Illustration de la Nativité de Jésus-Christ, avec Marie et Joseph entourant l'Enfant Jésus dans une crèche, baignée de lumière divine.

Nativité de Notre Seigneur : Naissance de Jésus-Christ

Naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Date : An du monde 5199
Fête : 25 Décembre

Il y a environ quatre mille ans que le monde subsistait ; l’univers jouissait d’une paix profonde. Les oracles des Prophètes, annonçant les signes précédant la venue du Messie, s’étaient tous réalisés. C’est dans ce contexte, dans la ville de Bethléem en Juda, que Jésus-Christ, vrai Fils de Dieu, fait homme depuis neuf mois dans le sein de Marie, naquit.

Joseph et Marie, obéissant à l’édit de l’empereur Auguste, se rendaient à Bethléem pour se faire enregistrer. Malheureusement, toutes les hôtelleries étaient pleines. Contraints par les circonstances, ils trouvèrent refuge dans une étable. Ainsi, dans un lieu si humble, naquit le Dieu par qui tout a été fait. Marie enveloppa son enfant de langes et le plaça dans une crèche. Peu après, quelques bergers, des hommes simples et humbles, vinrent rendre hommage au divin enfant, guidés par les chants des anges proclamant :

“**Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.**”

Cet événement merveilleux marque la conjonction du divin et de l’humain, où l’éternité rencontre le temporel. Les trois messes que chaque prêtre célèbre aujourd’hui visent à honorer trois naissances : la naissance éternelle du Fils de Dieu dans le sein du Père, la naissance temporelle du Verbe incarné sur terre, et la naissance spirituelle du Sauveur dans nos âmes.

La Naissance Éternelle du Fils de Dieu

La première messe célèbre la naissance éternelle du Fils de Dieu dans le sein du Père. Avant même que le temps ne commence, le Verbe existait. Cette vérité mystérieuse, centrale dans la foi chrétienne, rappelle que Jésus-Christ est de toute éternité, coexistant avec le Père et le Saint-Esprit. Cette naissance divine, qui transcende le temps et l’espace, est un mystère d’amour et de lumière. En célébrant cette naissance, les fidèles sont invités à contempler l’éternité de Dieu et la profondeur de son amour pour l’humanité.

La Naissance Temporelle du Verbe Incarné

La deuxième messe honore la naissance temporelle de Jésus-Christ sur terre. Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. Cette incarnation est le fondement de la foi chrétienne, où Dieu se fait homme pour sauver l’humanité. La simplicité de la crèche à Bethléem souligne l’humilité de Dieu. Né dans une étable, le Roi des rois choisit de venir dans un environnement modeste, accessible aux plus pauvres et aux plus humbles. Cette naissance rappelle aux fidèles l’importance de l’humilité, de la simplicité et de l’amour.

La Naissance Spirituelle du Sauveur dans Nos Âmes

La troisième messe célèbre la naissance spirituelle du Sauveur dans les âmes des croyants. C’est cette dernière naissance que les fidèles sont particulièrement invités à demander avec ferveur. Jésus-Christ désire naître dans le cœur de chaque individu, apportant la paix, la joie et la transformation intérieure. Cette naissance spirituelle est une invitation à accueillir le Christ dans sa vie quotidienne, à permettre à son amour et à sa lumière de guider chaque action et pensée.

L’Importance de la Crèche et des Bergers

La crèche et les bergers jouent un rôle symbolique profond dans le récit de la Nativité. La crèche, simple et humble, devient le premier trône du Roi des rois. Elle symbolise l’accueil du divin dans les conditions les plus modestes, rappelant aux fidèles que la grandeur de Dieu n’est pas dans la splendeur matérielle mais dans l’humilité et l’amour.

Les bergers, premiers témoins de la naissance de Jésus, représentent l’humanité la plus simple et la plus pure. Leur présence souligne que le message du Christ est destiné à tous, mais particulièrement aux humbles et aux pauvres. En étant les premiers à recevoir l’annonce de la naissance du Sauveur, ils montrent que la vraie sagesse et la vraie richesse résident dans la simplicité et l’humilité de cœur.

