Martin, à Cantorbéry. Mais il apparaît bien que ni Tune ni l’autre, pour des motifs ignorés, n’avaient rien fait pour convertir le roi. Celui-ci n’avait sur la religion que des idées barbares et rudimentaires ; il eut peur des sortilèges dont il soupçonnait ces nouveaux venus ; au lieu de les appeler à lui, il répondit qu’il irait les trouver.

Au jour dit, il arrivait, entouré de ses guerriers en armes ; comme dans leurs conseils, il s’assit sous un arbre, pour éviter les enchantements, et donna audience aux moines, qui s’avançaient, croix en tête, portant une bannière, chantant des psaumes. Augustin marchait le dernier et sa haute taille dominait tous les rangs. Il parla, il fut écouté avec attention et bienveillance. Ethelred pourtant ne se déclara pas convaincu par la démonstration évangélique ; il promit de réfléchir et donna des ordres pour que, en attendant, les apôtres fussent bien traités. L’abord était donc bien moins redoutable que les pauvres moines ne le craignaient. Mais ils eurent bientôt occasion de se réjouir plus encore, lorsque le roi les manda à Cantorbéry, en manifestant le désir de se faire instruire.

Le 25 avril donc, Augustin, en procession toujours, faisait son entrée dans la résidence royale, assemblage de huttes grossières élevées sur les ruines de l’ancienne cité romaine. Avec ardeur, il entreprit d’enseigner au roi et à son peuple la doctrine chrétienne ; la foi pénétrait aisément dans ces esprits simples et bien disposés, malgré leur grossièreté native, grâce aux miracles que Dieu faisait par les mains de ses ministres. Et le jour de la Pentecôte, l’eau sainte régénérait Ethelred et ses compagnons, dans la petite église de Saint-Martin, aux yeux d’une foule immense accourue de toutes parts.

La conversion du roi apparut aussi sincère que rapide. Il voulut être le bienfaiteur de l’Église qui l’acceptait pour fils. Sur les terres qu’il donna, Augustin éleva une basilique en l’honneur des apôtres Pierre et Paul, une église sous le nom de Saint-Pancrace, saint très cher à Grégoire ; et le palais royal lui-même fit place à la cathédrale du Saint-Sauveur, Christ-Church.

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Puis, en possession désormais d’un troupeau, Augustin partit pour aller recevoir de l’archevêque d’Arles la consécration épiscopale. Quand il revint, dix mille catéchumènes l’attendaient, demandant le baptême : il leur fut conféré à Noël 597, dans les eaux de la Swale, petit bras de mer qui sépare le Kent de l’île de Sheppey.

Averti, Grégoire poussait des cris de joie ; il voyait déjà, dans une triomphante illusion, l’Angleterre entière conquise ; il en déterminait l’organisation ecclésiastique : Augustin serait le primat de l’île entière et, en gage de sa primauté, recevait le pallium. Le pape lui donnait des instructions diverses et détaillées que réclamait l’esprit, plus docile encore qu’entreprenant, de l’évêque. Avec une grande largeur de vues, un désir apostolique de conciliation, une tendresse paternelle pour ce peuple-enfant qu’il venait d’appeler à la vie, il prescrivait de ne pas renverser leurs temples, mais de les sanctifier par le service divin ; de ne pas interdire les fêtes coutumières, mais de les purifier en les associant à des cérémonies religieuses ; de se garder d’un exclusivisme intransigeant dans les règles liturgiques, et même de se montrer assez indulgent pour ne pas condamner des mariages que le droit ecclésiastique ne permettait pas ailleurs. Ainsi le pape réglait tout lui-même. Il avait été le premier apôtre de l’Angleterre ; il en était le premier législateur et, presque, le pasteur.

Ensuite les conversions se ralentirent ; l’Église d’Angleterre avait besoin de se fonder solidement, dans le recueillement et la paix. Augustin profita de ce temps pour essayer de réconcilier les Bretons avec les Saxons, devenus leurs frères dans la foi. Mais ses efforts furent vains. Dans deux réunions ou synodes, vers 602 ou 603, il se heurta, sans pouvoir les briser, à la vieille haine de race dont les Bretons poursuivaient leurs rapaces vainqueurs et aux préventions que sa qualité d’apôtre de leurs ennemis éveillaient dans ces peuplades humiliées et farouches. Il dut renoncer à son entreprise, non sans avoir prédit avec douleur les maux terribles qui résulteraient pour elles de leur entêtée rancune.

Le voici donc de retour au Kent. Son influence continue à s’y exercer. Deux ans encore, il convertit, il organise son troupeau ; il le prépare même à la civilisation ; il forme la bonne volonté d’Ethelred avec une sage modération ; tout en l’initiant aux principes du droit romain, il lui apprend à les accommoder aux traditions, aux besoins et aux mœurs de son peuple. Tous deux, ils inaugurent l’ère d’entente cordiale, maternelle d’un côté, filiale de l’autre, grâce à laquelle l’Église et la royauté feront de l’Angleterre l’île des saints.

Des traditions, — sans plus, — tendent à faire croire qu’Augustin essaya quelques courses apostoliques hors du Kent, vers le nord, vers le sud. Il n’en eut guère le temps du reste.

Il fonda cependant encore les deux évêchés de Rochester et de Londres. Et huit ans après son débarquement en Angleterre, le 25 mai 605, il allait partager le trône que Notre-Seigneur a promis et réservé à ses apôtres, « ceux qui ont renoncé à tout et l’ont servi. » Saint Grégoire l’avait précédé dans la gloire depuis deux mois seulement.

Quels sont les reliques de saint Augustin de Cantorbéry ?

Saint Grégoire le Grand mourut dès les premiers mois de l’an 605, et deux mois après, Augustin suivit son père et son ami dans la tombe. Le missionnaire romain fut enterré, selon la coutume de Rome, sur le bord de la voie publique, près du grand chemin romain qui conduisait de Cantorbéry à la mer, dans l’église inachevée du célèbre monastère qui allait prendre et garder son nom.

On transféra depuis dans la ville les reliques de saint Augustin, et on les déposa dans le porche de la cathédrale. Le 6 septembre 1091, on les releva ; puis, après les avoir renfermées dans une urne, on les cacha dans la muraille de l’Église, au-dessus ·de la fenêtre qui regarde l’Orient. On laissa cependant dans le porche un peu de poussière et quelques-uns des plus petits ossements. En 1221, le chef du Saint fut mis dans une châsse enrichie d’or et de pierreries ; les autres ossements furent renfermés dans un tombeau de marbre orné de plusieurs beaux morceaux de sculpture et de gravure. Les choses restèrent en cet état jusqu’à la démolition des monastères en Angleterre.

Quels sont les attributs de saint Augustin de Cantorbéry ?

La grande fonction de saint Augustin fut de baptiser. Aussi le présente-t-on conférant le Baptême au roi Ethelbert, le plus illustre de ses néophytes ; faisant sourdre une fontaine un jour que l’eau vint à lui manquer pour administrer le sacrement de la régénération : on la montre encore dans le Dorsetshire, et longtemps elle fut réputée miraculeuse ; on peut encore le caractériser au moyen de la croix à longue hampe qui s’attribue aux légats du Saint-Siège.