Un Message de Paix et d’Espoir

La naissance de Jésus-Christ à Bethléem porte un message universel de paix et d’espoir. “Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.” Ces paroles des anges résonnent à travers les siècles, rappelant à l’humanité que la paix véritable vient de Dieu et se manifeste à travers la bonne volonté des hommes.

En célébrant Noël, les chrétiens sont invités à renouveler leur engagement à vivre selon les enseignements de Jésus, embrassant l’humilité, la paix et l’amour. Noël n’est pas seulement une commémoration d’un événement historique, mais une invitation à permettre à Jésus de naître de nouveau dans nos cœurs, transformant nos vies et apportant la lumière divine dans le monde.

En cette période de Noël, que chacun de nous puisse ouvrir son cœur à la grâce divine, permettant ainsi à Jésus-Christ de naître spirituellement en nous, apportant avec Lui paix, joie et transformation intérieure. Que la lumière de Bethléem illumine nos vies et guide nos pas sur le chemin de l’amour et de l’humilité.

**Joyeux Noël et que la paix du Christ soit avec vous tous !**

Les trois messes de Noël

Il nous reste à remarquer que l’on célèbre trois messes en ce jour, selon l’usage très-ancien de l’Église, rapporté par saint Grégoire, pape, dans l’Homélie VIIIe sur les Évangiles : l’une à minuit, par rapport à la naissance temporelle de Notre-Seigneur dans l’étable de Bethléem, qui s’est fait, selon un Prophète :

Dum silentium tenerent omnia, et nox in suo cursu medium iter haberet ;

« lorsque toute la nature était dans un profond silence, et que la nuit était au milieu de sa course ».

L’autre au point du jour, par rapport à sa résurrection, qui s’est faite vers le lever du soleil ; la troisième, en plein jour, par rapport à sa naissance éternelle, qui a été sans ténèbres, mais dans une splendeur inaccessible.

On a pu voir dans le Martyrologe romain une exposition très-pieuse de ce mystère ; mais il faut remarquer que pour le temps de son accomplisse­ment, il suit le calcul des Septante, qui n’est pas le plus commun ni le plus probable.

La naissance de J.-C. est le premier coup porté au vieil homme pour le régénérer. Nos désordres viennent de trois sources, dit le disciple bien-aimé : « Tout ce qui est dans le monde est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ». Nous avons donc à combattre les plaisirs qui flattent les sens, les richesses qui corrompent le cœur, l’orgueil qui dégrade l’esprit. Le divin Sauveur commence par attaquer, dans leur principe, ces racines du mal qui pèse sur l’humanité ; il naît pauvre, il souffre, il se fait obéissant jusqu’à la mort.

La crèche de Notre-Seigneur

I. Il faut distinguer entre la crèche proprement dite (praesepium, comme dit l’Évangile), espèce d’enfoncement pratique dans le roc vif de la grotte, et le saint berceau (santa culia) formé de planches, fait par saint Joseph pour transporter plus commodément le divin Enfant en exil.

Généralement, on confond ces deux saintes reliques : il est donc nécessaire de dire un mot de l’une et de l’autre.

La crèche proprement dite, où le Sauveur fut déposé après sa naissance sur un peu de paille, se consacre encore de nos jours à Bethléem, dans la grotte de la Nativité, l’étable, primitive. C’est un enfoncement creusé dans la paroi du roc, et dont le bas est soutenu par une colonne de marbre qui remplace plusieurs pierres de la crèche données à certaines églises. Une de ces pierres, assez considérable, fut transportée à Rome, et, de nos jours encore, on la vénère dans la basilique de Sainte-Marie-Majeur, sur l’Esquilin ; elle est encastrée dans l’autel de la crypte de la magnifique chapelle du Saint-Sacrement. Sur cette pierre si précieuse, on a pratiqué un enfoncement, où l’on voit représenté le saint enfant Jésus couché sur la paille, la Sainte Vierge et Saint Joseph à genoux dans l’attitude de la contemplation.

À Bethléem, pour préserver la crèche des atteintes pieuses des pèlerins, on l’a revêtue de marbre blanc, en forme de berceau d’une longueur de quatre pieds sur deux de largeur. Une fois par an, les R.R. P.P. Franciscains qui désertent l’église de la nativité, enlèvent son marbre, et, avec un pinceau, recueillent et distribuent les petits fragments qui s’en détachent naturel­lement.

Le saint berceau (santa culla) fut transporté de Terre-Sainte à Rome, l’an 642, et on le déposa dans la basilique Libérienne. Le magnifique reliquaire qui le renferme peut avoir six pieds de hauteur. Il se compose d’un piédestal d’environ un mètre de longueur et d’une hauteur égale, et d’une urne renfermant les morceaux du saint berceau. Le piédestal est en porphyre, orné sur les angles de belles sculptures en argent, et en avant, d’un bas-relief, aussi en argent, représentant l’adoration des Mages. On lit sur la base de ce piédestal, écrit en lettres d’or :

Gloria in excelsis Deo et in terra pax. 

L’urne, qui est de forme ovale, est supportée par des statuettes d’anges et décorée de festons dorés ; elle est formée de deux superbes coquilles en cristal, simulant un berceau, enchâssées dans des montures en argent richement sculptées. On voit fort bien à travers le cristal les cinq petites planches qui formaient le saint berceau, cerclées de liens en argent doré et entourées de rubans avec des sceaux en cire ; ces planches peuvent avoir cinquante centimètres de lon­gueur.

L’une est fermée par un couvercle en forme de dôme, et surmonté d’an petit lit imitant la paille sur lequel est à demi couchée une jolie statuette en argent doré de l’enfant Jésus.

La veille de Noël, cette précieuse relique est exposée dans une petite chapelle attenante à la sacristie de la basilique, et toute l’après-midi le public est admis à la considérer et à la vénérer. Pie IX vient de faire construire, sous l’autel-majeur de la basilique, une chapelle somptueusement ornée, ressemblant à celle de la Confession de saint Pierre. Le 17 avril 1864, il en a fait la consécration et y a déposé la santa culla qui y demeure enfermée maintenant et n’en est retirée que pour la fête de Noël.

Dans la crypte, sous la chapelle du Saint-Sacrement, dont nous avons déjà parlé, on conserve une partie des langes dont le Sauveur fut enveloppé et du foin sur lequel il fut couché. Le man­teau dont se servit saint Joseph pour le couvrir et le garantir du froid est vénéré dans l’église de Sainte-Anastasie, et la basilique de Sainte-Croix de Jérusalem a l’avantage d’avoir des cheveux du saint enfant Jésus.

Dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, on garde également une partie de ces mêmes langes, donnés par sainte Hélène ; ils ont la couleur de l’amadou.


II. L’opinion commune est que la fête de Noël est plus ancienne dans les Églises d’Occident que dans celles d’Orient, et que celles-ci ne l’empruntèrent aux Latins que vers le IVe siècle. On en croit voir la preuve dans l’homélie de saint Chrysostome pour le jour de la Nativité. En effet, ce Père, s’adressant au peuple d’Antioche, lui rappelle que dix ans auparavant cette fête lui était inconnue ; et, après une assez longue discussion sur le jour de la naissance du Sauveur, il affirme que l’Église de Rome possède à cet égard les renseignements les plus sûrs, et que c’est de cette Église que l’usage de la fête de la Nativité a passé en Orient.

Mais peut-être saint Chrysostome ne veut-il parler que de la pratique consistant à célébrer cette fête isolément le 25 décembre. Car il n’est pas douteux que les Églises orientales ne l’aient célébrée dès les premiers siècles, mais le 6 janvier et conjointement avec l’Épiphanie. Le plus souvent, en effet, les Pères grecs désignent la fête de l’Épiphanie sous le nom de Théophanie, nom qui, au témoignage de saint Grégoire de Nazianze, était également donné à la Nativité, car il signifie au propre apparition de Dieu. On s’expliquerait ainsi pourquoi il n’y eut pas autrefois de fête spéciale de la Nativité chez les Orientaux. Cassien l’affirme formellement pour les Églises d’Égypte, et note même d’une manière précise la différence qui existait entre les Occidentaux, qui célèbrent, dit-il, les deux fêtes séparément, et les Orientaux, qui les solennisent simultanément le 6 janvier. Des témoignages analogues se trouvent pour l’Église de Chypre dans saint Épiphane, pour celle d’Antioche et les autres orientales dans saint Chrysostome, et enfin pour celle de Jéru­salem et de la Palestine dans de nombreux documents que Cotelier a réunis dans ses notes aux Constitutions apostoliques.

Au contraire, les Églises latines, celles d’Afrique, et même les autres des Grecs tinrent toujours pour le 25 décembre, comme on en trouve la preuve dans saint Jérôme, saint Augustin, et même dans saint Chrysostome, saint Grégoire de Nazianze et saint Basile.

Cependant l’uniformité parait s’être établie dès le IVe siècle entre les différentes Églises de l’Orient et de l’Occident, qui toutes adoptèrent définitivement le 25 décembre. On trouve dans les Actes du Concile d’Éphèse une homélie de Paul, évêque d’Éphèse, qui fut prononcée le 29 du mois chojac (25 décembre) dans la grande église d’Alexandrie, en présence de saint Cyrille, laquelle, a pour titre :

De Nativitate Domini et Salvatoris nostri Jesu Christi.

De tout temps, l’Église solennisa avec un grand appareil la fête de la Nativité de Jésus-Christ. Quelques monuments épigraphiques semblent nous autoriser à penser que, de toute antiquité, cette fête, porta le nom que l’Église lui donne aujourd’hui ; ce sont ceux qui offrent le mot Natale iso­lément. Telle est l’épitaphe d’une enfant morte à l’âge de cinq ans, PRIDIE NATALE, la veille de la Naissance par excellence. Nous voyons que, dès le temps de saint Augustin, la liturgie de cette fête commençait par la nuit qui précède le 25 décembre. Tous les fidèles étaient tenus de se rendre à l’église pendant cette nuit sainte. Il était interdit de célébrer les saints Mystères dans les oratoires privés où dans les églises rurales ; mais tous devaient assister dans l’église cathédrale et commu­nier, à la liturgie célébrée par l’évêque, et cela sous peine d’une excommunication de trois années.

Les plus anciens sacramentaires de l’Église romaine, celui de saint Gélase, par exemple, et celui de saint Grégoire, ont trois messes pour ce jour-là ; et saint Grégoire constate encore ce fait dans sa huitième homélie sur saint Matthieu. Les anciennes liturgies gallicanes et mozarabes n’en ont qu’une ; il en était de même pour l’ambrosienne, comme il paraît par le missel de Milan, édité par Pamelius. Dans les Gaules, il y avait déjà deux messes au temps de saint Grégoire de Tours. L’usage des trois messes ne s’introduisit en Espagne qu’au XIVe siècle, et après le XVe à Milan.

Le jour de Noël, d’après les Constitutions apostoliques, les serviteurs étaient déchargés de leurs travaux ordinaires, le jeûne sévèrement interdit, comme nous l’apprennent le pape saint Léon et le Concile de Prague. Une loi de Théodose le Jeune interdisait en le saint jour le jeûne et les spectacles.

Nous avons complété le récit du Père Giry, principalement avec les Trois Rome, par Mgr Gaume ; et le Dictionnaire des Antiquités chrétiennes, par M. l’abbé Martign

Oraison

Faites, nous vous en supplions, Dieu tout-puissant, que la nouvelle naissance de votre Fils, qui est revêtu de notre chair, nous donne enfin une liberté parfaite, en nous délivrant de l’ancienne servitude qui nous a fait languir si longtemps sous le joug du péché. Par le même J.-C. N.-S. Ainsi soit-il.

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